
De l’imprévisibilité des événements
L’éventualité d’un événement peut être : impossible, improbable, peu probable, chance, égale, probable, très probable, certaine. On vit dans un monde selon lequel tout est soumis à des conditions nécessaires et suffisantes qui sont déterminées. Le déterminisme n’exclut pas le hasard et ne prétend pas que tout est prévisible. Il s’oppose au finalisme qui accorde aux causes finales un rôle dans l’éventualité d’un événement et au fatalisme qui veut que tout soit écrit d’avance.
Dans notre monde le hasard est un déterminisme imprévisible qui génère des événements imprévus heureux ou malheureux. Le hasard est ce qu’il est, la chance et la malchance ne sont que des jugements, le destin, la fatalité ne sont que dans nos têtes. Le mot hasard vient de l’arabe « as-zahr » qui signifie jeu de dés. Ce jeu donne des résultats aléatoires ou chaque face a une chance égale. Aléa vient du latin et signifie coup de dé. Chance vient du latin cadere qui signifie choir, tomber.
Si l’univers est régi par des lois, il joue aussi aux dés. Les physiciens nous disent que la nature à l’échelle de l’infiniment petit n’est plus strictement déterministe, mais devient probabiliste. Certains événements ne peuvent se prévoir en termes de certitudes, mais seulement statistiquement. Le hasard n’est pas n’importe quoi, il relève souvent de l’imprévisible, mais est bridé par les lois de la probabilité. La nature n’est pas libre, elle vit sous la tutelle des mathématiques et s’il y a un Dieu, il aime jouer aux dés.
Du désir de rationaliser l’aléatoire
Nous avons du mal avec le hasard, particulièrement quand il ne nous est pas favorable. Nous avons toujours tendance à ne pas accepter sa liberté et développons souvent des soupçons (main de Dieu, destin, fatalité, fortune…). Pourtant le hasard est au cœur même de notre existence comme l’a fait remarquer Montaigne :
« c’est toujours un hasard que d’être soi »,
faisant allusion à ce qui nous a déterminé particulièrement notre naissance et nos rencontres. Au-delà des conditions géographiques et sociales de notre naissance, la génétique établit bien que nous héritons de la moitié de l’ADN de chacun de nos parents et que les paires de chromosomes se mélangent et se transmettent au hasard. Ainsi force est de constater, qu’inné et acquis (rencontres, aléas de la vie…) sont impactés par le hasard.
Le hasard n’est qu’une mécanique aléatoire, la chance et la malchance ne sont que des jugements, le destin, la fatalité ne sont que des inventions tirées de romans ou de textes religieux manipulateurs. Un événement improbable qui se réalise nous surprend toujours, heurte notre subjectivité, nous pousse à essayer de rationaliser cette complexité de l’aléatoire. On a donc aussi inventé les coïncidences, la loi des séries qui a permis à Jacques Chirac de formuler « les emmerdements volent en escadrilles » ou le concept d’éternel retour de la chance qui pousse à se battre, à continuer à vivre sa vie, quelles que soient les conditions rencontrées.
Le hasard a le dernier mot
Bien qu’un dicton dise, « le hasard fait bien les choses », dans le langage commun, c’est la chance qui est un hasard favorable, on notera qu’en anglais il n’y a que le mot “chance”, il n’y a pas l’équivalent de “hasard”. Positive, la chance a fait aussi l’objet de nombreux commentaires, par exemple Montaigne, encore lui, a dit
« aucun bonheur n’est possible sans une chance minimale »,
d’autres on-dit :
« la chance sourit à ceux qui sont bien préparés »,
ou « il faut de plus grandes vertus pour soutenir la bonne fortune que la mauvaise ».
Cependant, force est de constater que dans la vie l’homme propose, le hasard dispose et nous vivons comme le dit Pascal selon la géométrie du hasard (union des démonstrations mathématiques et de l’incertitude). Il est donc indispensable d’enseigner ce qu’est le hasard, car c’est une clé essentielle pour analyser et comprendre les phénomènes incertains de notre monde. Il faut être capable de distinguer le hasard « calculable », du hasard de la contingence fortuite, d’avoir un esprit critique face à certaines explications complotistes, manipulatrices (réseaux sociaux, médias, hommes politiques, religions…).
Pour finir, je vous propose une chanson de Joe Dassin qui parle de l’éternel retour de la chance. MB♦

Michel Bruley, MABATIM.INFO
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Le hasard n’existe pas – Nothing is random – tout est programmé pour répondre aux actes… Dieu ne s’amuse sûrement pas aux dés… Son ordinateur inclut toute la création qui entre en jeu lors de nos actes puisque nous sommes les seuls à posséder le libre arbitre. Shabbat shalom.
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