À propos du sens de la vie

Par Michel Bruley,
[8 juin 2026]

Probablement depuis toujours, les hommes se sont posé la question du sens de leur vie, mais c’est Nietzsche qui le premier a formulé l’interrogation sur l’origine, la nature, la finalité de notre vie, sans l’inscrire dans le contexte de croyances religieuses.

La réponse des religions

Les religions fournissent des réponses clé en main aux interrogations sur la vie : origine, nature, finalité. Au-delà de l’obéissance à leur(s) dieu(x), de diverses pratiques, d’obligations spécifiques souvent très détaillées que les religions ont codifiées, elles ont beaucoup de positions communes sur ce que les hommes doivent faire :

  • Être bienveillant avec sa communauté (services aux autres, bonnes relations interpersonnelles, aide…).
  • Développer ses talents (apprendre, progresser, s’éveiller…).
  • Avoir de bonnes relations avec l’environnement (vivre en harmonie avec la nature, préservation de la planète…).

On notera aussi, que souvent elles poussent à distinguer

  • ceux qui ont les mêmes croyances qu’il faut bien traiter,
  • de ceux qui ne les ont pas, qui sont des infidèles, qu’il faut au mieux ignorer, souvent convertir éventuellement de force, parfois combattre, soumettre dans un statut d’inférieur, voire tuer.

La recherche des athées

Comme pour les athées il n’y a pas de puissance divine et donc de révélations, ils construisent leur réponse en fonction de leurs expériences, leurs relations, leurs passions, leurs engagements et ce qui compte pour eux : l’amour, la famille, l’art, la science, la justice sociale…

Les réponses sont personnelles, relèvent de la philosophie, sont souvent fondées sur des principes humains et rationnels, et sont toujours sans attente de récompense ou de jugement après la mort.

Par exemple, certains s’inspirent d’Aristote qui dans l’Éthique à Nicomaque, soutient que le bonheur est le but ultime de toute vie humaine.

Cependant, le bonheur ne s’obtient pas pour chacun de la même façon, mais il découle de facteurs comme la relation aux autres (amitié, amour…), la transmission (enfants, amis…), l’appartenance et la solidarité, le sentiment d’utilité, la signifiance de ce que l’on fait, la curiosité et la connaissance, l’idée de laisser une trace, les plaisirs, la tranquillité de l’âme…

Chacun se fixe ses objectifs et leur atteinte conditionne leur bonheur.

La liberté de se fixer des objectifs dans la vie

Que l’on soit croyant ou athée, la possibilité de se fixer librement des objectifs dans la vie n’est-elle pas plus limitée que ce que l’on croit ?

Nous sommes extrêmement conditionnés en fonction de notre biographie : pays, classe sociale, âge, sexe… formation, emploi…

  • Par exemple, on imagine bien que du temps de Neandertal, le clan était incontournable pour survivre et que l’appartenance, la solidarité, la transmission… étaient des facteurs majeurs, car tout simplement vitaux.
  • Aujourd’hui, les individualistes revendiquent de maîtriser totalement leur vie de façon indépendante et mettent en priorité l’atteinte de leurs objectifs personnels, sans faire aucune concession au monde qui les entoure. C’est le monde du moi d’abord, tant pis pour les « autres ».

Cette attitude est enfantine et oublieuse de la façon dont notre cadre de vie existe, des conditions politiques, matérielles, environnementales dans lesquelles nous évoluons. Si certaines sociétés autorisent beaucoup de liberté, cette dernière est obtenue grâce aux « autres » que les individualistes ne veulent pas prendre en compte mais dont ils dépendent.

Le conditionnement par les communautés

Le clan néandertalien a été dépassé, par les tribus, les chefferies, les cités état, les pays, les empires qui apportent pour les individus le même genre d’avantages (Protection, solidarité, construction de l’identité, socialisation, éducation…) ou d’inconvénients (Pression sociale, conformisme, exclusion, marginalisation, frein au changement…) et pour les communautés entre elles (Coopération, échanges, enrichissement, culture… conflits, rivalités, discriminations, domination…).

En parallèle des communautés citées ci-dessus, il en existe d’autres qui se recoupent ou pas avec elles, communautés ethnique, religieuse, culturelle, sexuelle, sportive… qui ont des influences sur la vie des personnes, sans oublier la première de toute pour un individu : sa famille.

Nous nous croyons libres parce que nous ignorons les causes qui nous déterminent

Chaque individu participe à de nombreuses communautés, notre conception du sens de la vie d’une part et notre capacité à se fixer des objectifs personnels d’autre part sont conditionnées par ces contextes communautaires.

Il faut une grande force et une grande indépendance d’esprit pour échapper aux voies toutes tracées des conformismes communautaires, pour échapper aux hiérarchies qui imposent à chacun une place dans les communautés, dans la société.

Pour finir quelques aphorismes sur la vie et une vidéo des Monthy Python :

  • La suprême ironie de la vie, c’est que nul n’en sort vivant.
  • La vie est une comédie en trois actes : tu nais, tu joues, tu meurs.
  • L’humour nous aide à traverser la vie avec un minimum de grâce.
  • Monthy Python – Le Sens De La Vie – La transplantation. MB♦

Michel Bruley, MABATIM.INFO


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