Pour l’Europe, le « Barbare »… c’est le Juif

Par Yves Mamou,
[12 juin 2026]

L’Occident ne voit ni ne désigne ses ennemis

Le 9 juin 2026, à Belfast, en Irlande, un réfugié soudanais, vraisemblablement musulman, a, sans motif apparent, jeté un homme à terre, lui a crevé un œil, a tenté de lui crever l’autre, puis a entrepris de le décapiter. Semble-t-il, sans succès. Les images de la décapitation ont circulé sur les réseaux sociaux, provoquant des émeutes anti-migrants.

Pour les médias progressistes (BBC, Sky News, The Washington Post…), cette horrifiante tentative de décapitation est devenue une simple « attaque au couteau ». D’autres médias progressistes (The Guardian, NBC…) ont mis l’accent sur les « émeutes anti-immigrés » de Belfast, tandis que des médias de gauche (Socialist Worker, NewsTalk…) ont mis en cause la violence de l’ »extrême droite ».

Charles Rojzman, essayiste et inventeur de la Thérapie sociale, a, à propos de cette décapitation, écrit que l’Occident a perdu sa capacité « à reconnaître la barbarie ».

Aujourd’hui, le mot « barbare » est galvaudé, écrit-il. Tout est barbarie :

« les conflits, les attentats, les crimes, les émeutes, les bombardements, les frontières, parfois même les paroles. À force d’employer ce mot pour désigner toute forme de brutalité, nous l’avons vidé de son sens lorsqu’elle se présente devant nous. »

LA CASE BARBARE OCCUPÉE

Charles Rojzman a raison de penser qu’une tentative de décapitation gratuite d’un musulman présumé sur un non-musulman n’est plus perçue comme barbare.

Mais Charles Rojzman a tort également, car le « Barbare » le vrai, n’a pas disparu. Il dispose même d’une case attitrée :

Quarante ans d’antiracisme et d’anticolonialisme obsessionnels ont attribué le monopole de la « barbarie » à Israël. Ce sont eux qui, à en croire Amnesty ou La France insoumise, « génocideraient » les Palestiniens de Gaza.

LE 7 OCTOBRE A AGI COMME UN RÉVÉLATEUR.

Le pogrom du 7 octobre 2023 commis par le Hamas contre Israël aurait dû incarner le concept même de barbarie. Les meurtres d’enfants et de femmes juifs, les viols, les tortures ont été documentés, filmés, certifiés par toutes les organisations d’enquête indépendantes.

Mais une fraction majoritaire de la gauche européenne a refusé d’entendre.

Ainsi, le 7 octobre 2023, une lettre ouverte publiée par le comité de solidarité avec la Palestine de l’université de Harvard, cosignée par 33 autres associations étudiantes, a stipulé que

« Le régime d’apartheid est le seul à blâmer. La violence israélienne structure chaque aspect de l’existence palestinienne depuis 75 ans. »

Des syndicats de salariés américains, des syndicats d’étudiants britanniques, des personnalités politiques françaises comme Danièle Obono (La France insoumise) ont tour à tour dénoncé la violence contre les Palestiniens, la colonisation de la Palestine ou qualifié le Hamas de mouvement de « résistance ». Black Lives Matter Chicago a fait du parapentiste du Hamas un symbole de « résistance ».

Comprenons-nous :

  • Ces acteurs de la bien-pensance n’approuvent pas le viol ni les tortures infligées aux Juifs, hommes, femmes ou enfants. Non.
  • Mais leur cadre idéologique les a empêchés, ou rendus incapables, de percevoir les actes du Hamas comme des actes barbares, qui propulsent leurs auteurs au-delà des cadres de la civilisation.
  • Ils se sont dépêchés d’« expliquer », de « justifier » l’ultra-violence du Hamas par la pseudo-violence encore plus grande d’Israël.
  • L’« apartheid », le « génocide », toutes ces fabulations soi-disant commises par Israël à Gaza sont les piliers d’une architecture politique et morale qui empêche de « voir » les actes du Hamas. On ne relativise pas un fondement.

ROTHERHAM, NOWAK, BELFAST : LA SÉRIE

La désignation du Juif comme unique occupant de la case « barbarie » n’a pas surgi le 7 octobre. La mécanique a été construite sur presque quatre décennies.

Comme nous l’avons déjà démontré sur Substack, les Palestiniens ont progressivement, pas à pas, mis en place un processus de substitution victimaire: ils se sont progressivement fait passer pour les Juifs du Proche-Orient et ont, d’un même mouvement, transformé les Israéliens en nazis. Pour chasser les Juifs de leur statut de victimes de la Shoah – victime absolue s’il en est – et occuper la case ainsi laissée vide, les Palestiniens ont tracé une équivalence entre « Nakba » et Shoah. Leur exil est ainsi devenu un quasi – génocide.

Mais dans cette opération de falsification, les Palestiniens ont eu de puissants alliés.

Ils ont été aidés par l’URSS, qui, en 1975, a fait inscrire au fronton de l’ONU l’équation sionisme = racisme.

Puis, la gauche européenne et américaine, les ONG comme Amnesty ou Human Rights Watch ont accusé Israël de « nettoyage ethnique »…

…pendant que les comédiens de gauche, les groupes de rock de gauche, les journalistes militants, l’ONU et ses filiales (Unicef, OMS, Unesco…) un peu lassés de la Shoah, se sont entichés d’une nouvelle figure de « victime absolue » : le Palestinien.

Un changement de paradigme d’autant plus facile à opérer que tous pouvaient, ce faisant, se délester de toute culpabilité pour le rôle que leur pays, leurs dirigeants, leurs parents avaient joué dans la Shoah.

Dans l’Europe d’après-guerre, le Juif représentait la victime absolue.
Dans l’Europe postcoloniale et antiraciste qui s’est mise en place à partir des années 1980, cette place a été progressivement occupée par le Palestinien,
Et quasi mécaniquement, la victime palestinienne absolue a été dotée d’un bourreau absolu : Israël….

VICTIMES COLLATÉRALES

Mais ce transfert de barbarie a eu un grave inconvénient. Il a créé des victimes collatérales. Et surtout, il a rejeté ces victimes collatérales dans les limbes.

La vénération due aux Palestiniens a été étendue à l’ensemble des migrants musulmans d’Europe. Par extension, tout musulman est devenu une victime potentielle du racisme. S’en prendre aux musulmans fait aujourd’hui quasiment de vous un « sioniste »…

En Grande-Bretagne, la police, les services sociaux et la justice se sont ainsi interdit de qualifier de « barbares » les gangs pakistanais qui ont kidnappé, torturé, violé et mis sur le trottoir des milliers de jeunes filles en déshérence issues de la classe ouvrière britannique blanche.

Ils se sont même interdit de les traquer. Rien qu’à Rotherham, entre 1997 et 2013, au moins 1 400 adolescentes de la classe ouvrière ont été violées, prostituées et torturées par des réseaux de Pakistanais… au vu et au su de la police.Le rapport Jay, publié en 2014, est explicite :les agents ont délibérément évité d’agir par crainte d’être accusés de racisme.

En France, la justice a refusé de juger l’assassin de Sarah Halimi, tuée à son domicile à coups de poing puis défenestrée par un islamiste africain.

À Southampton, en décembre 2025, Henry Nowak, 18 ans, a été poignardé cinq fois par Vickrum Digwa, un Britannique d’origine sikh. Quand la police est arrivée, elle a remarqué le turban renversé de Digwa – signal visuel d’une possible victime raciale – et a menotté Nowak, qui agonisait sur le sol.

Dans un système conditionné par l’antiracisme institutionnel, le statut de victime raciale potentielle aconditionné le jugement des policiers.Digwale savait.

À Belfast, en juin 2026, même séquence : la décapitation d’un passant par un islamiste a été gommée ;

C’est la protestation des Irlandais « de souche » que les médias ont considérée comme étant « LE » crime.

Ce n’est pas une coïncidence. C’est un système.

L’ANTISÉMITISME COMME MOTEUR, PAS COMME CONSÉQUENCE

L’Occident institutionnel n’a pas perdu la faculté de distinguer la barbarie par négligence ou par excès de tolérance abstraite.

Il a fait le choix d’investir massivement, idéologiquement et institutionnellement, dans une représentation « barbare » du Juif et d’Israël.

Cet investissement est la forme moderne de l’antisémitisme. Non pas l’antisémitisme biologique des années 1930, maisl’antisémitisme structurel du DEI (diversité, égalité, inclusion), qui assigne les Juifs à la catégorie des dominants-oppresseurs et en fait un objet de haine.

CE QUE CELA SIGNIFIE POUR L’EUROPE

Une civilisation qui ne peut pas nommer ses ennemis ne peut pas se défendre.

  • Les filles de Rotherham n’ont pas été défendues.
  • Henry Nowak n’a pas été défendu.
  • Sarah Halimi n’a pas été défendue.
  • Les Juifs européens ne sont pas défendus.
  • Les émeutiers de Belfast ont compris que l’État ne les défendrait pas contre une barbarie qui se manifeste désormais au quotidien.

En Europe aujourd’hui, l’impasse est totale :

Tant que le Juif sera pointé du doigt comme génocidaire, et tant que le résident juif de Judée-Samarie sera considéré comme un « colon », la case du barbare sera indisponible

  • pour ceux qui décapitent à Belfast,
  • qui violent à Rotherham,
  • qui ont brûlé des kibboutz le matin du 7 octobre.

Ce n’est pas un angle mort. C’est un angle délibérément aveuglé.

Et l’antisémitisme n’est pas une conséquence regrettable du progressisme, c’est aujourd’hui son moteur. YM♦

Yves Mamou, Décryptages

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Un commentaire

  1. Parce que la newspeak, l’inversion des valeurs et l’inversion accusatoire sont les caractéristiques du nouveau nazisme. Islamiste, palestiniste, indigéniste et européiste. George Orwell avait anticipé le phénomène : si vous inversez le sens des mots, vous inversez le sens des valeurs. La généralisation de la newspeak a permis aux nouveaux nazis de s’autoproclamer « progressistes », aux pires racistes et antisémites de s’autoproclamer « antiracistes », les victimes sont criminalisées et les bourreaux victimisés. Le 4eme Reich. Il s’agit d’un basculement civilisationnel, d’un basculement hors du monde civilisé sans précédent dans l’histoire humaine.

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