
Par Michel Bruley,
[3 août 2026]
Résumé des événements
À l’occasion des états généraux réunis par le roi Louis XVI à partir de mai 1789, pour dépasser l’opposition des nobles et du clergé aux réformes royales, tous les mécontentements de toutes les régions se sont abondamment exprimés.
L’incapacité à transformer ses demandes en réformes suscite des révoltes qui conduisent à la prise de la Bastille.
Une succession d’événements marquants s’enchaînent :
- La marche des femmes sur Versailles,
- l’assemblée constituante,
- la fuite du Roi arrêté à Varennes,
- la fusillade aux champs de mars,
- l’échec des ministres à gouverner,
- les massacres de septembre,
- la chute de la monarchie,
- les guerres contre les contre-révolutionnaires et entre les groupes révolutionnaires,
- la politique de terreur.
En parallèle de ces événements, des répressions, des exécutions en France, il y a des guerres extérieures.
La période de la révolution fera au total deux millions de morts sur une population de 27 millions.
Finalement, le coup d’État de Brumaire en 1799 met fin à la période du Directoire qui n’avait fait que stabiliser les avantages acquis surtout par une minorité (les propriétaires imposables de plus de 21 ans, les seuls habilités à voter).
POINTS À RETENIR AU-DELÀ DE LA DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME
La révolution de 1789 s’inscrit dans une liste d’événements analogues au même moment dans de nombreux pays dans le monde.
Des pays colonisés secouent leurs jougs sans beaucoup de succès au Mexique, Pérou, Brésil,
mais les États-Unis d’Amérique gagnent leur indépendance et établissent une république.
En Europe, en Belgique, Prusse, Russie, Suède, Danemark, Autriche et à Genève des tentatives de modernisation sont faites, mais finalement elles échouent et souvent on finit par revenir par après sur les quelques avancées.
Cependant, aux Pays-Bas on se libère de l’Autriche et en France la révolution va durer 10 ans et laisser des héritages.
La Révolution française est un ensemble de luttes confuses, un chaos de volontés individuelles et collectives.
Elle est dans l’ensemble désordonnée, mais toutes les actions ne le sont pas, par exemple
Les Massacres de septembre 1792 qui ont duré trois jours étaient bien organisés et ont été menés calmement, méthodiquement. Les assassins sont allés dans les prisons à Paris et en province, tuer la plupart de leurs occupants, surtout des prisonniers politiques (royalistes, ecclésiastiques), mais parfois des droits communs.
Des personnages et des groupes clés sont à la manœuvre, beaucoup de fortes personnalités, mais tous avec le recul ne méritent pas le respect :
- Louis XVI : n’a ni le caractère, ni l’ouverture d’esprit pour faire face aux événements qu’il doit affronter.
- Mirabeau : un noble, éloquent, imposteur, député du tiers état ; un vendu (il touchait de l’argent du Roi).
- Danton : est un politicien sans scrupules, vénal, déloyal dès qu’il est acheté, capable de trahir la Révolution.
- Desmoulins : journaliste proche de Danton, a fait un discours qui a participé à déclencher la prise de la Bastille.
- Girondins : issus de la moyenne bourgeoisie (beaucoup d’avocats), ils sont les représentants politiques de la bourgeoisie d’affaires. Partisans de la liberté politique, ils défendent la liberté économique et la propriété privée.
- Carnot : un officier proche de Robespierre est soupçonné d’avoir eu un rôle dans les massacres de Vendée.
- Saint-Just : archange de la Terreur par son intransigeance, inspirateur de la Déclaration des droits de l’homme.
- Marat : usurpateur de noblesse, instigateurs des Massacres de septembre, assassiné et transformé en martyr.
- Les petits curés : Abbé Grégoire, Pierre Olivier, Jacques Roux, le pasteur Jean Bon Saint-André, Billot Varenne, Couthon ont fait honnêtement de leur mieux d’après Henri Guillemin.
- Carrier : un acteur de la Terreur, associé aux massacres, fusillades et noyades de Nantes.
- Hébert : figure marquante de la presse, un des sans-culottes, un monstre subalterne de la révolution.
- Robespierre : il divise les historiens par ses ambiguïtés, un adepte du despotisme contre ses opposants/ennemis.
- Cambon : un conservateur social, instigateur de pillages de biens, a eu une part active à la chute de Robespierre.
- Barère : Chateaubriand le surnomme « le troubadour de la guillotine », il participe à faire chuter Robespierre.
- Tallien : lutte contre Robespierre, chef de la réaction thermidorienne, il finit dans la gêne.
- Barras : noble, politique et directeur révolutionnaire, général de la révolution et de l’empire.
- Fouché : impliqué dans des violences à Lyon, ministre de la Police du Directoire, du Consulat, de l’Empire, de la seconde Restauration.
La mise en cause de l’ordre établi est voulue par les propriétaires qui ont pris conscience de leur propre importance dans la société et veulent participer au pouvoir.
– Les aristocrates occupent tous les grands emplois ;
– Les paysans (85 % de la population) sont écrasés par les impôts (taille/état ; dîme/église ; droits féodaux alors qu’il n’y a plus de services rendus) ;
Deux groupes ne payent pas d’impôts les aristocrates et le clergé.
Ce sont les propriétaires qui bénéficient de la Révolution,
- ils sont les seuls à pouvoir voter et élire des représentants,
- ils vont finir par racheter à bas prix les biens confisqués à l’Église (3 milliards de livres) ou les biens des émigrés (10 % des terres vont changer de mains),
La déroute des assignats ne le sera pas pour tout le monde.
Enfin, les propriétaires vont faire consigner dans les constitutions la garantie du droit de propriété.
Les femmes sont grugées par la séquence révolutionnaire. Elles participent activement au début de la Révolution avec leur marche sur Versailles des 5 et 6 octobre 1789 et à tous les événements jusqu’en 1792.
Puis en 1793 la constitution exclut les femmes de la vie politique
et même pour les limiter encore plus, en 1795, elles ne peuvent plus se réunir à plus de cinq dans la rue.
La Révolution engendre de grands bouleversements sur le plan religieux avec
la confiscation des biens de l’Église qui possédait beaucoup de terres et prélevait à son profit la dîme (200 millions de livres par an),
les nombreuses exécutions de membres du clergé,
les lieux de culte détruits,
un fort mouvement de déchristianisation,
mais aussi la reconnaissance du protestantisme ou des minoritésjuives.
Tout cela sera finalement dépassé par le concordat de Napoléon qui ramènera la paix sur ce sujet.
Il y aura eu aussi la Convention qui décrète l’immortalité de l’âme et une tentative de Robespierre de créer un culte civique avec la fête de l’être suprême, idée qui sera en partie copiée par les dictatures communistes qui développeront le culte de leurs dirigeants.
La guillotine, symbole de la Révolution, n’a fait que 17 000 victimes,
– beaucoup moins que le nombre de personnes massacrées, noyées, exécutées… lors de plusieurs milliers d’événements (révoltes, actions militantes politiques ou religieuses, brigandages) qui ont commencé dès 1789,
– beaucoup moins que :
- la guerre de Vendée en 1793 avec ses atrocités de part et d’autre (200 000 morts) ;
- la période de la Terreur en 1794 ;
- et les pertes lors des guerres extérieures subies ou voulues pendant une décennie.
On peut relever divers autres points, la liste pouvant être longue, je me suis limité aux suivants :
- L’abolition de l’esclavage est une des grandes actions de la Révolution, dans le droit fil de la Déclaration des droits de l’homme, cette proclamation de la Convention concerne en 1794 près de 800 000 personnes en esclavage dans les colonies françaises.
- Les droits sacrés dans les constitutions de la révolution sont alors : égalité, liberté, sûreté, propriété.
- Environ 150 000 Français ont émigré, les nobles et les membres du clergé représentent 42 %, les ouvriers et les paysans, 34 %, les bourgeois, 17 %, les 7 %, restants ne sont pas identifiés.
- Clausewitz a dit, avec la Révolution française, la guerre devient l’affaire de la nation (moins de limites aux moyens, plus d’énergie et d’enthousiasme), mais les réquisitions, auxquelles on pouvait échapper en payant un remplaçant, seront l’une des causes du soulèvement des Vendéens.
- En 1789, la dette de la France était égale à 80 % du PIB, le patrimoine du clergé s’élevait à trois milliards de livres, après la nationalisation des biens de l’Église, on a créé une monnaie de papier, les assignats en 1791, gagés sur les biens confisqués. Les assignats ont financé les guerres, mais pour répondre aux besoins financiers incessants de la révolution, on en a imprimé de plus en plus (pour quarante-cinq milliards de livres), leur valeur s’est perdue.
- …

La Révolution de 1789 est devenue un modèle pour changer le monde en se fondant sur des principes et la violence pour prendre le pouvoir ou imposer ses idées aux déviants…
En conclusion
Depuis longtemps, 1789 a été mythifié comme une rupture créatrice, et en France l’école promeut une vision positive de la Révolution (abolition des privilèges, droits de l’homme, fin de la monarchie absolue).
SEULS LES ASPECTS FAVORABLES SONT RETENUS ET TOUTES LES AUTRES DIMENSIONS SONT MINORÉES OU OCCULTÉES (fragmentation de la société, émigration, guerre civile… autoritarisme… nombre de morts).
Pour moi, une révolution n’est pas un summum pour transformer un pays, mais :
- un échec politique,
- une incapacité des institutions à réaliser les médiations, les réformes nécessaires.
Aucune avancée ne nécessite une révolution qui sait détruire,
mais génère de l’instabilité, de la radicalité
et débouche souvent sur des politiques de terreur occasionnelles ou systématiques.
Cependant, il y a des exceptions, notamment
- la Révolution américaine de 1776 qui a directement créé un État stable
- et la Révolution portugaise de 1974 qui a réussi une transition démocratique sans violence. MB♦

Michel Bruley, MABATIM.INFO
Pour finir, vous pouvez regarder le sketch des Inconnus : La Révolution – Au secours ! Tout va mieux… :
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