Par Jean-Loup Mordekhaï Msika,
[4 août 2026]

Liberté responsable ?…
Il est tout à fait naturel pour chaque être humain d’observer le monde, de se soucier de ce qui s’y passe, d’apprendre à lire et à écrire, pour avoir accès au patrimoine culturel mondial et y apporter sa contribution.
Il doit pouvoir réfléchir dignement, par lui ou elle-même, à des choix, actions et solutions qui favorisent sa propre sécurité, son bien-être, mais aussi des relations positives avec les autres, ce qui implique des conditions sociales qui permettent le bien-être et le bonheur de chacun, dans la liberté, pour la construction de sociétés justes, solidaires et fraternelles….
Tout cela favorise un éveil, une vigilance responsable et constante et une libre méditation soutenue, dans un effort d’analyse, vers une sorte de philosophie primordiale qui est de l’ordre d’un devoir lié à la dignité souveraine de chacun, qui pourra ainsi réaliser son plein potentiel, tout en contribuant à optimiser la société dans son ensemble, en « Bottom-Up », la lumière venant du cœur de chacun, en croissance d’une spiritualité ascendante et authentique.
Le Judaïsme, par exemple, n’a jamais imposé de hiérarchie cléricale autoritaire, ni de doctrine inflexible, et laisse les fidèles se réunir pour lire par eux-mêmes, analyser et commenter les Écritures, en liberté responsable.
«… Le Talmud s’abstient de formuler les vérités religieuses en expressions dogmatiques établies : la frontière entre les obligations doctrinales et l’opinion personnelle est très floue, et, selon les diverses générations et les individus, il existe beaucoup… de variantes… » (Histoire des philosophies juives par Julius Guttmann).

École philosophique plus que « religion », le Judaïsme n’a jamais prétendu à l’exclusivité du salut puisqu’il a toujours reconnu, depuis la plus haute antiquité, les justes de toutes religions (ce que n’a finalement fait l’Église qu’en 1965, avec la Déclaration Nostra Aetate)...
Le Talmud n’impose pas de solutions toutes faites, mais, ouvrage collectif, il contient au contraire un débat vivant et continu, qui interroge et suscite, par les commentaires des uns et des autres, la réflexion et l’engagement.
Ne pratiquant qu’un prosélytisme d’accueil, le Judaïsme, en quête sincère de vérité, repousse donc fermement toute contrainte, tragiquement ridicule et même grotesque en matière spirituelle ou culturelle, la force et l’oppression inquisitoriale ne pouvant évidemment venir qu’au secours de la fausseté…
Sans interposer de médiateurs auto-proclamés entre le divin et les êtres humains, il les responsabilise, en leur faisant confiance, et leur propose de méditer sur le vaste corpus d’enseignement des patriarches et matriarches et des prophètes, foisonnant dans la Bible hébraïque et dans la littérature mondiale, avec proverbes, énigmes, aphorismes, allégories et analogies, pour cultiver, par leurs propres recherches, en libre spiritualité ascendante, en « Bottom-Up », l’étincelle Divine présente en leur cœur, et trouver ainsi les moyens de sauver le monde, par la Justice et la Fraternité, en une Alliance avec le Divin.
C’est l’exigence du Tikkun Olam, pour sauver le monde…
Ce processus conserve sa souveraineté spirituelle à l’individu, condition exigeante qui requiert un effort constant pour voir le monde tel qu’il est, d’un œil responsable, et s’y engager pour le recul de la souffrance et pour le triomphe de la Justice exigée par l’Alliance avec le Divin éternel (Lire le Lévitique de la Bible hébraïque a ce sujet…).
…ou conformisme soumis ?
Mais certains pensent, par contre,pouvoir et même devoir dominer et abuser de leur forceet donc imposer leurs normes par la contrainte physique ou morale, en exigeant la soumission des autres, moins énergiques, à des règles de leur cru, et même en interdisant toute liberté de pensée.
Ils prétendent s’interposer, en tant qu’intermédiaires auto-proclamés, entre les êtres humains et le divin, établissent leur idéologie dans les moindres détails, leurs règles, leurs dogmes, leur organisation hiérarchique, leur religion qu’ils imposent d’en haut, en « Top-down », avec recours à un prosélytisme souvent agressif et menaçant.
Tout cela a toujours servi finalement de caution à l’établissement d’un pouvoir temporel féodal, avec domination sur d’immenses territoires, sur des empires, avec tolérance d’un analphabétisme général qui désarmait la population, et des agents armés et répressifs restreignant la liberté des individus et les privant de leur dignité souveraine.
Il peut être exténuant d’y résister, et alors, par paresse, chacun peut être amené à épargner ses efforts, à renoncer à une part de sa liberté de réflexion, d’investigation, de décision, pour un confort immédiat.
Plus besoin alors de prêter attention à chaque détail, avec des scrupules infinis, en se posant des questions continuelles :

On peut alors somnoler douillettement et se laisser aller à suivre le mouvement général, et de vastes populations s’y sont le plus souvent résignées, par paresse…
Plus besoin pour chacun de porter ses fautes, dans un remords douloureux, dans une affliction sincère, avec un effort personnel de rédemption, à la limite de nos forces, car le pardon vient d’en haut, automatique, facile et confortable.
Les dogmes et doctrines descendent tout ficelés, ne requérant que la docilité et le conformisme, l’abandon de la liberté de penser par soi-même, carrément interdite, avec promesse de salut personnel et de vie éternelle dans un monde futur, proposition grotesquement assortie de pressions et même de menaces allant jusqu’au bûcher à certaines époques relativement récentes dans l’histoire du monde, ou à la lapidation, pour les « hérétiques » à la pensée autonome et non conventionnelle.
En parlant, en 1967, des juifs comme d’un « peuple d’élite, sûr de lui et dominateur…. » le Président Charles de Gaulle a formulé à sa manière cette méfiance envieuse fréquente envers un peuple juifqualifié avec un mélange d’ironie et de jalousie de « supérieur ».
Étant formaté par cet enseignement multiséculaire de mépris et de méfiance à l’égard des juifs, de Gaulle décréta un embargo sur les armes à destination d’Israël, qui avait eu selon lui le grand tort de se défendre victorieusement et en six jours contre une coalition nassérienne de pays arabes armés par l’Union Soviétique et l’Angleterre et clamant haut et fort son projet de « jeter les juifs à la mer », en les chassant de leur état, minuscule par la taille géographique, qui se trouvait être en fait le leur depuis la plus haute antiquité, de bien nombreux siècles avant la fondation de l’Islam et son invasion conquérante de toute la région MENA (Middle East North Africa).
Au lieu de leur dire la vérité et de conseiller aux arabo-musulmans, pour leur plus grand bien, d’abandonner leur projet de destruction d’Israël, de vivre enfin en paix avec leurs voisins juifs, de Gaulle fit porter le blâme des hostilités sur les juifs (« dominateurs »…), encourageant par la même la poursuite des attaques djihadistes contre Israël, attaques djihadistes qui menacent aussi, à terme, tout le monde judéo-chrétien et la civilisation dite « occidentale », avec sa Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, rejetée par la conférence Islamique de 57 pays.
Jouissant d’une grande influence sur la scène diplomatique mondiale, de Gaulle aurait pu contribuer a l’établissement de la paix au Moyen-Orient, d’une cohabitation pacifique dans l’intérêt évident de tous, comme Donald Trump avec les Accords d’Abraham, mais au lieu de cela, privé de clarté primordiale par des préjugés inculqués au fil des siècles par l’Église, à d’immenses populations soumises, et même à un éminent général de la trempe de de Gaulle, il ne fit que verser de l’huile sur le feu et envenimer la situation.
Avec le conformisme, il se produit une atteinte à la dignité de l’être humain qui passe de la condition de souverain entièrement responsable à celle de sujet soumis, domestiqué, contrôlé, et se trouve automatiquement privé d’une certaine forme d’énergie primordiale qui n’existe que dans la (difficile….) liberté.
Cette privation est frustrante et peut entraîner selon le cas une rare prise de conscience de la nécessité de reconquérir sa liberté, en assumant une responsabilité épuisante et même écrasante, quoi qu’il en coûte, et en repoussant courageusement les contraintes abusives.
Mais le défi est difficile et même parfois dangereux à relever.
Alors, la frustration peut aussi s’orienter vers une jalousie envieuse à l’égard de ceux qui ont su conserver leur (difficile…) liberté et leur énergie primordiale souveraine, obtenant ainsi des résultats à leurs efforts, et que l’on accuse alors facilement d’être entrés en alliance satanique avec le démon, le diable ou autre pouvoir maléfique.
Un tsunami antisémite :
Au point ou nous en sommes en 2026, avec un déferlement quasi mondial de haine anti-juive maquillée en anti-sionisme, il faut « appeler un chat un chat » et considérer l’état du monde du point de vue de la vitalité psychique générale.
Il ne suffit plus de faire appel aux bons sentiments, ou de répéter comme Macron que l’on « ne lâche rien ! »…
Il faut plutôt essayer de comprendre les mécanismes psychologiques qui sont à l’œuvre, dans le contexte du débat mondial des idées

Il semble que les « grandes » religions et idéologies dominantes, postérieures au judaïsme qui responsabilise les êtres humains pour leur plein développement spirituel, aient psychiquement mutilé leurs fidèles :
- en les infantilisant, en leur imposant des dogmes figés et autoritaires,
- en leur interdisant de penser par eux-mêmes à travers les siècles,
- en nuisant donc à leur souveraine dignité de libres êtres humains et en compromettant d’autant leur énergie vitale primordiale.
Les fidèles des religions dominantes constatent que les juifs ont souvent su éviter cette mutilation dégradante, et conserver leur indépendance d’esprit et leur passion pour l’innovation.

Ivres de jalousie, ils ne pardonnent pas aux juifs d’avoir préservé intacte leur énergie vitale créatrice et d’en obtenir certains succès…
En 1925, par exemple, la Johannesburg « Star » annonçait à Capetown qu’une « League of Gentiles », société secrète forte de 10 000 membres, issus majoritairement de la classe aisée, s’était constituée afin de barrer la route et d’exclure du monde social, industriel et économique « l’élément juif », considéré comme trop influent et actif.

Les jaloux mettent alors en œuvre avec férocité leur tactique habituelle, multi-séculaire, qui consiste à tenter d’ensevelir les juifs sous un torrent des calomnies les plus invraisemblables…
Car ils les accusèrent successivement
d’avoir crucifié Jésus,
d’avoir menacé la vie du Prophète,
d’empoisonner les puits,
de colporter la peste noire,
de profaner les hosties,
de sacrifier des enfants chrétiens pour incorporer leur sang dans la préparation des pains azymes de Pessah,
de comploter pour une domination mondiale (faux tsariste du « Protocole des Sages de Sion »),
de trahir (accusations effrontément mensongères contre le capitaine Dreyfus…), etc.
et aujourd’hui de génocider les prétendus « palestiniens », affirmation basée :
- sur les rapports de faux journalistes qui sont en fait de vrais membres terroristes du Hamas,
- rapports repris docilement par les médias largement corrompus par les Frères Musulmans et leurs fonds qataris inépuisables.
En fait, les musulmans de la région, généreusement soignés, bien au contraire, dans les hôpitaux israéliens, sont en progression démographique constante depuis des décennies.
Ayant, historiquement et littéralement génocidé les juifs minoritaires, les écervelés majoritaires projettent frénétiquement sur leurs victimes l’accusation gratuite de Génocide dont ils ont été eux-mêmes les vrais perpétrateurs prouvés.
Certes, les Israéliens combattent par les armes pour se défendre contre un terrorisme vraiment génocidaire, lui, mais cette nouvelle et énième accusation, cette fois de « Génocide » est totalement contredite par des témoins fiables comme le colonel Kemp de l’armée britannique qui certifie que les militaires israéliens prennent plus de précautions pour éviter les victimes civiles que jamais dans l’histoire mondiale des guerres.
L’antisémitisme, la crainte, la suspicion, le mépris, la haine des juifs et du judaïsme (et d’Israël…) pourraient bien, en fait, être causés entièrement par la « mutilation » spirituelle occasionnée par le « Top-Down » autoritaire et même totalitaire d’une hiérarchie cléricale mondiale.
Ses victimes refusent, par orgueil mal placé, ou par crainte de sanctions, de remettre en question les doctrines imposées, ce qui entraîne leur abdication de toute vraie, libre et difficile responsabilité, et la recherche des responsables de leur échec à l’extérieur.
Mais cet antisémitisme qui accuse, calomnie et rejette « la faute sur les autres » a des conséquences débilitantes qui pourrissent les sociétés et les font s’autodétruire, comme l’Espagne, par exemple, par oubli de la menace réelle qui est celle du djihad.
Il ne pourra reculer et s’effacer que par une reconquête par les peuples de leur souveraineté libre et responsable,
pour enfin sortir de l’infantilisation débilitante proposée par les religions postérieures au Judaïsme de bien des siècles, et qui prétendent accaparer avec insolence, à leur seul usage, l’Alliance Divine, avec monopole du salut des âmes, pour dominer.
Un aggiornamento favorable :
Heureusement, la Déclaration Nostra Aetate de 1965, produite par le Concile Vatican II inauguré en 1962 par l’admirable Saint-Jean XXIII, a déjà amorcé cette reconquête de souveraineté de la pensée humaine, en renonçant à l’exclusivité abusive de la vérité et du salut des âmes, et à l’interdiction scandaleuse de la Liberté de conscience, de même qu’à l’accusation du crime de « déicide » contre le peuple juif:
« l’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans les religions non chrétiennes.
Elle considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes. »
Cette restauration indispensable de la liberté de penser est néanmoins refusée et combattue avec acharnement par beaucoup de chrétiens, du mouvement sédévacantiste,
- qui considèrent tous les papes, depuis Jean XXIII comme de faux papes,
- et qui s’obstinent à revendiquer le monopole du salut des âmes,
- à interdire la liberté de pensée
- et à accuser les juifs « perfides » de « déicide »,
- avec des influenceurs enragés comme Tucker Carlson ou Candace Owens prêchant la haine des juifs et d’Israël.
Les chrétiens orthodoxes, russes et ukrainiens, qui refusent aussi l’aggiornamento de Vatican II, en sont réduits à s’entre-tuer massivement, dans une véritable et interminable boucherie, n’ayant plus sous la main de juifs à persécuter impunément.
Le peuple juif n’est plus « à la merci »…
Le peuple juif ayant reconquis son indépendance et sa souveraineté en Eretz Israël, au 20e siècle, et n’étant enfin plus à la merci totale des empires, ceux-ci craignent semble-t-il majoritairement que son (mauvais…) exemple, son « Bottom-up » libérateur et pourvoyeur de vraie dignité, n’incite les peuples à se libérer des dogmes infantilisants :
Ils lancent donc et soutiennent, à grand renfort de propagande médiatique, avec la collaboration frénétique de myriades d’écervelés hurleurs, une campagne forcenée d’accusations gratuites contre Israël et les juifs, qui ne font que se défendre, eux, par la nécessité la plus absolue, contre ceux, les agents terroristes multiples de la République Islamique d’Iran et des Frères Musulmans, qui tentent de les détruire et claironnent d’ailleurs leur projet djihadiste mortifère sur tous les tons.

La pérennité d’Israël et donc du judaïsme semble être perçue comme une menace par les grandes idéologies dominantes…

…qui craignent par-dessus tout que la fausseté de leurs doctrines en Top-down autoritaire ne soit finalement révélée par la lumière en Bottom-Up libérateur…
La supercherie frauduleuse du « palestinisme », dont le seul véritable projet est la destruction de l’indépendance juive, vient prendre la suite de l’hitlérisme et leur offrir l’espoir d’une protection continue de la fausseté qu’elles colportent, par l’extinction de la lumière d’Israël.
Pour résumer,
On peut affirmer que le vaste monde abusif du « Top-Down » coercitif, les États corrompus et dictatoriaux étant en grande majorité dans le monde, se voit en combat décisif contre la minorité en « Bottom-Up » incarnée en Israël, qui défend la liberté et la souveraineté de l’être humain, et elle déchaîne donc sa furie haineuse pour tenter d’obtenir une victoire finale qu’elle pense être enfin à sa portée.
Israël et les juifs sont accusés le plus mensongèrement du monde de « génocide », campagne hallucinée, d’une férocité comparable à celle de l’hitlérisme, avec sa prétendue « solution finale » pour la disparition pure et simple du peuple juif.
Mais la calomnie est un poison autodestructeur virulent.
La campagne internationale de calomnie antisémite actuelle est un tsunami de haine dégoulinante.
Tant de chrétiens, comme l’ambassadeur Mike Huckabee, le Secrétaire d’État Marco Rubio ou le chanteur Boy George, etc.
et de musulmans comme le « Son of Hamas » Mosab Hassan Youssef ou l’imam Chalghoumi, etc.
s’en désolidarisent heureusement à titre individuel, par simple décence.
Elleconnaîtra la même déroute totale que celle de l’hitlérisme, la domination abusive et la fausseté ne pouvant qu’être vaincues, la Vérité et la Liberté devant inéluctablement triompher. J-LMM♦

Jean-Loup Mordekhaï Msika, MABATIM.INFO
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