Par Ada Shlaen,
[2 septembre 2026]

Durant le XIXe siècle grâce aux conquêtes dans le Caucase, en Sibérie et Asie centrale la Russie impériale n’a cessé d’agrandir son territoire. Et tout logiquement après les révolutions de 1917 et des années de guerres civiles qui suivirent, le gouvernement bolchévique avait hérité de ces régions hétérogènes, habités par des populations variées, avec des minorités diverses comme des musulmans de l’Asie centrale, des orthodoxes du Caucase ou une très ancienne communauté juive de Boukhara.
Pendant les soixante-quatorze ans du régime soviétique, cet État semblait très solide, mais sa longévité reposait surtout sur la terreur permanente. La moindre opposition y était réprimée, les prisonniers politiques et les personnes déportées se comptaient par millions ! Et pourtant à partir des années 1980 le système se mit à chanceler, en entrant dans une grave crise.
Sommaire
- Au bord de la disparition de l’URSS
- Noukous, une ville au milieu des déserts, et son Louvre du désert
- Le fondateur du musée, Igor Savitski
- Une jeunesse bouleversée par la révolution
- La rencontre avec l’avant-garde russe
- La découverte de l’Asie centrale
- La création du musée de Noukous
- Sauver une avant-garde condamnée
- Une collection préservée dans le désert
- Après Savitski, la collection demeure à Noukous
Au bord de la disparition de l’URSS

Au bout de quelques années bien mouvementées et malgré des tentatives infructueuses du Premier Secrétaire du Parti communiste Mikhaïl Gorbatchev de reformer l’URSS, il devenait de plus en plus évident que la survie du pays, déjà très affaibli, était pratiquement impossible. L’Union Soviétique connut une stagnation sans précédent, quand sur le fond de la situation économique très préoccupante, la parole publique enfin se libéra et il fut possible d’évoquer les innombrables crimes du régime.
Le coup d’État avorté d’août 1991
Mais cette nouvelle transparence faillit conduire la société soviétique à une nouvelle guerre civile quand un groupe de dirigeants conservateurs tenta de stopper les réformes, en organisant du 19 au 21 août 1991 un coup d’État.
Ils proclamèrent l’état d’exception et tentèrent d’isoler Gorbatchev qui se trouvait à ce moment en Crimée. Cette action souligna seulement la faiblesse du pouvoir central et déclencha une mobilisation populaire à Moscou.
Boris Eltsine, président de la RSFSR1, élu à ce poste le 10 juillet 1991, s’adressa aux Moscovites depuis le siège du Gouvernement de la Fédération de Russie, surnommé la « Maison Blanche » avec un appel à la résistance.
Des milliers de manifestants érigèrent des barricades ; heureusement des unités de l’armée, convoquées par les putschistes, restèrent neutres. Pourtant dans les rues environnantes des confrontations eurent lieu, en faisant trois victimes parmi les manifestants : Vladimir Oussov, Dimitri Komar et Ilia Kritchevski. Par conséquent, le rapport de force s’inversa rapidement et l’image de Boris Eltsine debout sur un char devint le symbole de l’échec des conservateurs.

À partir de ce moment le processus légal de la disparition de l’URSS n’était qu’une question de semaines…
- Tout d’abord en septembre 1991 le Congrès des députés du peuple vote sa dissolution, qui deviendra effective à partir du 26 décembre 1991.
- L’Union Soviétique s’écroule alors comme un château de cartes en commençant par les trois républiques baltes qui demandent leur indépendance, puis par celles du Caucase ainsi que la Biélorussie et l’Ukraine et pour finir les cinq républiques d’Asie centrale c’est-à-dire le Kirghizstan, l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan qui se trouvaient ainsi libres, pratiquement pour la première fois de leur histoire.
Il est probable qu’aujourd’hui encore, la plupart des habitants d’Europe occidentale ont du mal à distinguer ces cinq entités.
La plus connue est, peut-être, l’Ouzbékistan, notamment parce qu’il abrite la mer d’Aral, autrefois le quatrième plus grand lac du monde, devenu le triste symbole d’un désastre écologique, provoqué par la décision du gouvernement soviétique d’implanter dans la région des rizières et des champs de coton.
Pour irriguer ces cultures, les eaux de l’Amou-Daria et du Syr-Daria furent détournées de la mer d’Aral ; celle-ci perdit ainsi 14 mètres de profondeur, 75 % de sa surface et 90 % de son volume. La salinité de l’eau augmenta fortement, entraînant la disparition de la plupart des espèces de poissons, dont le nombre passa de 32 à 6. Malgré la présence de ces deux grands fleuves – l’Amou-Daria, long de 2 580 kilomètres, et le Syr-Daria, long de 2 112 kilomètres –, cette contrée reste en grande partie désertique. De nombreuses fouilles archéologiques prouvent pourtant qu’elle fut, pendant des millénaires, une importante zone de passage et d’habitation pour des tribus et des peuples d’Asie.
Au milieu du XIXe siècle, un hameau y apparut, bâti selon des règles ancestrales ; il fut nommé Noukous en l’honneur d’une ancienne lignée karakalpak2. À partir de 1932, il est devenu un centre urbain assez important pour avoir le statut de la capitale de la république autonome du Karakalpakstan.
Cette oasis verte, située à 800 kilomètres de la capitale Tachkent, est entourée par quatre déserts :
- le Karakoum,
- le Kyzylkoum,
- le plateau pierreux de l’Oustiourt
- et l’Aralkoum, dont le nom signifie « les sables blancs » et désigne les sels asséchés du fond de l’ancienne mer d’Aral.
Dans l’Antiquité, cette région avait connu de nombreuses occupations et influences. Elle fut d’abord marquée par la Perse, puis, aux VIIIe et IXe siècles, par les dynasties turco-mongoles, avant d’être conquise par l’Empire russe dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Noukous, une ville au milieu des déserts, et son Louvre du désert
Aujourd’hui Noukous compte 350 000 habitants qui y mènent une vie paisible, et les touristes y viennent volontiers :
- Les uns pour voir des sites archéologiques,
- Les autres attirés par la mer d’Aral et les tentatives de son sauvetage.
- Les plus nombreux toutefois veulent visiter le musée des arts, qui porte le nom d’Igor Savitsky et qui abrite une grande collection de peintres russes d’avant-garde du XXe siècle.

Oui, dans cette ville provinciale d’Ouzbékistan se trouve en effet la deuxième collection, après celle du Musée russe de Saint-Pétersbourg, des peintres russes précurseurs des mouvements novateurs dans l’art du XXe siècle !
Pour cette raison le joli bâtiment qui l’abrite est souvent appelé le Louvre du désert.
Le fondateur du musée, Igor Savitski

Le fondateur de ce musée, Igor Savitski est né en 1915 à Kiev. La ville de sa naissance était très différente du Kiev d’aujourd’hui, pilonnée presque toutes les nuits par des drones russes. J’ai eu l’occasion d’y séjourner à plusieurs reprises dans les années 2010-2020, c’est-à-dire encore avant le début de la guerre, qui a débuté en février 2014 par l’annexion par la Russie de la Crimée, suivi par une quasi-sécession de l’Est de l’Ukraine, habité par des populations en majorité russophones, mais qui se considéraient en général, comme des Ukrainiens. Nous savons que depuis le février 2022 ce conflit touche tout le territoire du pays.
Quant à Kiev d’avant 2014, on y entendait le russe autant que l’ukrainien, on pourrait dire que la plupart de ses habitants étaient bilingues. Pourtant au fil des ans, l’emploi du russe dans la sphère publique se réduisit lentement, mais sûrement. En 2014 après le début du conflit dans le Donbass, je sentais que mes interlocuteurs préféraient éviter le russe, en privilégiant l’ukrainien.
Mais en 1915, c’est-à-dire deux ans avant la révolution d’Octobre, le russe devait être la première langue de la ville.
D’ailleurs nous connaissons plusieurs grands écrivains de langue russe, nés à Kiev. On peut citer Mikhaïl Boulgakhov, Ilya Ehrenbourg ou bien Anatoli Kouznetsov, l’auteur du remarquable « roman-document Babi-Yar ».
Igor Savitski est né dans une famille fortunée et surtout très érudite. Son père3 était un avocat bien connu et respecté, sa mère appartenait à une famille noble, riche et très cultivée. Son grand-père maternel Timothé Florinski était membre de l’Académie des Sciences de Russie et pendant de longues années enseigna la philologie slave à l’Université de Kiev. Sa bibliothèque privée était parmi les plus grandes de la ville.
Dans ce milieu il était primordial de donner une bonne éducation aux enfants ; Igor et son frère aîné avaient une gouvernante française et le petit garçon profita visiblement de son enseignement ; d’après le témoignage de Marinika Babanazarova, qui reprendra le flambeau après la mort d’Igor Savitski, en devenant la seconde directrice du musée de Noukous, il parlait et lisait couramment le français ce qui étonnait énormément son entourage.
Une jeunesse bouleversée par la révolution
Hélas pendant la guerre civile qui suivit la révolution d’Octobre, après la prise de Kiev par l’armée Rouge en 1919, le professeur Florinski fut fusillé par la Tchéka4. Cette exécution eut des répercussions tragiques pour tous ses proches, obligés de quitter la ville, craignant les poursuites de bolchéviques. Certains, comme l’épouse du professeur5, réussirent à fuir à l’étranger tandis que les parents du petit Igor, sachant qu’ils étaient trop bien connus à Kiev, se réfugièrent à Moscou.
Mais à l’époque il ne suffisait pas de déménager pour être en sécurité. Dès les premières années du régime, il fallut adopter un autre mode de vie, donner l’impression d’être un vrai prolétaire, fidèle aux consignes du parti communiste. Pour cette raison le jeune homme reçut plus tard une formation d’électricien, mais s’intéressant depuis son plus jeune âge à la peinture, il s’était inscrit à l’École de peinture, de sculpture et d’architecture de Moscou. Cette école, assez ancienne car fondée en 1843, est devenue après la révolution, l’Atelier expérimental d’État n°2 d’enseignement d’art plastique, une institution plutôt avant-gardiste.
Parmi ses enseignants se trouvaient d’ailleurs Kasimir Malevitch, Vassily Kandinsky, Robert Falk6 et bien d’autres artistes de l’avant-garde russe qui se sont fait connaître déjà au tout début du XXe siècle.
La rencontre avec l’avant-garde russe

Ils ne voulaient pas être vus comme les représentants d’une élite…
Leur art devait toucher aussi des prolétaires, des paysans et, tout logiquement des habitants d’Asie centrale, incorporée récemment, tout d’abord dans la Russie impériale et depuis le début des années 1920, dans l’Union Soviétique.
On peut d’ailleurs remarquer que l’intérêt pour cette région apparut parmi les artistes russes bien avant la révolution, pratiquement dès sa conquête, dans la seconde moitié du XIXe siècle.
Ainsi, le peintre Vassili Verechtchaguine7 qui suivait l’armée russe en Asie centrale dans les années 1867-1869, en jouant, en quelque sorte, le rôle d’un correspondant de guerre, peignit, non seulement des scènes militaires, mais aussi des paysages et des portraits.
Plus tard, à la veille de la première guerre mondiale, le peintre Pavel Kouznetsov entreprit un voyage en Asie centrale d’où il ramena des tableaux très inspirés, aux couleurs délicates. Cet intérêt n’a pas faibli après 1920, lors l’incorporation de ces territoires dans l’Union Soviétique.
La découverte de l’Asie centrale
Dans les années 1920-1930 Igor Savitski était trop jeune pour participer aux missions des « trains rouges » de propagande avec des slogans qui devaient persuader les habitants des républiques soviétiques d’Asie de la supériorité du régime bolchévique. Il avait découvert ce continent tout nouveau pour lui, à l’automne 1941, lors de l’évacuation de son école devant l’avancée des troupes allemandes.
Sa première rencontre avec l’Asie centrale eut lieu en Ouzbékistan, à Samarcande8.
Il faut savoir que pendant la guerre que les Russes appellent aujourd’hui encore la Grande Guerre Patriotique, beaucoup de citoyens soviétiques trouvèrent refuge dans les républiques de l’Asie centrale, souvent à Tachkent, en Ouzbékistan.
Samarcande était aussi appréciée, car il s’agit d’une ville très ancienne, fondée entre les VIIe et VIe siècles avant J.C. C’était déjà une cité importante à l’époque d’Alexandre le Grand qui l’avait conquise en 329 av. J.C. Plus tard elle jouera un rôle important sur la Route de la soie.
Évidemment les étudiants de l’Institut supérieur d’art et de technique ont dû être contents, en apprenant le lieu de leur évacuation, surtout en compagnie de leur professeur, le peintre Robert Falk.
Les relations étaient tout à fait amicales entre Robert Falk et Igor Savitski. Mais lorsque Falk, l’un des fondateurs de l’avant-garde russe, critiqua des tableaux de son élève, la réaction de ce dernier fut très violente ; il détruisit presque toutes ses toiles, bien que, d’après des témoignages de ses proches, il fût un bon dessinateur et un peintre intéressant.
Néanmoins il obtint son diplôme en 1946 et lorsque des fouilles archéologiques reprirent dans la région de Khorezm9, appelée par des Russes, le Khanat de Khiva, il put accompagner plusieurs expéditions pour photographier et éventuellement dessiner des objets, trouvés lors de ces recherches.
Pour finir il décida de s’installer en Asie centrale, à Noukous, d’autant plus qu’à l’époque ses parents étaient déjà décédés.
La création du musée de Noukous
Pendant quelques années des objets découverts par des archéologues étaient déposés à la section locale de l’Académie des Sciences d’Ouzbékistan. C’étaient des textiles, des bijoux, des objets rituels…
Lorsque le musée fut créé en 1966 son premier noyau était précisément formé par ces spécimensqui témoignaient de l’ancienneté de la culture du Karakalpakstan.
Nous étions encore à l’époque soviétique et les autorités locales souhaitaient sauvegarder la mémoire de ce peuple si ancien.
Igor Savitski qui était vu par les autorités locales comme un amoureux de la région et un grand connaisseur de son histoire, arriva à convaincre de l’utilité de son projet.
Le musée qui porte désormais son nom expose ainsi un grand nombre d’objets historiques et d’art populaire, provenant notamment des régions du Karakalpakistan et du Khorezm.
Mais Savitski s’intéressait non seulement à la culture antique ; certes il est devenu un excellent ethnographe, mais sa passion première était et restait la peinture. Par ailleurs, malgré les critiques de son professeur, il n’abandonna pas les pinceaux et dès que le temps lui permettait, se mettait devant le chevalet. Par exemple ses tableaux qui représentent le désert aux moments variés de la journée ou lors de différentes saisons, sont tout particulièrement beaux !
Sauver une avant-garde condamnée
Or depuis très longtemps il s’intéressait aux œuvres des artistes russes d’avant-garde tombés en disgrâce en Union Soviétique, voire interdits à partir de la seconde moitié des années 1920 quand le réalisme socialiste s’imposait dans la vie culturelle.
Il suffit de penser à l’évolution de Chagall ou de Kandinsky dans ces années qui suivirent la révolution.
– En 1917 le premier devint dans sa ville natale de Vitebsk le « commissaire aux beaux-arts » et dirigea pendant un certain temps la vie artistique de toute la région. Il créa l’École artistique de Vitebsk, y organisait de nombreuses expositions et allait souvent à Moscou, en présentant ses œuvres et en collaborant avec le Théâtre yiddish, fondé en 1919.
Mais au début des années 1920 il commence à subir des critiques virulentes et préfère alors quitter la Russie communiste pour la France.
– Le cheminement de Kandinsky était similaire ; tout d’abord il devint une sorte de « commissaire pour la culture prolétaire », en s’occupant de l’organisation de l’Institut de culture artistique à Moscou. Mais rapidement, littéralement écœuré par des critiques des « camarades », il partit en 1921 pour l’Allemagne, profitant d’une invitation de l’école Bauhaus de Weimar. Cette demande est venue très à propos, car quelques années plus tard, son destin (comme d’ailleurs celui de Chagall) aurait pu devenir en Union Soviétique très problématique.
Les deux artistes seront naturalisés Français dans les années 1930 et ne retourneront jamais au « Pays des Soviets ».
Une collection préservée dans le désert
Igor Savitski s’intéressait surtout à cette génération des peintres russes des premières décennies du XXe siècle et le musée qu’il a créé rassemble plus de 15 000 d’objets d’art de cette période.
Il permit ainsi d’éviter leur « réclusion » dans des réserves des musées, voire leur possible destruction.

Savitsky profita de l’isolement de Noukous pour y rassembler et donc sauvegarder cet art, promis à la disparition…

Et il ne s’agit pas de vains mots !
- Parmi les peintres exposés dans ce musée il y a ceux qui dans les années 1930 furent contraints d’arrêter de peindre, comme Ivan Koudriachov
- ou disparus avec les vagues successives de répression à l’image de Vladimir Komarovski ou bien de Lev Gualpérine, fusillés en 1937 et 1938.
Ces interdictions ont duré plusieurs décennies.
Il suffit de se souvenir du 15 septembre 1974 quand à Moscou une exposition d’œuvres d’artistes réfracteurs au réalisme socialiste, installée près du parc Beliayevo fut écrasée et détruite par des bulldozers, envoyés par la municipalité !
Cette action violente, dirigée contre des peintres et des sculpteurs, donna raison à Savitski qui se vit ainsi confirmé dans l’idée que sa collection serait bien plus à l’abri à Noukous, bien éloignée des grands musées de l’Union Soviétique qui dépendaient des notables du parti communiste.
Après Savitski, la collection demeure à Noukous
Igor Savitski meurt le 27 juillet 1984, quelques années avant la disparition de l’URSS et de l’indépendance de l’Ouzbékistan. Après sa mort la direction du musée fut assurée par une nouvelle génération des amoureux de l’art, formée par lui.
Peut-être pour cette raison, la collection de Noukous reste principalement conservée sur place.
Ces œuvres qui représentent l’avant-garde russe et l’art d’Asie centrale voyagent rarement en raison de leur statut patrimonial strict et surtout de leur fragilité. Tout à fait exceptionnellement certaines pièces étaient déjà présentées lors des événements culturels internationaux consacrés à l’Ouzbékistan10.
Mais actuellement pour découvrir les richesses de la collection de Noukous, il faut passer par les publications d’art ou par des films documentaires qui heureusement sont assez nombreux, … ou bien sûr aller sur place. AS♦

Ada Shlaen, MABATIM.INFO
1 RSFSR signifie la République socialiste fédérative soviétique de Russie. Il s’agit de la plus grande de quinze républiques qui formaient l’URSS (Union des républiques socialistes soviétiques) Après la dissolution de l’URSS, la RSFSR prit le nom de Fédération de Russie.
2 Les Karakalpaks forment un peuple turcique installé dans l’ouest de l’Ouzbékistan au sud de la mer d’Aral où ils forment une communauté de 505 000 personnes environ.
3 Le père d’Igor Savitski était un Juif polonais
4 La Tchéka était la première police politique de la Russie soviétique. Elle fut créée le 20 décembre 1917, quelques semaines à peine après la révolution d’Octobre.
5 La grand-mère d’Igor Savitski s’était réfugiée en France, elle est enterrée au cimetière orthodoxe Caucade de Nice.
6 Robert Falk (1886-1958) Ce Moscovite de naissance eut une très bonne formation grâce à ses maîtres comme Valentin Serov, Constantin Korovine et Léonid Pasternak. Il participa en 1910 à l’un des premiers courants d’avant-garde russe intitulé le Valet de Carreau. Après la Révolution de 1917 il suivit tout d’abord les bolchéviques et de 1918 à 1928 collaborait avec le Commissariat du peuple à l’éducation. En 1928 il était envoyé par ce Commissariat à Paris pour 6 mois afin « d’étudier l’héritage classique en peinture ». Il y restera… pendant presque 10 ans et reviendra à Moscou en 1937 juste au moment des « grandes purges ». Robert Falk aura beaucoup de chance ; il ne sera pas inquiété par le pouvoir soviétique pendant les vingt dernières années de sa vie, passées surtout à Moscou. Après la mort de Staline, le 5 mars 1953, Falk deviendra très populaire parmi des jeunes artistes de la deuxième avant-garde russe des années 1960.
7 (1842 – 1904) Vassilli Verechtchaguine était surtout célèbre comme un peintre de batailles. Mais il condamnait la guerre d’où son tableau le plus célèbre dans ce domaine qui s’appelle l’Apothéose de la guerre et qui représente un amas de crânes avec des corbeaux les survolant dans un paysage désertique. En suivant l’armée russe, le peintre contribua à la création d’une image attractive de l’Asie centrale, tout en critiquant l’aspect colonial de la conquête.
8 Samarcande est une ville ouzbèke, capitale de la province de Samarcande. Avec ses 590 000 habitants, elle est la deuxième ville la plus peuplée d’Ouzbékistan, après la capitale Tachkent. La ville est très riche en monuments historiques. En 2001 elle fut reconnue par l’UNESCO comme « carrefour de cultures » et site du patrimoine mondial.
9 Khorezm est l’une des 12 provinces de l’Ouzbékistan. Sa capitale administrative est la ville d’Ourguentch. Elle s’étend sur 6 300 km2 dans l’ouest de l’Ouzbékistan. Elle est bordée au nord par la république de Karakalpakstan, (capitale : Noukous), à l’est par la province de Boukhara, au sud et à l’ouest par le Turkménistan.
Située dans la région historique du Khorezm, la province compte sur son sol les villes historiques d’Ourguentch et de Khiva.
10 Par exemple du 23 novembre 2022 au 4 juin 2023 à l’Institut du monde arabe à Paris il y avait une grande exposition temporaire : « Sur les routes de Samarcande. Merveilles de soie et d’or ».
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