Par Jean-Pierre Chemla,
[30 octobre 2026]
Nous sommes injustes.
Nous avons trop tendance à voir de l’antisémitisme partout, et on nous le fait savoir. « On ne peut plus critiquer Israël ou même la politique de Netanyahu sans être taxé d’antisémitisme », nous dit-on. « On a le droit d’être antisioniste sans être antisémite » nous martèle-t-on.
C’est discutable mais que peut-on y répondre ?
Et comment pourrait-on communiquer à ces bonnes âmes, tout à leur compassion pour le peuple palestinien, les blessures et le désarroi que le sentiment d’incompréhension provoque en nous ?
On nous reproche le repli communautaire, voire la paranoïa, là où il n’y a qu’une légitime réaction devant l’injustice historique et l’information biaisée et devant notre sentiment d’extrême solitude.
Que faire alors ?
- Fermer les yeux et ne plus penser ?
- Songer à quitter ces terres hostiles ?
- Rejoindre les pays, de plus en plus rares, où ces idées sont encore minoritaires ?
Ou relever la tête.
Réfléchir, analyser et enfin comprendre, voire aider à comprendre.
Ah ! Comprendre : la plus efficace des thérapies. Eurêka médicinal, source de jouvence pour Juif sioniste qui n’aura plus honte de l’être.

Comprendre qu’un tel unanimisme palestinolâtre qui enjambe tous les clivages politiques n’a rien de vraiment naturel, qu’il ne peut qu’avoir été importé, instillé dans les esprits…
Comprendre que sa genèse est économique parce qu’il faut bien bouffer, ou plutôt qu’il faut bien rouler. Au volant de la DS break qui le mène vers la Riviera de ses rêves, l’automobiliste de 1973 n’imagine pas qu’il est le premier acteur concerné, la base sur laquelle va se construire en trente ans un discours qui va assurer la pérennité de son plein d’essence.
Les pays producteurs de pétrole tiendront désormais, pendant des décennies, les pays occidentaux, à l’exception des États-Unis , par une partie du corps suffisamment douloureuse pour qu’une « politique arabe » soit un prix modique pour obtenir que l’étreinte se desserre.
Et qui dit « politique arabe » dit abandon de quelques principes morauxet de certains amis moins fortunés.
Une fois le décor économique planté, tout le reste n’est que roupie de sansonnet.
La scène devant ce décor n’a plus qu’à se remplir de toutes sortes de protagonistes, y compris de ceux qui le trouvent moche.
On y verra circuler :
- Le révolutionnaire de mai 68 reconverti en riche propriétaire du Marais.
- Le néo-nazi, avide de ratonnade, qui finira, vers la fin de la pièce, par prendre un pot avec son souffre-douleur arabe après avoir découvert qu’ils avaient des ennemis communs.
- L’homme politique humaniste et responsable, sans doute idéaliste au début de L’acte I, mais à qui on a fourgué la gestion de ce foutu plein d’essence.
- L’intégriste religieux catholique qui nous fait sa réécriture des évangiles en nous en promettant une version cinématographique.
- L’Imam au regard sombre, sûr de son bon droit, vu qu’il est dans les parages par définition étant donné les « accords » décrits ci-dessus.
Et puis, il y a les figurants :
Tous ceux qui n’ont connu que ce décor, qui n’en veulent pas d’autre, et qui ânonnent dans l’unique novlangue acquise – celle où sioniste = pas bieeeen ! et où palestinien = bieeeen ! – en déambulant de plateau de Starac’ en manifestations anti-américano-sionistes ou contre l’islamophobie.
ET ENFIN, PARMI TOUT CE JOLI MONDE, LES ANTISÉMITES. LES VRAIS !
Ils sont bel et bien là, pas si difficiles à identifier mais si difficilement condamnables par la Justice. Ils savent que la France dispose d’un arsenal juridique très répressif à leur égard s’ils expriment publiquement leurs idées. Aussi choisissent-ils de se tenir à la limite de la ligne rouge, de se fondre dans cette foule bigarrée et d’en épouser certains extraits du discours, ceux qui leur conviennent le mieux.
- Eux aussi réclament le droit légitime à la critique d’Israël, trop heureux de tomber sur une telle aubaine.
- Eux aussi participent aux ateliers universitaires, persuadés d’y trouver une plate-forme où il sera question de la mainmise de la juiverie internationale sur l’économie mondiale et sur la politique des États-Unis.
- Eux aussi estiment que l’on peut rire de tout et soutiennent les « humoristes » de France-Inter dans leur délire antisémite.
- Eux aussi aiment bien, tout compte fait, le noir et blanc et finissent par choisir un Keffieh en guise d’écharpe qui sied tant à leur teint.
- Eux aussi trouvent que l’on fait un mauvais procès au voile qui se répand dans la rue, les administrations, les commerces, les universités.
- Eux aussi pensent que les médias sont noyautés par les sionistes.
- Eux aussi affichent leur soutien aux Palestiniens « opprimés » tout en s’en fichant royalement, vu que seuls les « oppresseurs » les intéressent.
- Eux aussi adhèrent pêle-mêle aux déclarations et aux écrits d’Alain Soral, Jean-Luc Mélenchon ou Dominique de Villepin.
Ceux qui se réclament de ce genre de positions ne sont peut-être pas tous antisémites. En revanche, tous les antisémites y souscrivent volontiers et ce sont les recoupements subtils qui permettent de les identifier.
Alors, c’est vrai, nous sommes parfois injustes…
- Injustes d’amalgamer les uns et les autres dans l’accusation d’antisémitisme.
- Injustes de voir de l’antijudaïsme là où il n’y a que suivisme et inculture.
- Injustes de prêter à certains l’intention du discours alors que ce dernier ne leur a été qu’imposé.
- Injustes de les sommer de faire le tri dans leurs rangs quand ils sont incapables d’en comprendre la nécessité.
Injustes… MAIS AVEC LES YEUX GRANDS OUVERTS ! J-PC♦

Jean-Pierre Chemla, MABATIM.INFO
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MERCI à JP CHEMLA pour ses écrits qui sont vrais, même si parfois d’apparence excessive. J’ai ce réflexe permanent de mettre en écho-miroir l’antisémitisme comme réaction matérialiste en face du fait indéniable que le Créateur de l’univers est aussi celui d’Israël spécial porteur de la lumière divine appelée à témoigner de l’aspect spirituel rejeté par les majorités humaines, juives comprises. On déteste Israël choisi par le Créateur universel que l’on déteste-rejette fondamentalement. JE crois D.ieu, et donc je crois à ses créatures et sa souveraineté. Toute réflexion explicative est limitée dans mon esprit humain petit , partiel et partial. Gilbert, chrétien français et ami inconditionnel d’Israël. Signé: gilbert.bernard3@orange.fr
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