« L’enfer aussi a son orchestre »

L'enfer aussi a son orchestrePar Eva Naccache

C’est le titre du troisième livre qu’Hélios Azoulay publie.

Hélios a toujours étudié à Nice, depuis la maternelle jusqu’ à l’université de musicologie, en passant par la faculté des lettres. Maintenant, il enseigne la musique à l’université d’Evry. Il a déjà publié deux livres, donne des concerts et…..cherche.

Clarinettiste, compositeur, il a une réputation d’humoriste, de farceur, d’iconoclaste et d’extravagant quand on l’approche dans le milieu musical ou sur les plateaux de télé.

Il a enregistré une œuvre intitulée : « Porte bouteilles » inspirée par l’If de Duchamp.

Proche de Dada et du Pop art, il a inventé « la musique incidentale » et une nouvelle forme musicale « Le Poncif » : on choisit une œuvre musicale, de préférence classique, on lui fait subir « un traitement de choc ». Résultat intéressant !!

Il a aussi fabriqué un nouvel instrument de musique « le suprême clairon » qu’on peut découvrir sur son site.

En 2008, Radio France Internationale lui a consacré quatre émissions. C’est une reconnaissance.

Ce musicien atypique, cet original joyeux luron, plutôt farfelu, accompagne depuis dix ans une dizaine de chercheurs qui étudient les œuvres venues des camps de concentration. Au milieu de la pire barbarie il y avait pourtant des humains capables d’écrire, de jouer et même de composer de la musique : « J’ai essayé de comprendre comment des gens avaient eu l’idée, la folie, le courage, la dérision, le besoin de s’exprimer au milieu de l’enfer ».

Robert Dauber compose une sérénade à Terezin, de la musique de salon !!

Viktor Ullmann, compositeur professionnel, a entrepris d’écrire un opéra sur Jeanne d’Arc. Il en a composé deux pages avant de mourir. (Sur la toile, Hélios cherche des mécènes pour faire jouer cette œuvre qu’il a essayé de prolonger sans pasticher l’auteur).

Hélios Azoulay a aussi rencontré Violette, une rescapée du fameux orchestre de femmes d’Auschwitz ; par esprit de résistance, elle avait choisi d’être clown dans le groupe : « parce que, même en ces circonstances, on n’a pas le droit de pleurer ».

Ces musiques ressuscitées, souvent inachevées, il les fait vivre .En compagnie du pianiste, lui aussi niçois, Jonathan Benichou, il les fait découvrir autant qu’il le peut lors de ses concerts à travers le monde.

Ses recherches et ses rencontres l’ont conduit à écrire ce livre « L’enfer aussi a son orchestre ». Il nous décrit des faits pris sur le vif : la violoniste qui met peu de colophane à son violon pour qu’on l’entende le moins possible, l’instrument qui finit sous le talon d’un gardien….

Hommage aux disparus… Devoir de mémoire ? J’aimerais interroger ce Janus pour découvrir peut-être encore d’autres facettes d’une personnalité aussi riche que sensible. EN♦

Eva NaccachePour en savoir plus :
Interview par Akadem en Octobre 2015 ;
France Musique Février 2016 ;
Œuvres d’Hélios Azoulay

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