« Djihad » de Ismaël Saidi

Djihad.jpgpar David Rofé-Sarfati

Ben, Reda et Ismaël sont trois jeunes Bruxellois qui font face à l’oisiveté de leur vie. Ils décident de partir au nom de leur religion en Syrie pour combattre aux côtés des autres djihadistes. Le long de cette odyssée tragi-comique qui les mènera de Schaerbeek à Homs, en passant par Istanbul, ils découvriront les raisons qui les ont chacun poussé à partir et devront faire face à une situation beaucoup moins idyllique que prévue.

Le mot Djihad projeté au centre de la scène et un banc sur lequel vont venir se poser les protagonistes, au fond un minimaliste et économique drap blanc, toute une aventure va se jouer dans ce décor bon marché qui signe l’origine de la troupe et du propos et qui concourt à nous les rendre plus proches, plus actuels. Sur l’économique tissu seront projetés successivement une banlieue-dortoir, Istanbul, une église en Syrie, un champ de bataille.

Représentation lundi 27 Novembre 2017 au Chesnay (78)
Détails ici

Trois pieds nickelés nous emmènent sur le chemin du Djihad en Turquie puis en Syrie. Ils iront y tuer des supposés mécréants, y enterrer par une humanité qui n’a pas renoncé en eux un Arabe qui s’appelle Michel et y mourir. La pièce plus proche du docu-fiction que du théâtre n’évite aucune réalité de ce mal qui attrape des jeunes désœuvrés et rêveurs à l’instant même où leur rêve de rock, de dessin ou de mariage avec une non-musulmane est ruiné par la mosquée.

La pièce très drôle présente trois musulmans imbéciles incapables de s’intégrer, car pris en étau entre le racisme de leur pays de naissance et la machine halal à casser toute intégration. Le point de vue de l’auteur est réducteur à la limite du caricatural. Tout ne serait qu’une manipulation des imams s’abattant, aidée par une idiotie radicale, sur une population habituée à ignorer la liberté de conscience ; et à la fin, après une vraie lecture du Coran on découvrira que l’islam n’est qu’amour. Rien n’est dit de la culture du fantasme de la victimisation ou de la guerre globale qui nous est déclarée comme si l’auteur rendant compte des événements de l’intérieur n’avait pu se départir de son statut imaginaire de victime et de son rapport défensif au monde. Il n’empêche. Le public pluriel rit et applaudit à chaque attaque contre un islam simpliste et délétère ; et la pensée éclairée de Ismael Saidi fonctionne comme un soulagement et un exutoire du vivre ensemble.

David Rofe-SarfatiLa pièce écrite avant les attentats est à aller voir au moins pour cet optimisme. DRS♦

Auteur : Ismaël Saidi
Artistes : Florian Chauvet, Adel Djemai, Helmi Dridi, Fayçal Safi
Metteur en scène : Ismaël Saidi

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