En France, Sud veut former les enseignants à l’apartheid

syndicat_sud_bonnet-d-ane_au-coinPar Liliane Messika*

L’apartheid, un régime fondé sur un racisme institutionnalisé en Afrique du sud pendant près d’un demi-siècle (de 1948 à 1991), a été aboli il y a 26 ans.

En Afrique du sud.

En France, aujourd’hui (novembre 2017), on peut craindre l’avènement de ce régime insupportable dans moins de 26 ans, si l’on en juge par les démarches de certains groupes ségrégationnistes dans notre pays.

Les ségrégationnistes du 9-3
Les moins de 26 ans ne peuvent pas connaître les Bantoustans, ces ghettos créés par les Blancs sud-africains pour y parquer les populations bantoues (noires) que leur passeport racial condamnait à y vivre dans l’endogamie.

Il ne faut pas imaginer que l’apartheid a été décidé un matin par Darth Vador et mis en place l’après-midi même grâce au pouvoir du côté obscur de la Force. Non, il a fallu des idéologues pour mettre au point des stratégies, que des militants ont testées, puis systématisées petit à petit grâce à un appareil d’État.

C’est ce qui commence à voir le jour dans notre pays, à travers un programme de formation à l’instauration de l’apartheid, présenté, en novlangue dans le texte avec un alibi antiraciste, par le syndicat Sud-Éducation 93.

Pour promouvoir le racisme d’État, raciser l’éducation
Qu’est-ce que l’État si ce n’est la traduction institutionnelle des désirs du peuple souverain exprimés à travers les bulletins de vote ?

Or comment les obtient-on, ces scrutins ? En convainquant les électeurs qu’on les comprend et qu’on fera ce qui est le mieux pour eux.

C’est plus facile si on leur a dicté leurs valeurs et leurs besoins en amont, évidemment.

Comment faire ? LA SO-LU-TION, C’EST L’É-DU-CA-TION !

Quand on veut qu’à terme, les électeurs votent pour un système raciste, il faut les conditionner très jeunes. Si l’on arrive à mettre la main sur l’école, ses profs et ses programmes, on est à peu près sûr d’y arriver.

Mais comment faire, quand « racisme » est le mot le plus honni du dictionnaire ?

Changer les mentalités du tout au tout prend plus qu’une génération. Et pourquoi souhaiter un apartheid dans la patrie des droits de l’homme ?

non blancsElémentaire, mon cher Watson : parce que l’on s’est convaincu d’être la victime d’une ségrégation et pour le faire payer aux oppresseurs, on veut les remplacer et les ségréguer. Ça leur apprendra, na !

Alors comment s’y prendre ?

Facile, en trois coups de cuiller à peau :
Première proposition : il faut haïr les racistes. Ce sont les méchants.

Deuxième proposition : tous les blancs sont racistes. Ils sont tous méchants.

Troisième proposition : il faut donc haïr tous les blancs. Et nous serons les gentils.

Devoir de philo :
Grâce au sophisme ci-dessus, montrez qu’il est légitime et moral de haïr une race ou une ethnie.

  1. Thèse : c’est amoral et répréhensible de haïr une race.
  2. Antithèse : c’est répréhensible et amoral de haïr une race.
  3. Synthèse : Sauf s’il s’agit de racistes, et comme les blancs sont ontologiquement racistes, il est moral et louable de les haïr, de les dénoncer, de les inculper, en ne leur donnant jamais la parole. Au contraire, il convient de les discréditer pour ce qu’ils sont, ce qui nous économise de nous intéresser à ce qu’ils disent.

Exercice pratique : créez rapidement votre apartheid et ses kouffaristans 

Définitions :
Kouffaristan : ghetto où il faut enfermer les kouffars en les dotant d’un passeport racial.

Kouffar : non musulman et par extension toute personne que VOUS (les gentils racisé.e.s) désignez comme non-victime du racisme (souvent imaginaire) que VOUS prêtez systématiquement et exclusivement aux faces-de-craie.

Premier exercice, inversion des valeurs.
Commencez par inverser racistes et racisés. Les racistes ne sont pas ceux qui détestent les blancs, mais les blancs eux-mêmes qui sont racistes par essence.

Pour ce faire, enfermez-vous dans des ghettos et interdisez-en l’entrée aux blancs.

bouc émissaire

Deuxième exercice, attirez l’attention sur le bouc émissaire
Le bouc émissaire est toujours indispensable pour focaliser la haine. S’il en existe déjà un, le conserver. Justement, c’est le cas sur la planète Terre, et il donne entièrement satisfaction depuis 2000 ans. On ne change pas une équipe qui trinque avec autant de constance ! Lui attribuer tous les défauts à l’origine de nos souffrances.

Troisième exercice, après samedi vient dimanche.
Une fois que « juif » est devenu une insulte courante, accusez de racisme ceux qui dénoncent cette pratique et interdisez-les de micro, de tribunes et de colonnes.

Puis, passez à l’insulte suivante : « Gaulois » et recommencez la manœuvre.

Trousse à outils

  1. Lexique de novlangue.
    Il faut pouvoir le brandir comme le petit livre rouge de Mao (bon, ça date de plus de 26 ans, vous avez le droit de ne pas savoir qui est Mao).

Cela vous permettra de ne jamais être collé si on vous demande ce que c’est « qu’un-e élève racisé-e » (en syndicat Sud dans le texte) ou si on trouve que « interdit aux blancs » est une démarche raciste. Car « interdit aux blancs », en novlangue, ça se dit : « Atelier en non-mixité raciale ». Aaaaah ! C’est tout de suite plus politiquement correct !

  1. Insulte à dégainer.
    Traitez toujours votre contradicteur de raciste, de fasciste ou de suppôt de l’extrême droite, quel qu’il soit, sur quelque sujet que ce soit et quelle(s) que soi(en)t son ou ses opinion(s).
  2. Conseil pour les débutants.
    Même quand on est bien outillé, il est préférable d’abattre le contradicteur avant qu’il ouvre la bouche. Il existe deux méthodes pour y parvenir : l’intimidation et l’intimidation. La première se pratique dans les médias, la deuxième dans les tribunaux.

Palmarès – la palme d’or (noir) est attribuée à Sud-Éducation 93
Ce syndicat (financé majoritairement, comme tous les syndicats en France, par les contribuables) avait organisé un stage de formation pour les profs, afin de leur offrir des « outils pour déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe » et leur expliquer « Comment enseigner une histoire décoloniale ».

Pour le dire en français et pas en novlangue, il s’agissait d’enseigner aux élèves à haïr la France, coupable de colonialisme et innocente de rien du tout.

Le « stage » devait avoir lieu les 18 et 19 décembre prochains, mais le méchant ministre de l’Éducation nationale (nationale, pouah !), Jean-Michel Blanquer (vous avez remarqué ? Dans Blanquer, il y a « blanc », re-pouah !) l’a interdit. Blan-quer, Ra-ciste !

Hélas, fini le temps où le ministre détournait pudiquement les yeux !
Contrairement au syndicat Sud-Éducation, le ministre ne considère pas la haine des blancs comme morale et louable, mais comme « inconstitutionnelle et inacceptable ». Il a porté plainte quand des associations antiracistes, dont la Licra, ont soulevé le lièvre de la présence, parmi les intervenants, d’antisémites patentés, comme Marwan Muhammad, ancien directeur du CCIF, et Nacira Guénif, sociologue des Indigènes de la République et membre du MAFED, que lesdits indigènes présentent sur leur site comme un « collectif autonome composé exclusivement des femmes subissant le racisme d’État. »

Asterix2Les souteneurs de l’apartheid se dévoilent
La plainte du ministre a provoqué un tollé chez les racistes anti-face-de-craie et leurs supporters. D’autres fédérations du même syndicat (Sud-PTT, Sud-Santé Sociaux), la CGT-Éduc’action et consorts ont sorti leur arsenal solidaire et démontré qu’ils/elles maîtrisaient parfaitement les outils présentés plus haut.

Outil numéro 2, par Sud-PTT(voir ici) :
« …le ministère de l’Éducation Nationale et l’extrême droite relayée par la fachosphère sur les réseaux sociaux s’essaient à calomnier et à traîner dans la boue nos camarades de SUD ÉDUCATION 93. »

« …ces attaques sont l’occasion pour l’extrême droite et autres réactionnaires, d’exprimer un racisme »…

Outil numéro 3, par Féminicités, au sujet du Printemps Républicain (voir ici) :
« Pour bien comprendre un mouvement, il faut commencer par s’intéresser à celles et ceux qui en sont à l’origine. En l’occurrence, l’initiative est portée par Laurent Bouvet … {qui} rejette le concept d’islamophobie, qui représente pourtant aujourd’hui le seul terme à même de nommer et définir les stigmatisations et discriminations spécifiques dont sont victimes les musulman.e.s, réel.le.s ou supposé.e.s. » (en écriture inclusive dans le texte)

Logo Liliane MessikaEt hop, la boucle est bouclée et le nœud coulant bien en place autour des cous blancs. LM♦

* Liliane Messika est écrivain (http://www.lili-ecritures.com/)

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