Cachez ces violences que nous ne saurions voir

Emeutes météo.jpgPar Danielle Khayat*

A quelques heures d’intervalle et quelques kilomètres de distance, l’année 2017 s’est achevée, pour les fonctionnaires de notre Police Nationale, dans le même déchaînement de haine et de violence à visée meurtrière, que le reste de l’année… et de celles qui ont précédé.

A STAINS (93), dans l’après-midi du 31 décembre, deux policiers, arrivés plus rapidement que les Pompiers sur les lieux d’un incendie, sauvent au péril de leur vie – ils ne disposent pas de l’équipement adéquat pour pénétrer au milieu des fumées et des flammes – trois enfants. A leur sortie, les enfants dans les bras, ils sont accueillis par des jets de projectiles divers et seront dégagés, ainsi que les enfants, par des effectifs en renfort et les Pompiers.

A CHAMPIGNY-SUR-MARNE (94), dans la nuit de la même St Sylvestre, deux policiers, appelés pour empêcher une intrusion dans un réveillon privé, sont roués de coups, et l’un d’entre eux, une femme, est victime d’une véritable tentative de lynchage, jetée à terre et battue à coups de pieds et de poings.

Le second de ces tristes événements, porté très rapidement à la connaissance du public parce que, à l’instar des actes barbares des terroristes, il a été filmé à l’aide d’un téléphone et que la vidéo a été mise en ligne et largement partagée, a suscité l’indignation de l’ensemble de la classe politique, Président de la République en tête.

Une unanimité à la fois touchante et rassurante ?

On aimerait tellement répondre par l’affirmative…

… Mais voilà, on ne le peut pas !

On ne le peut pas parce que, durant l’année 2016, pendant la contestation de la loi EL KHOMRI, des Policiers ont failli être transformés en torche en plein Paris, et que ceux des auteurs qui ont été arrêtés ont échappé à la Cour d’assises – les faits, qui étaient criminels, ayant fait l’objet d’une correctionnalisation et, par voie de conséquence, faisant encourir des peines moindres.

ventura_ray_tout_va_tres_bien.jpgOn ne le peut pas parce que, la même année, des Policiers ont été grièvement blessés, en banlieue, alors qu’ils étaient en surveillance devant un carrefour où se déroulaient régulièrement de graves agressions et qui venait d’être ré-équipé de caméras de surveillance, les précédentes ayant été mises hors d’usage par des voyous qui ne craignent plus rien ni personne.

On ne le peut pas parce que ces agressions ne sont que la partie émergée de l’iceberg de la délinquance quotidienne, qui blesse et tue nos concitoyens, Policiers, Gendarmes ou simples particuliers.

On ne le peut pas parce que les paroles de soutien du monde politique n’ont que peu de chances d’être suivies d’effets concrets sur le terrain – le passé récent en atteste.

Les motifs de cette inertie sont multiples, le premier étant la crainte d’un « embrasement des banlieues » selon la formule consacrée.

L’État a-t-il donc décidé de définitivement démissionner face à la meute de voyous toujours plus violents, toujours plus revendicatifs, et toujours plus protégés par les « racialistes » et « indigénistes », les bien-pensants et les politiquement corrects, tous adeptes de la culture de l’excuse aux prétextes ressassés ad nauseam ?

Remontons dans le temps
Les premières émeutes urbaines éclatent dans les années 1980.

Mais les bandes de voyous qui terrorisaient la population, attaquant passants, Pompiers et Policiers, sévissaient déjà.

En 1976-1977, Marseille, qui connaissait ce genre d’agressions y compris en centre-ville, y apporta comme réponse le déploiement de nuit, sur La Canebière, de la Police Militaire en jalonnement avec des chiens. Peut-être est-ce pour cette raison qu’elle échappa aux émeutes qui embrasèrent ensuite les banlieues lyonnaises et parisiennes…

Pour répondre aux cris d’orfraie de ceux que la tranquillité de leurs concitoyens n’obsède pas tant que la défense des délinquants, il est bon de rappeler que le droit à la sécurité est garanti par la Convention des Droits de l’Homme qu’ils brandissent à tort et à travers, et que la loi est faite pour être respectée.

voiture police feu.jpgCour d’Assises pour un Policier !
Au nombre des Policiers victimes des violences urbaines, un nom restera à jamais gravé dans les mémoires, celui de Marie-Christine BAILET, jeune femme policier qui, une nuit d’émeutes, fut délibérément écrasée à Mantes-La Jolie.

Son collègue, parce qu’il avait fait feu sur le véhicule, se retrouva poursuivi devant la Cour d’assises ! Oui, en dépit d’un réquisitoire et d’une ordonnance de non-lieu, il dut répondre de son acte devant la Cour d’assises de VERSAILLES. Il fut acquitté, mais son calvaire fut long. A l’extérieur, dans la rue, des manifestations hostiles se déroulèrent, déchaînement de haine et d’indécence.

Entre l’assassinat de Marie-Christine BAILET et le jugement de son collègue, les violences urbaines n’ont pas cessé.

La nuit des « tueurs de keufs »
Une nuit dite « tueurs de keufs », comme elle avait été appelée par ses organisateurs, faillit voir la mort de Policiers à SARTROUVILLE courant 1999. Alors qu’ils sont en sécurisation à cause d’échauffourées qui se produisent Cité des Indes, un puissant véhicule leur fonce dessus. Deux Policiers de la C.D.I. (Compagnie d’Intervention) tirent en direction des pneus de la voiture et parviennent à l’immobiliser.

Et ce sont eux qui ont bien failli se retrouver en garde à vue et poursuivis…

Lors de l’audience de jugement du conducteur et de son passager, il fut porté à la connaissance du Tribunal qu’ils avaient reçu la visite de proches durant leur garde à vue, en violation des textes du Code de procédure pénale puisque le Parquet n’avait pas autorisé pareille faveur.

Ne pas énerver la « cité » était déjà une obsession, propre à faire transgresser les règles légales par certains qui devaient les servir sans faillir.

Les auteurs furent condamnés et le véhicule ayant servi à commettre leur méfait fut confisqué.

Mais cette affaire est emblématique de la difficulté des conditions d’exercice de leur métier par les Policiers, de la haine gratuite dont ils sont victimes, de leur solitude.

Elle illustre également une réalité souvent méconnue : la peur des voyous sous couvert de peur de « débordements » anime parfois ceux-là mêmes qui devraient être intraitables avec eux et soutenir leurs subordonnés exposés en première ligne.

Si l’avancement des hiérarques de la Police était fonction de l’efficacité de leur travail plutôt que de la faiblesse des chiffres de la délinquance urbaine dans leur ressort – en mettant, au besoin, sous le tapis les violences et agressions – les choses iraient sans doute différemment.

L’affirmation de l’autorité de la loi doit être sans faiblesse…
… Et aucune zone ne doit rester en dehors des lois de la République.

Culture de l’excuse, culture du déni
Il est inadmissible que la Police n’entre pas dans des cités parce que tels sont les ordres quelquefois donnés localement !

Oui, on peut lutter contre la délinquance urbaine, les trafics, les incendies de voitures, les attaques contre les Policiers ou les Gendarmes.

Oui, on doit combattre le ronronnement des habitudes et la culture de l’excuse qui se sont installés dans les Palais de Justice et dont le résultat désastreux se mesure à l’aune de l’explosion de la délinquance.

Car la culture du déni est plus que jamais à l’œuvre…

3 singes.jpg
Les « politiques »

A la recherche d’une hypothétique paix sociale
Le monde politique a cru acheter la paix sociale en fermant les yeux sur la délinquance gangrenant les quartiers à coups de trafics en tous genres et, tacitement au moins, il a encouragé la hiérarchie policière et le monde judiciaire à faire preuve d’un laxisme confinant à l’aveuglement quand il est apparu, vers la fin des années 1990, que les cités de non-droit devenaient le terreau du djihadisme en direction de l’Afghanistan et de la Bosnie.

Les injures et graffitis haineux contre la France et la Police, qui se sont multipliés depuis les années 1990, portaient déjà en eux les germes de la radicalisation islamiste des banlieues.

Tous les clignotants étaient « au rouge », mais on a préféré devenir daltonien.

Imams « piliers de la République »
Se souvient-on que, lors des émeutes initiées à CLICHY SOUS BOIS en 2005, ce sont des imams qui, ayant appelé leurs ouailles au calme après des jours et des nuits de violences, ont été félicités pour leur action, alors qu’ils montraient ainsi qu’ils tenaient des quartiers entiers et pourraient, quand bon leur semblerait, mettre à nouveau le feu aux poudres ?

Un sociologue célèbre déplora, au cours d’une soutenance de thèse, que l’on pût ainsi présenter des imams comme des « piliers de la République ». Quelques années plus tard, le même souhaitait, sur une antenne radiophonique, que l’on rétablisse le délit de blasphème – aboli par La Révolution française – pour éviter de blesser les Musulmans : les attentats contre le journal « Charlie Hebdo » devenaient ainsi la réponse à une attaque insupportable contre des croyants, et ils étaient légitimés…

france charlie.jpg« Vivre ensemble » synonyme du « laisser faire »
De dérobade en recul, politiques, médias, sociologues, intellectuels auto-proclamés ont progressivement mais inlassablement livré le pays au pire au nom d’un prétendu « vivre ensemble » qui n’est que la piètre couverture de la promotion du « laisser faire » des délinquants sombrant dans la lutte armée et sanglante contre la France, ses habitants, sa culture, son mode de vie, en un mot son âme. Et ils ont été massivement suivis par la démission et le laxisme prônés tacitement voire explicitement par les ministères régaliens en charge du respect de la Loi et de l’ordre républicain.

En septembre 2016, un rapport de l’Institut Montaigne indiquait que 28 % de la population musulmane française, essentiellement des personnes jeunes vivant dans les banlieues des grandes villes, considèrent la loi religieuse, la Charia, comme supérieure à la loi républicaine (voir pages 27-28) !

Quelles conclusions en ont-elles été tirées… ?
Une fois encore, on entend nos responsables politiques appeler à l’arrestation et au jugement sans faiblesse des auteurs de violences contre des Policiers.

Et demain, quand viendra le jour de ce jugement, quel sera-t-il ?

Puissent les politiques qui nous gouvernent se souvenir que les paroles qui ne sont pas suivies d’effets réels, concrets, effectifs, ne font qu’accroître d’un côté la détermination de ceux qui veulent en découdre avec la République et remplacer ses lois par la Charia, et de l’autre l’amertume et le ressentiment de nos concitoyens, de nos Policiers, de nos Gendarmes.

Entre un « embrasement des banlieues » fantasmé car la République a les moyens de maintenir et ramener l’ordre, et une menace autrement plus lourde parce que couvant sous les braises de la colère accumulée depuis trop longtemps, le politiques doivent choisir. Vite.

justiceLe moment approche dangereusement où il sera trop tard. Les tragiques événements du 31 décembre 2017 en attestent. DK♦

* Magistrat à la retraite

Publicités

Un commentaire

  1. Un tableau récapitulatif qui reveille !
    Car une actialite poussant l autre, on fini par s habituer, laisser, renoncer, oublier.
    Merci pour cet article, qui rappelle les faits, les negligeances, les fautes et les conséquences dramatiques et inacceptables du laisser aller de nos dirigeants.

    J'aime

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s