« Antisionisme d’hier et d’aujourd’hui » de Denis Charbit

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Conseil national de
l’Amitié Judéo-Chrétienne de France (AJCF)
7 janvier 2018

Intervention de Denis Charbit, Maître de conférences en sciences politiques à l’Open University de Tel Aviv

« Antisionisme d’hier et d’aujourd’hui » :
analyse et discernement

Par Pascal Clicquot de Mentque*

Cette deuxième session du Conseil National sur le sionisme et plus particulièrement l’antisionisme a permis d’approfondir le débat au sein de l’Amitié Judéo-Chrétienne de France, grâce à la perspective historique, politique, juridique et sociale qu’a pu apporter Denis Charbit.

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« Strict respect du Droit international »
Celui-ci venait de publier une tribune, le 13 décembre dernier, dans Le Figaro, prenant position en faveur du respect strict du droit international. La dernière décision de D. Trump de transférer son ambassade à Jérusalem, sans distinction explicite entre la partie Ouest, conquise en 1948 et la partie Est, occupée depuis 1967, apportait selon lui plus de confusion que de perspective d’avancée dans le règlement du conflit israélo-palestinien et le recul de l’antisionisme.

Il est bon de rappeler que l’antisionisme fut d’abord interne au peuple juif, jusqu’à la deuxième moitié du 19ème siècle, que ce soit par l’opposition des autorités rabbiniques à tout retour à la Terre qui ne serait pas dû à l’action miséricordieuse de D.ieu, mais aussi celle des juifs sécularisés qui ne souhaitaient pas laisser penser, dans leur pays de naissance ou d’adoption, qu’ils avaient deux patries, ou encore des révolutionnaires socialistes qui y ont vu une manifestation de l’impérialisme capitaliste (thèse rémanente qui inspire sans doute encore certains soutiens à la cause palestinienne).

Ces formes d’antisionismes ont ouvert, même verbalement et pacifiquement, la possibilité d’exprimer la volonté de non-existence, voire de destruction d’un État nouvellement créé, largement repris et déformé depuis. La Shoah, la création de l’Etat d’Israël et la nécessité d’accueil de tous les juifs de la terre, pour offrir un abri à ceux qui sont persécutés, ont toutefois mis fin à cet antisionisme intérieur, renforçant la cohésion du peuple juif contemporain, face à l’adversité et à l’hostilité renaissantes.

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Assimilé dès la déclaration Balfour (1917) à une décision coloniale occidentale, le projet sioniste, dans sa phase de mise en œuvre, a donc surtout nourri l’antisionisme arabe, reposant d’abord sur la contestation de l’occupation progressive du territoire d’où sont partis les arabes de Palestine, au fur et à mesure de l’arrivée des juifs, alors soutenus par les institutions internationales avec la reconnaissance de l’État d’Israël en 1948.

Face aux ambiguïtés des décisions internationales, les conflits armés, devenus inéluctables, ont conduit à une situation où la reconnaissance initiale du droit légitime sur le territoire a peu à peu laissé la place aux revendications visant jusqu’à exterminer tout Israël, nourrissant un antisionisme attisé par l’antisémitisme sous-jacent. En effet, les frontières ayant été bousculées par les conquêtes de 1948 (légitime en droit international, Israël les ayant gagnées en riposte à une agression) puis de 1967 (illégitime du fait de la première attaque par Israël, même si c’était pour prévenir une agression imminente des états arabes conduits par l’Égypte), s’est créée une dynamique d’occupation israélienne des territoires de Cisjordanie, devenant toutefois juridiquement contestable.

Reconnaissance du droit des arabes de Palestine
Ainsi Denis Charbit insiste-t-il sur le risque, par un malsain détournement politique et médiatique de faits d’autorité dépassant objectivement les règles du droit international, de contribuer par l’excès d’occupation au procès contre l’existence même d’Israël, se nourrissant de l’antisionisme quasi-universel.

Il insiste sur la nécessité de reconnaitre le droit des arabes de Palestine à reconstituer un territoire homogène, mais dans une voie diplomatique qui ne peut s’appuyer que sur la reconnaissance préalable et irréductible du droit d’existence de l’État d’Israël, ce qui suppose justement la fin de l’antisionisme. PC-M♦

* Président de l’AJC Saint-Germain en Laye (78)

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