Les ZAD-istes ont des (Z’)ego Anormalement Démesurés 

enfant non

Par Liliane Messika

Les zadistes ont gagné, l’aéroport de Notre-Dame des Landes ne verra pas le jour.

On a des réponses, qui a les bonnes questions ?
L’aéroport avait-il lieu d’être ? Là n’est pas la question, d’ailleurs elle avait été posée. Et la réponse avait été positive. Une autre question tout aussi pertinente turlupine aujourd’hui les Nantais : à qui revenait la décision, si ce n’est à ceux que désigne la loi ? Silence radio. Une réponse disponible est celle à une question que personne ne veut prononcer : « qui a effectivement décidé ? ». Réponse : c’est une minorité bruyante.

Autre question fondamentale restée obstinément sans réponse : « était-il démocratique d’annuler un ouvrage d’utilité publique ? »

À qui sont utiles les ouvrages d’utilité publique ?
Pour une fois, on n’a pas inventé de périphrase obscure et le terme dit bien ce qu’il veut dire. Un ouvrage d’utilité publique est une construction financée par l’État pour bénéficier aux citoyens.

Avant de décider de se lancer dans des grands travaux, au sens premier du terme, l’État commence, des décades en amont, par mener une enquête d’utilité publique.

Celle qui portait sur l’aéroport Notre-Dame des Landes a donc recueilli l’avis de toutes les personnes intéressées et a été appuyée sur une étude d’impact.

Si les pouvoirs publics ont prononcé la déclaration d’utilité publique, sous la forme d’un décret du Conseil d’État, c’est que cet aéroport permettrait de désenclaver Nantes, la sixième ville de France.

L’utilité publique se heurte aux intérêts particuliers…
Toutes les parties prenantes ont eu l’occasion, lors de l’enquête, de formuler des contestations, des objections ou des réclamations. C’est le cas pour toutes ces opérations préliminaires à des travaux d’intérêt général, pendant lesquelles des propriétaires que l’opération obligera à être expropriés en contestent souvent la légitimité.

En l’espèce, entre le lancement de l’enquête, en novembre 2010, et la construction de l’ouvrage, qui devait intervenir ces jours-ci, tous avaient été entendus et indemnisés ou déboutés.

… Mais pas seulement !
Interviennent aussi des associations qui se prétendent d’un intérêt général – souvent centré sur l’écologisme[1] –, mais qui n’ont comme intérêt véritable que celui de leurs adhérents à se sentir exister.

Est-ce à dire que les Khmers verts n’ont pas réussi à passer le cap du « NON des trois ans » ? Ce n’est pas impossible.

notre-dame-des-landes-Nantes

De 18 mois à trois ans, l’enfant bâtit sa personnalité en se confrontant à son entourage. Cette confrontation ne devient opposition qu’au moment où le bambin réalise qu’il n’est pas le centre du monde. Cela se traduit par des crises d’opposition, qui sont aussi une recherche des limites. La réponse des parents à ces crises doit lui permettre de comprendre que la société ne fonctionne pas comme il le veut et le décide.

C’est douloureux pour l’enfant, cela entraîne des frustrations faites de colère et de tristesse mêlées, qui s’expriment souvent par de l’agressivité.

C’est douloureux aussi pour les parents qui sont obligés de scander la loi. Sauf que tous ne savent pas ou ne veulent pas.

Certains qui ont connu, à l’adolescence, la joie de chanter qu’il est interdit d’interdire, ne se résolvent pas à la nécessité d’enseigner règles et limites à leur progéniture.

Cela interdit aux enfants l’accès à deux concepts fondamentaux pour le « vivre ensemble ». En offrant aux petits la sécurité d’un cadre connu et prévisible, donc moins frustrant, ces règles et ces limites ouvrent la voie à la prise en compte de l’autre, voire à l’empathie qui permettra, plus tard, de se mettre à sa place.

Indépendance et respect, les deux mamelles de la non-violence
« Le respect de nous-mêmes est la règle de notre moralité. Le respect de nos semblables, celle de notre conduite envers eux », résumait Goethe, à une époque où une armée de mots en « isme » ne rabotait pas encore la pensée.

Quand on n’a pas appris à se respecter parce qu’on est encore la proie de ses frustrations, on trouve des stratégies pour évacuer sa rage. Si ces stratégies permettent, en plus, d’apparaître sous les traits d’un bienfaiteur de l’humanité (ou d’une bienfaitrice : la frustration n’est pas genrée !) c’est tout bénéfice.

Les frustrations infantiles non résolues engendrent une agressivité dont l’auteur ne sait pas reconnaître l’origine et dont seule la violence le calme.

Sur ce terreau se créent certaines associations, microsociétés plus ou moins sectaires, qui s’articulent autour d’un prétexte devenu raison d’être : les sacs en plastique, les bébés phoques ou les ZAD, zones à défendre (de préférence violemment) contre tous et n’importe qui, du moment qu’ils ne sont pas d’accord avec nous.

Charité bien ordonnée ferait mieux de commencer par ceux qui en ont besoin
Ce ne sont pourtant pas les causes qui manquent et l’auteur de cet article pourrait citer des quantités de bénévoles qui suscitent son admiration en donnant leur temps et leurs compétences au transport de handicapés, à la scolarisation d’analphabètes ou à l’accompagnement de malades en fin de vie.

Mais il est plus facile de laisser s’exprimer ses frustrations CONTRE que POUR.

Aussi les associations visées ici se caractérisent-elles non pas par la parole de leurs statuts, mais par leurs véritables buts, facilement identifiables en fonction des actions de leurs membres.

On n’a pas besoin d’aimer son prochain pour haïr l’adversaire d’icelui
Un des exemples les plus criants est celui de la multitude d’associations pro-palestiniennes, qui tonnent à la première menace d’Israël contre des terroristes, mais se taisent lorsque des pays frères exterminent leurs protégés par centaines.

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Ainsi, depuis 2013 en Jordanie, les réfugiés palestiniens arrivant de Syrie sont emprisonnés dans des camps spéciaux (pas ceux où sont placés les autres réfugiés). Ils en sont régulièrement expulsés vers leur pays d’origine (la Syrie, pas la Palestine mandataire). On attend encore que les manifestants de leurs associations de défense remplacent leurs banderoles « Mort aux Juifs » par un autre texte…

Les associations de défense des Palestiniens s’époumonent exclusivement contre Israël sur le slogan « Gaza prison à ciel ouvert », alors que depuis 2013, l’Égypte a fermé les passages entre son territoire et la Bande de Gaza, sans encourir la moindre critique.

Pourtant, Gaza était égyptienne avant que les Israéliens n’y pénètrent et Le Caire a refusé la restitution de ce territoire dans l’accord de paix avec l’État hébreu en 1979.

L’insistance des Israéliens à vouloir le rendre à l’Égypte a failli faire capoter les négociations.

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Les « défenseurs des Palestiniens » ont aussi subi une manifestation les enjoignant d’aller porter leur aide ailleurs lorsque le BDS a réussi à faire fermer l’usine israélienne SodaStream en Cisjordanie. L’usine fournissait aux Palestiniens du travail à des salaires égaux à ceux des ouvriers israéliens, c’est-à-dire vingt fois supérieurs à la moyenne palestinienne.

Près de 9 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté
Des milliers de militants pro-palestiniens défilent régulièrement pour sauver l’ensemble des Palestiniens (5,3 millions), tous moyens confondus, alors que le revenu moyen par individu chez eux est de 2867 dollars[2]. Ces activistes ne sont manifestement pas motivés par les 8,9 millions de Français qui vivent sous le seuil de pauvreté.

C’est curieux, car l’immense majorité du revenu palestinien provient déjà de la charité internationale, notamment française, alors que nos compatriotes auraient bien besoin d’un supplément.

Mais les activistes préfèrent envoyer un supplément d’armes pour tuer des Israéliens plutôt qu’un supplément d’âme pour soutenir leurs voisins défavorisés…

Mettre la main à la pâte pour le logement, à condition qu’il soit lointain
De la même façon qu’ils ne ressentent le besoin d’exercer leur bienveillance que vis-à-vis de « pauvres » qui vivent à des milliers de kilomètres de chez eux, certains se déplacent à leurs frais pour militer activement à Ramallah (pas à Gaza, car les étrangers y sont l’objet de noirs soupçons de la part du Hamas et ils n’ont aucune possibilité de « se détendre » sur place).

Mais même en Cisjordanie, on ne sait comment ils dépensent leur énergie, car l’Autorité Palestinienne salarie déjà des milliers de Palestiniens, sur lesquels elle a ainsi l’influence d’un employeur quasi monopolistique. Alors autant les employer !

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De plus, depuis la création de l’UNRWA en 1948, la politique de cette agence de l’ONU dédiée aux seuls réfugiés palestiniens vise à ce que ses protégés demeurent à jamais des réfugiés, dans des conditions de vie suscitant la pitié et l’indignation du reste du monde.

Si les militants français n’ont d’autre objectif que de se dévouer à des déshérités, ils emploieraient mieux leurs forces à améliorer l’habitat des 4 millions de nos compatriotes qui vivent dans des conditions insalubres.

Mais peut-être, en effet, leur objectif est CONTRE et non POUR !

On n’est pas pour les Palestiniens, Nantes ou Sivens, on est contre un ennemi nécessaire
L’aéroport de Notre-Dame des Landes aurait boosté l’économie de la métropole nantaise qui souffre d’un enclavement aérien. Il aurait permis aux voyageurs de s’y rendre sans endurer les embouteillages monstrueux qui empêchent l’accès à l’aéroport actuel. Il aurait aussi pallié la dramatique absence de parkings autour de l’aérodrome existant.

Mais qu’importe les Nantais et leur bien-être ! Ce qui compte, c’est d’être contre !

De la même façon, dans le sud-ouest, le barrage de Sivens, entre Gaillac et Montauban, était réclamé par les agriculteurs locaux. Ce sont quelques dizaines d’écologistes venus d’ailleurs qui ont obtenu, par la violence, l’annulation de sa construction. Les agriculteurs n’auront qu’à émigrer, ce n’est pas eux que les zadistes défendaient, c’était leur ego.

Heu-reu-se-ment qu’il y a la lutte !
Maintenant qu’ils ont gagné, que vont devenir les zadistes ? Pour eux, la lutte n’est pas un moyen mais une fin, ou plutôt une FAIM.

La victoire n’apporte aucune satiété, bien au contraire. S’ils ne trouvent pas une autre population à définir comme victime, ils risquent de se suicider.

On ne le regretterait pas vraiment, mais cela n’arrivera pas : il restera toujours le prétexte des Palestiniens pour lutter contre le croquemitaine sioniste.

On peut quand même en rire avec talent
Un film hilarant, dont l’action se situe dans une ZAD, avec des personnages archétypaux, est passé complètement inaperçu il y a quelques mois.

Comme on dit dans le métier, « il n’a pas rencontré son public ». L’expression ne pourrait être plus justement employée.

« Problemos » a été réalisé par Eric Judor, la moitié d’Eric et Ramzy, dont l’humour habituel ne se situe pas dans la gamme la plus raffinée. La majorité de leurs spectateurs tient les zadistes en haute estime. C’est dire si cette critique désopilante des idéologues caviar a dû leur déplaire. Le film s’est joué à guichets ouverts, mais devant des salles vides, les adeptes des comédies où l’on rit à gorge déployée sans avoir la bouche pleine ne s’étant pas déplacés.

Pourtant, c’est fin, c’est finement observé, c’est remarquablement bien joué : on s’y croirait. D’ailleurs on se demande si les répliques les plus drôles n’ont pas été authentiquement prononcées.

« Jouissif » dans la même phrase que « zadistes » peut sembler un oxymore, mais c’est ce qui vient à l’esprit quand c’est disséqué par la caméra de Judor.

Logo Liliane Messika

Téléchargez-le, vous ne serez pas déçu ! LM♦

[1] L’écologisme est à l’environnement ce que le terrorisme est à l’islam.
[2] https://www.populationdata.net/palmares/pib/pib-par-habitant/#Palestine

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Un commentaire

  1. J’aime beaucoup votre blog. Un plaisir de venir flâner sur vos pages. Une belle découverte. blog très intéressant. Je reviendrai. N’hésitez pas à visiter mon univers. Au plaisir

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