Anyuka, un autre chant de la terre

Anyuka couv 1x1.jpgAnyuka, un autre chant de la terre
de Joseh Kain

Par Eva Naccache

Méfiez-vous du roman « Anyuka ». L’auteur Monsieur Joseph Kain est un individu dangereux. Vous attaquez le premier chapitre et vous êtes vaincu. Impossible de vous détacher de l’histoire. Ce n’est pas un livre à suspense… et pourtant, comme des poupées russes, les événements s’entremêlent. Nous entrons dans le sujet, nous faisons partie de l’histoire et nous voulons connaître la suite !

Margit, professeur de français à Brezvar en Hongrie, assiste à la rafle des juifs. Elle réussit à sauver les jumeaux Eva et Tibor âgés de cinq ans. Aidée par ses parents, elle garde ces enfants pendant toute la guerre. Les contraintes sont nombreuses : parler à voix basse, ne jamais s’approcher d’une fenêtre, entendre les autres enfants jouer dans les jardins voisins sans pouvoir sortir. En même temps qu’un cursus scolaire, les petits reçoivent amour et distractions. Chaleureuse et affectueuse atmosphère dans une situation « mortellement » dangereuse. Chacun vit cela avec simplicité sans se sentir un héros. On doit le faire sans état d’âme.

Nous vivons l’époque nazie, non pas dans un journal mais de l’intérieur d’une famille généreuse et altruiste ; les événements sont proches, inquiétants, quotidiens ; ils nous accrochent. Ces jumeaux seront-ils sauvés ?

Anyuka 4e couv.jpgAnyuka, en hongrois veut dire maman chérie. Quand les enfants grandissent, c’est le nom tendre donné à Margit. Nous découvrons toute l’histoire politique de la Hongrie comme la perçoit cette famille ; un peu de l’extérieur, subissant les contraintes, essayant de survivre avec dignité dans l’ambiance environnante. Mouvements de foule, mauvaise foi du régime communiste et persecution de celle qui a refusé d’épouser le frère du grand manitou de Brezvar. Il y a aussi une histoire d’amour et de fidélité. C’est un livre complexe mais très documenté.

Les enfants restent la priorité… Ils sont sauvés des nazis, mais leur dossier est marqué au fer rouge par l’amoureux éconduit ; ils sont refusés dans les universités choisies, ils persévèrent. Leur rêve : la France, pour vivre « heureux comme un juif en France ». Que de péripéties….. Obtenir un passeport, passer les frontières : lors des contrôles nous sommes avec eux face à la police politique…ouf ! Le train redémarre. En France nous vivons l’accueil des « rescapés » là encore de l’intérieur, nous partageons les difficultés d’installation et l’éblouissement de la découverte de Paris.

A partir de là tout va mieux mais nous sommes désolés ! Le livre n’a plus que quelques pages ; la saga va se terminer. L’arbre a donné ses fruits. Israël a reconnu les Justes. Margrit-Anyuka souhaite voir honorer ses parents : discrétion, tact tout le texte met en valeur un grand sens éthique

Par son écriture simple, son vocabulaire riche l’auteur disparaît avec modestie derrière le texte. Il nous a fait vivre avec des gens « bien » ; ils font leur devoir avec naturel, sans penser qu’ils sont des héros, des personnages rares, ils ne sont pas inconscients du danger mais ils ne sauraient pas se comporter autrement.

Eva NaccacheMerci à tous ceux qui ont agi de la même manière pendant les années noires et merci à Monsieur Kain de nous remettre dans cette ambiance avec cette promesse d’espoir. EN♦

En vente chez:
Fnac, Amazon

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4 commentaires

  1. Merci, Madame Naccache pour votre belle chronique (qu’en raison d’une défaillance de messagerie je n’ai découvert qu’avec un grand retard). En analysant le livre, vous avez sans doute repéré ce qui distingue la fiction du vécu, mais aussi mes sensibilités romantiques et musicales… En ces temps si inquiétants, j’ai voulu que ce récit romanesque soit en fait un véritable témoignage pour constituer une piqûre de rappel opportune : les hoquets de l’histoire sont malheureusement si fréquents…
    Encore un grand merci d’avoir par votre présentation donné envie à lire le roman.

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  2. Mettre à notre portée l’histoire des « JUSTES » c’est ce qui se nomme le « DEVOIR DE MEMOIRE », je vais lire cette histoire qui me ramène à celle qu’ont vécu autour de moi des membres familiaux.

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