Vous bombardiez ? j’en suis fort aise, eh bien dansez maintenant !

Quatre-heures a Chatila Genet.jpgPar Liliane Messika

Jean Genet, écrivain français qui aimait les petits garçons d’un amour impaternel, a connu un regain de gloire en 1982, quand les miliciens chrétiens libanais ont voulu venger l’assassinat des leurs en massacrant des réfugiés palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila.

L’écrivain septuagénaire faisait alors du tourisme sexuel à Beyrouth, aussi fut-il rapidement sur les lieux. Il suivit une route sur laquelle les Israéliens, alors présents au Liban, avaient posé des panneaux indicateurs. La langue honnie des Juifs lui causa, expliqua-t-il :

« la même souffrance que lorsqu’on pouvait voir des caractères gothiques à Paris durant l’Occupation. »

Au passage, on peut s’interroger sur la nature de cette souffrance de celui qui a aussi aimé les miliciens et admiré la virilité des jeunes soldats allemands, au point d’écrire :

« J’aime les miliciens. (…) j’eus, pendant trois ans, le bonheur délicat de voir la France terrorisée par des gosses de seize à vingt ans. (Source) »

Peu importe l’ivresse d’un écrivain, ce qui compte, c’est le flacon de caution littéraire qu’il offrit aux Palestiniens, innocents par essence, contre les Juifs, dans la haine desquels Genet communiait avec délectation (tiens, comme les Allemands, au fait, quelle coïncidence !)

« Grâce » à Jean Genet… et à l’ensemble des médias francophones, l’antisémitisme, rhabillé en antisionisme, connut des sommets oubliés depuis la fin de la seconde guerre mondiale et les véritables coupables des meurtres de Sabra et Chatila disparurent de la mémoire collective française.

En revanche, ce qui n’a pas disparu, mais a crû et s’est multiplié aujourd’hui, c’est la haine des Juifs, avec son corollaire, l’amour inconditionnel des Palestiniens…

Cet amour n’est inconditionnel que lorsque les seconds sont critiqués, jugés, emprisonnés, présumés blessés, blessés, présumés tués ou tués par les premiers.

Le reste du temps, quand leurs malheurs proviennent de leurs propres dirigeants ou de leurs frères arabes, ils vivent leur vie et ils meurent leur mort dans l’indifférence générale.

« Je refuse de voir »
Pourtant, depuis 1982 et le massacre des Palestiniens par les Phalanges chrétiennes, beaucoup d’eau a passé sous les ponts, et beaucoup de sang a coulé. Du sang juif, souvent, que les médias français ne veulent pas voir, ou dont ils « comprennent » et donc excusent les coupables, quand ils n’ont pas pu détourner les yeux assez vite.

Partant du principe que « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement », ceux qui refusent de voir peuvent difficilement retranscrire la réalité.

En revanche, ils n’ont pas de difficulté à transmettre leur vision, souvent onirique, d’un conflit conçu, couvé, nourri et entretenu depuis sept décennies au profit de monarchies pétrolières et au détriment des Juifs, mais les Juifs on s’en fout, alors que quand on n’a pas de pétrole, on souffre.

Les raisons de la colère et les bonbons de la mort
Cela fait donc 70 ans qu’on entretient les Palestiniens dans le fantasme d’un retour dans la maison qui a vu naitre un de leurs aïeux et qu’on les nourrit de haine des Juifs dans les manuels scolaires et les émissions TV pour enfants.

2 Manuel palestinien sciences nat.jpg
Manuel palestinien de sciences naturelles (Source : Times of Israel)
3 dignité palestinienne.jpg
« Dignité » par la télévision palestinienne rediffusée par MEMRI qui a fourni les sous-titres

Il n’est pas étonnant que les meilleurs élèves aspirent au martyre et que les autres se réjouissent quand les méchants Juifs subissent des malheurs, en particulier des assassinats.

Les assassins sont victimes et les victimes sont coupables
C’est ainsi que le 3 décembre 2011, quand un terroriste s’est introduit dans le kibboutz Itamar et a assassiné toute une famille, dont un bébé et deux autres enfants, « Les habitants Rafah, dans

4 victimes Itamar
Les victimes de l’attentat d’Itamar (en français : « les colons »)

la Bande de Gaza, ont célébré l’attaque terroriste (…) et distribué des bonbons », a publié le journal en ligne Ynet.

Si ce média est largement lu par les Juifs francophones, d’Israël et d’ailleurs, en France, on a peu entendu parler de l’attentat et on n’a vu aucune image, ni des victimes (ne surtout pas les humaniser !) ni des festivités à Gaza (ne surtout montrer les Palestiniens que quand ils souffrent ou sont en deuil).

5 Joie palestinienne
Fierté d’une mère pour son « héros  » de fils

Cette image-ci, par exemple, où l’on voit une mère se féliciter de l’acte héroïque de son fils, avec, en médaillon la photo de l’ennemi dont le héros a réussi à débarrasser la planète, ne paraîtra jamais dans un média mainstream français :

Une des plus jolies traditions de l’hospitalité arabe, qui n’est pas limitée aux Palestiniens, est de distribuer des friandises quand survient un événement heureux : naissance, mariage ou mort d’un ennemi, a fortiori quand c’est un héros local qui l’a vaincu par les armes.

Ce dernier événement lui, n’est pas limité aux ennemis tués en Israël.

Le 11 septembre, dans les Territoires palestiniens (à l’époque, l’Autorité palestinienne régnait aussi bien en Cisjordanie qu’à Gaza), on a distribué beaucoup de gâteaux au miel :

Ces scènes, CNN y a assisté, CNN les a filmées, CNN en a diffusé les images.

En France, ceux qui avaient CNN sur la télévision par câble les ont vues, ces images.

Il y a gros à parier que toutes les rédactions de tous les médias français sont dans ce cas. Et puis, il y avait des envoyés permanents français sur place, qui n’ont pas manqué d’envoyer leur reportages.

Ils ont certainement été jugés inintéressants (en français : « politiquement incorrects »), puisqu’ils sont passés à la trappe. Quant aux images de CNN, elles n’ont pas été retransmises non plus, of course !

Ce qu’on a diffusé, à leur place, ce sont des micros-trottoirs reflétant la peur des musulmans français de se voir devenir victimes d’islamophobie.

Rassurons-nous, les médias français avaient (et ont toujours) plutôt tendance à souffrir d’islamophilie sévère.

Cela dit, à l’époque où ils transmettaient unanimement cette crainte pour les musulmans d’outre-Atlantique, pas un seul incident islamophobe n’a été à regretter à la suite de la mort de 3000 newyorkais innocents (enfin presque tous innocents, cher Monsieur Raymond Barre, car la proportion de Juifs parmi eux était représentative de la moyenne démographique locale…)

Donald Trump communique trop, donc mal
Un an avant son élection, en décembre 2015, donc, le 45ème Président des États-Unis avait twitté que des milliers de musulmans s’étaient réjouis de l’attaque du 11 septembre contre les Twin Towers.

Aussitôt, le tout-média avait protesté contre ce « mensonge » (qu’on n’appelait pas encore fake news), interviewant le nec plus ultra des politiciens politiquement corrects à décharge.

On n’a pas interviewé le policier en poste à Journal Square, ni les habitants du quartier qui, eux, ont déclaré avoir vu des PETITS groupes (des dizaines de gens, pas des milliers) en train de célébrer joyeusement l’événement avant de se disperser ou d’être dispersés par la police.

On n’a pas non plus diffusé les interviews de Ron Knight et de Peter Gallagher, capitaine de police aujourd’hui à la retraite.

Le premier est un civil qui habite avenue Tonnele. Il dit s’être frayé un chemin, ce matin-là sur Kennedy Boulevard, à travers un groupe de 15 à 20 personnes en train de danser aux cris d’Allahu Akbar.

Le second a dispersé un autre groupe d’une vingtaine de personnes, qui faisait la fête sur le toit d’un immeuble de la même avenue Tonnele, lequel offrait une vue imprenable sur Manhattan : « Des hommes dansaient, d’autres portaient leurs enfants sur leurs épaules (…) Les femmes lançaient des youyous stridents. On leur a dit de retourner dans leurs appartements car des non-musulmans se rassemblaient sur le trottoir et nous craignions pour leur sécurité. » (Source).

Après tout, les médias sont bien libres de choisir leurs sujets et leurs témoins ! Cela s’appelle la liberté de la presse.

8 bonbons 11 septembreLa presse palestinienne n’a pas les pudeurs de l’AFP
Elle diffuse sans se gêner ce qui plaît à son public, surtout les explosions… de joie unanimes qui, aux quatre coins des Territoires palestiniens, célèbrent les attentats contre des Juifs en général, des Israéliens en particulier ou des Américains par extension. Les bonnes nouvelles sont trop rares pour qu’on les boude !

Les médias occidentaux n’en parlent pas, ils ne doivent pas être au courant, tout occupés qu’ils sont à courir après des scoops incriminant des Israéliens.

Dans nos contrées, personne ne s’étonne de cette auto-censure, on a l’habitude.

Iran Trump.jpgCeux qui ont fui les dictatures islamistes, n’ont pas notre fatalisme
Le Professeur Majid Rafizadeh[1], par exemple, qui a fui l’Iran et qui est maintenant chercheur à Harvard, politologue, président du Conseil international américain sur le Moyen-Orient et l’auteur de plusieurs livres sur l’islam et la politique étrangère américaine, s’étonne, lui, de notre passivité.

Il déclare être régulièrement sidéré, depuis qu’il vit en Occident, par la manie de « certaines personnes – en particulier de nombreux médias – (qui) tentent de banaliser les slogans que scandent les islamistes radicaux, en particulier les ‘’A mort l’Amérique’’, ‘’A mort Israël’’ et ‘’A mort l’Angleterre’’. Même les autorités ont tendance à réduire ces explosions de haine, qui sont de réelles menaces, à de simples plaisanteries. »

En Europe, on a l’habitude de croire les communistes quand ils mentent, rappelez-vous Staline et le « bilan globalement positif du communisme » de Georges Marchais, mais de refuser de croire les fascistes quand ils disent la vérité. Aujourd’hui, l’auto-proclamée intelligentsia se conduit vis-à-vis de l’islamo-fascisme comme elle l’a fait à la lecture de Mein Kampf, il y a près d’un siècle.

La même « intelligentsia » monopolise ses neurones pour oublier le plus vite et le plus profondément possible les « Plus jamais ça » qu’elle a déclamés pendant les trois ou quatre décennies qui ont suivi la Libération.

Les idiots utiles comprennent mieux les slogans que ceux qui les crient
L’attitude des idiots utiles, oups, de l’intelligentsia, étonne d’autant plus le professeur Rafizadeh qu’il remarque que ces traducteurs/banalisateurs/propagandistes mous « n’ont jamais vécu sous la domination islamique ou même étudié ces Etats fondamentalistes. »

Ben, non, évidemment, sinon ils ne seraient plus là pour en témoigner ! Lui, en revanche, qui a étudié dans une école où l’on devait crier ces slogans tous les matins en levant un poing vengeur, sous peine de punition, sait qu’ils sont à prendre au premier degré et qu’ils servent à laver le cerveau de ceux à qui on les enseigne. Ces slogans, et en particulier les menaces de mort, explique-t-il, répondent à des injonctions religieuses et politiques et ils ont pour objectif de stimuler à la fois le désir de djihad et celui du martyre.

« Sale sioniste » ou « sale Américain » sont des insultes courantes en Iran, témoigne le professeur qui a échappé aux mollahs et qui ne comprend pas pourquoi nous cherchons à les promouvoir.

« La question est : si ‘’A mort’’ ne signifie qu’on souhaite la mort d’une nation ou d’un groupe, pourquoi, lorsqu’un membre de cette nation ou de ce groupe est tué, les musulmans extrémistes se mettent-ils en quatre pour fêter l’événement ? [2] »

C’est une excellente question, et il a bien fait de la poser
Malheureusement, l’intelligentsia occidentale ne s’intéresse pas à la réalité : elle vit dans le chaud cocon de son idéologie hors sol. LM♦

Logo Liliane Messika[1] Dr.Rafizadeh@Post.Harvard.Edu
[2] Toutes les citations du Professeur Rafizadeh sont traduites de l’anglais par Liliane Messika et proviennent du Gatestone Institute

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