Charité bien ordonnée finit par soi-même

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Par Liliane Messika

Après des années de dénégations, d’évitements, de tergiversations et de procrastination, le scandale des ONG britanniques a pris une telle ampleur qu’il a fini par apparaître dans la presse : de nombreux volontaires d’ONG ont confondu leur mission avec du tourisme sexuel all inclusive.

Bénévole dans une ONG, un boulot comme un autre ?
Comme les entreprises, les associations de tout poil sont en concurrence pour trouver du personnel (bénévole et rémunéré) et des clients, en l’espèce des donateurs. Elles emploient donc les mêmes méthodes de recrutement et de marketing pour trouver les uns et les autres.

C’est ainsi que les études de marché ont fait émerger différentes catégories de bénévoles, répondant à différentes motivations.

Si le bénévole n’est pas payé (c’est le sens même du mot « bénévole »), il touche ce qu’une chercheuse spécialiste de la question, Dan Ferrand-Bechmann, appelle « un salaire moral ou symbolique », qui est de « de trouver un sens à son action et parfois une identité et des valorisations personnelles. Le bénévole chercherait à prouver une image de lui-même qui correspond à l’idéal de ce qu’il veut être ou paraître. »

Une rétribution immatérielle, mais très gratifiante
Dans la mesure où son action rejaillit sur son image, voire sur son estime de soi, et où la reconnaissance qu’il retire de son action est un bénéfice secondaire, voire primaire, le bénévole peut voir qualifier sa motivation d’égoïste.

C’est dans ce registre qu’entrent des gratifications psychologiques (augmentation de l’estime de soi), sociales (le prestige, le pouvoir, l’élargissement du réseau de fréquentations), voire professionnelles (la formation reçue, l’expérience, qui amélioreront son CV et seront donc monnayables vis-à-vis d’un employeur).

Cela n’empêche pas le bénévole d’avoir aussi une motivation altruiste et, le plus souvent, d’être inconscient de la part d’égoïsme impliquée dans son désir de servir et d’être utile à la communauté.

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Une population plus frustrée que la moyenne nationale
Sans qu’on ait pu trouver d’éléments chiffrés, l’observation du milieu permet de constater qu’une part importante des bénévoles est avant tout à la recherche de reconnaissance personnelle à cause d’une situation professionnelle ou familiale, voire les deux, frustrante(s).

Plus la frustration est inscrite dans la personnalité de l’aspirant bénévole et moins le travail lui apportera la satisfaction qu’il en espère, aussi ce profil de personnes saute-t-il d’association en association, quels qu’en soient les objectifs (humanitaires, culturels, voire sportifs ou cultuels), jetant l’une après l’autre comme des kleenex, au motif d’y avoir été « exploité » ou « pas reconnu pour le travail effectué ».

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Le problème, c’est les victimes que les ONG doivent sauver !
En effet, quelles que soient les gratifications qu’ils en espèrent, « le bénévolat ne redresse pas facilement les destins de ceux que la vie a relégués dans des postes peu prestigieux et des métiers dévalorisés ou même dans l’exclusion. (…) L’agressivité, l’hostilité et la souffrance existent aussi dans l’univers associatif d’autant plus qu’elles peuvent être niées et masquées. (…) L’association est une scène sociale avec des normes spécifiques, qui sont façonnées par ses membres et ses élus et dont la distribution des rôles et des fonctions a des règles propres.[1] »

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Brosser le bénévole dans le sens du poil
Le Crédit Mutuel a créé une « associathèque » pour mettre en relations bénévoles potentiels et associations à la recherche de personnel et fournir des informations aux uns et aux autres.

Une base de données recense les motivations des aspirants bénévoles et observe que leurs frustrations engendrent un turnover important, qui nécessite, pour améliorer leurs performances et les fidéliser, de mettre au point une stratégie spécifique de gestion des Relations Humaines.

Partant du constat que les bénévoles qui abandonnent en cours de route se plaignent d’être déçus par l’ambiance ou par l’animation, par le comportement des permanents et par le manque de reconnaissance, Dominique Thierry, ancien président national de France Bénévolat en a développé une en six points, qui rappelle étrangement les consignes données en début de séjour aux moniteurs de colonies de vacances.

Vues du public, les ONG sont l’âme des bien nourris
Même si la motivation de ceux qui s’engagent dans des ONG contient une part d’égoïsme, ce n’est pas cet aspect que retient le public. Au contraire, les ONG et leurs membres bénéficient d’un a priori favorable et d’une aura quasiment christique.

Pourtant, certaines sont devenues des partis politiques lourdement bureaucratiques, d’autres (ou les mêmes) ont muté en centres de profits, dont les membres pensent à leur propre intérêt bien avant celui des populations qu’ils sont venus aider… s’ils y pensent.

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Vues par les « usagers », les ONG sont inhumaines, inefficaces, voire colonialistes
En marge du Sommet Mondial de l’Humanitaire qui s’est tenu en 2015, un sondage a été effectué auprès de réfugiés par les Réseaux d’information régionaux intégrés (IRIN, Integrated Regional Information Networks en V.O.) rattachés au Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) de l’ONU.

Des salariés qui obtiendraient des notes de satisfaction aussi minables seraient immédiatement licenciés. Dans les ONG, cela ne se passe pas ainsi. La preuve :

Vous avez dit « humanitaires » ? Questions/Réponses
Quelle note sur 10 donneriez-vous aux humanitaires

pour la façon dont traitent les réfugiés ? 3,5
pour leur neutralité et leur impartialité 4
pour le sentiment de protection et de sécurité qu’ils procurent 3,5
pour leur capacité à répondre aux besoins prioritaires 3
pour leur aide à préparer les gens à surmonter les crises futures 2,5
pour la façon dont ils tiennent compte de votre opinion 2,5

Ajoutez à cela que les réfugiés ont le sentiment d’être traités en inférieurs et qu’ils ressentent l’attitude des travailleurs humanitaires comme étant à la limite du racisme et du colonialisme, vous aurez une image moins romantique que celle de Monsieur Toutlemonde.

#Balance ton porc humanitaire
Quand des gens se lancent dans le travail « humanitaire » pour y réparer leur ego malmené, quand leur attitude induit les réfugiés à penser qu’ils agissent comme des racistes colonialistes, on n’est pas autrement surpris d’apprendre que d’innombrables plaintes pour viols ont fini par soulever le tapis sous lequel on les balayait depuis des années.

En Syrie, par exemple, les « humanitaires » ont pris l’habitude d’échanger les denrées contre des faveurs sexuelles. Cette habitude s’est à ce point muée en tradition que les femmes préfèrent avoir faim plutôt que de se rendre aux centres de distribution, afin que leurs voisins ne les accusent pas de s’être prostituées. Oxfam, l’ONG britannique la plus puissante, a été impliquée dans ce scandale, comme dans bien d’autres.

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Des fonctionnaires de l’ONU, alias « le droit international », criminels pédophiles
En 2010, les Nations-Unies ont envoyé en Haïti des « humanitaires » qui y ont commencé par y importer et diffuser le choléra, tuant 10 000 survivants du tremblement de terre. Les casques bleus, de leur côté ont monté un réseau de pédophiles alimenté avec les orphelins qu’ils devaient protéger.

« Chaque année », avoue le contrôleur britannique des organisations caritatives, « plus d’un millier de viols sont perpétrés sur des femmes ou des enfants vulnérables par les personnels chargés de les protéger. »

Amnesty International trouve le terrorisme « conforme à son éthique »
Par la bouche de son secrétaire général, Claudio Cordone, la plus célèbre ONG du monde a fait savoir que le « djihad défensif » ne contrevenait pas à son éthique et a continué le combat pour faire libérer des terroristes emprisonnés.

La salariée d’Amnesty, qui s’était plainte de la cohabitation étroite entre Amnesty et une autre ONG, dirigée par un islamiste notoire, avait été aussitôt licenciée.

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L’ONG Fatiha-Global, censée aider les réfugiés syriens fuyant la guerre, a détourné les fonds vers l’État Islamique, celui que fuyaient lesdits réfugiés. La cerise sur le gâteau, c’est Adeel Ali, le président de Fatiha-Global, qui s’est fait photographier avec des terroristes. Et comme le monde est tout petit, c’est justement l’EI qui avait décapité un humanitaire britannique, Alan Henning, qui avait été envoyé en Syrie par une association dépendant de Fatiha.

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L’arrosé finance l’arroseur en croyant le combattre
Plus de la moitié des dons humanitaires pour la Syrie en provenance de petites ONG britanniques ont fini entre les mains de l’Etat Islamique, d’Al-Qaeda et d’autres groupes djihadistes, estime le think tank Quilliam Foundation.

Aidan Hartley, dont le père avait travaillé pour Oxfam dans les années 1970, estime que « les difficultés de ces ONG ont commencé lorsqu’elles ont cessé d’aider les gens et ont commencé à devenir politiquement correctes en accusant l’Occident et en attisant sa culpabilité, et à transformer l’Afrique en terrain de jeu utopique pour socialistes de l’Université du Sussex (Source)».

Tu donnes, je dépense, vous voulez, nous violons
Il y a près de 200 000 organismes caritatifs enregistrés au Royaume-Uni. Ils collectent et dépensent près de 80 milliards de livres sterling par an. Au total, les ONG emploient un million de salariés. Mais la plupart des grandes ONG du Royaume-Uni consacrent moins de la moitié de leurs revenus annuels à des œuvres caritatives, selon la True and Fair Foundation.

D’après le Daily Mail, Oxfam aurait dépensé des sommes considérables, soustraites à l’argent donné par les contribuables anglais pour soulager la misère des Haïtiens, en orgies dans une villa louée à prix d’or pour ses salariés.

C’est la même Oxfam qui avait viré Scarlett Johansson et Kristin Davis du pool de ses ambassadeurs pour avoir joué dans des publicités d’une société israélienne. La prétendue association de défense des droits de l’homme accusait ces actrices d’opprimer « rhétoriquement » les Palestiniens, pendant que ses salariés violaient physiquement les femmes et les enfants haïtiens.

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Cela a mis du temps, mais le scandale des ONG a fini par faire les gros titres des médias britanniques.

Il est difficile d’imaginer qu’à l’inverse, les ONG françaises sont d’une honnêteté absolue, d’une correction parfaite et d’un ascétisme luthérien.

Pourtant, on n’entend parler que des associations d’outre-Manche.

Bizarre, non ? LM♦

[1] Dan Ferrand-Bechmann, Professeur à l’Université de Paris 8, Présidente de l’association française de sociologie. Juillet 2008, Juris Association.

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