Scoop sur Mélenchon, sans perquisition

Mélenchon2Par Liliane Messika

Le patron de FRANCE INSOUMISE a fait la Une pour son comportement mélenchonien classique vis-à-vis des journalistes et de la police, lors de la perquisition dans ses locaux. Il est piquant d’observer que même certains de ses thuriféraires habituels se sont soudain aperçus qu’il agissait en fasciste et non en démocrate. Ça alors ! Nous le répétions depuis juillet 2014, mais il n’y a pas pire sourd qu’un journaliste à qui l’on démontre qu’un politicien de gauche n’est pas un saint…

Nous avons hésité donc à envoyer cet article, écrit avant ladite perquisition, au motif qu’il n’est pas charitable de tirer sur une ambulance. Sauf que l’ambulance Mélenchon ressemble à celles du CROISSANT ROUGE dans les Territoires palestiniens, qui servent de transport d’armes et de troupes d’islamikazes.

Alors pour vous détendre, au lieu d’enfoncer le clou judiciaire, nous vous offrons le récit des amitiés fluctuantes du Gaucho hexagonal, qui lâche Maduro pour Corbyn.

Police des frontières : pour empêcher l’immigration ou l’émigration ? 

Le 5 octobre 2018, Delcy Rodríguez, la vice-présidente de Nicolas Maduro, a fait savoir que le Venezuela avait créé une « police migratoire » à la frontière colombienne, pour « affronter la réalité de la situation à la frontière (RTL Info)».

Un hasard si c’est celle qu’ont franchie des centaines de milliers de personnes pour fuir le Venezuela ? La ligne qui sépare les deux pays s’allonge sur 2200 km, ce qui explique à la fois son succès comme points de passage et corollairement les « 72 points de contrôle dans les ports, aéroports, et régions frontalières » que le gouvernement marxiste entend y installer pour combattre… « une campagne de contre-vérités ».

Au nombre des mensonges dont le Venezuela serait victime, la pénurie alimentaire et sanitaire issue de la crise économique (et la crise économique elle-même), l’inflation qui vise le million de pourcent à la fin de l’année et les presque deux millions de citoyens en fuite dans les pays alentour. Mais qu’est-ce que ça nous rappelle ?

Pas la Russie du temps de l’URSS, en tout cas, car les contrôles, l’absence de libertés civiles et la police des frontières y étaient incontournables (ou fatales) et les fuyards n’auraient trouvé aucun pays limitrophe susceptible de les accueillir, car aucun n’avait échappé à l’emprise de l’ours soviétique.

Les méthodes de propagande sont pourtant les mêmes

L’ONU annonce 1,9 million de citoyens affamés fuyant le Venezuela, créateur de l’OPEP, dont le sous-sol recèle toujours la plus importante réserve de pétrole mondial. Maduro marchande le chiffre. Comme un petit commerçant qui aligne ses prix à un centime sous l’unité : pas 10€, mais 9,99€, il veut bien admettre 900.000 exilés et fait dire à sa vice-acolyte que « le Venezuela est le champion de l’accueil de migrants ».

Ce n’est pas de l’humour noir, c’est de la politique rouge.

Et si les pays limitrophes s’allient pour nuire au Venezuela en prétendant avoir recueilli, à eux tous, à peu près le nombre de réfugiés calculé par l’ONU, c’est qu’ils sont tous jaloux de son or noir, ou alors anticommunistes primaires, voire les deux à la fois.

En tout cas, la Colombie a touché le jackpot avec près de 900.000 réfugiés, soit plus que le Pérou (450.000) et le Chili (300.000) réunis. Si l’on y ajoute les 115.000 arrivés en Équateur, les 60.000 comptabilisés au Brésil, les 75.000 qui ont poursuivi le voyage jusqu’en Argentine et tous ceux qui sont passés par le Panama, on arrive à 6% des 31,5 millions d’habitants que comptait le pays. Le compte est presque bon, mais c’est franchement mauvais pour la politique tant vantée par Mélenchon.

Un mur peut être une horreur, un autre mur une œuvre d’intérêt général

Justement, Mélenchon. Va-t-il faire part à son pote Maduro de son courroux, lui à qui les murs donnent des boutons ?

Que nenni ! Il y a mur et mur. Rien de commun entre, par exemple, « un mur de la honte », alias « mur de l’apartheid » à proscrire bien que (ou « parce que » ?) sa présence empêche des terroristes de venir tuer des Juifs, et un mur humain de policiers vénézuéliens chargés d’empêcher leurs compatriotes d’aller se faire voir chez les Colombiens, les Péruviens ou les Brésiliens. Ça, c’est un ouvrage qu’il convient d’approuver parce que cela leur évitera de se faire traiter de réfugiés par les pays voisins.

Sérieusement, on a beau chercher la réaction mélenchonienne à ce nouvel avatar de la liberté version bolivarienne, Google est muet. Casanovachon aurait-il plaqué Maduro comme il a Tsipras laissé choir[1] ?

Ne dramatisons pas, son silence n’est peut-être fait que de prudence : s’il parvient à l’Élysée et qu’il met en œuvre son programme, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est à craindre que 6% de Français (plus de 4 millions de personnes) cherchent le salut dans la fuite. C’est alors notre gaucho national qui pourrait être dans la position de son héros latino, contraint de recourir à la même mesure, sévère mais juste. Mieux vaut, dans cette perspective, éviter d’être otage de critiques trop vite dégainées ?

L’ONU va-t-elle ouvrir un UNWRA spécial réfugiés vénézuéliens ?

Leur nombre total n’est pas loin du triple de celui des réfugiés palestiniens de 1948. Cela fait exactement 70 ans. Ne veut-on pas qu’eux aussi croissent et se multiplient ? Si on les traitait aussi mal qu’on a traité les pauvres Palestiniens, ils atteindraient le chiffre de 14.630.000 en 2088. Beau succès, non ?

Fin août 2018, deux hauts responsables de l’ONU, le Haut-Commissaire pour les réfugiés, Filippo Grandi, et le directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, William Lacy Swing, ont publié un communiqué commun dans lequel ils se disaient « préoccupés par plusieurs événements récents touchant les réfugiés et les migrants en provenance du Venezuela », reconnaissant aux pays alentour « les défis croissants face à l’arrivée à grande échelle de Vénézuéliens », mais insistant pour que « toute nouvelle mesure continue de permettre à ceux qui ont besoin d’une protection internationale d’être en sécurité et de demander l’asile (Le Figaro). »

Alors, le Venezuela, l’aura ou l’aura pas, son UNWRA ? Hélas, c’est non : depuis 1948, les conflits de la planète ont provoqué des exodes de masse qui ont largement éclipsé le sort des Palestiniens et pourtant, l’exemple de l’UNWRA n’a jamais été suivi. Peut-être uniquement parce que la preuve a été faite qu’infantiliser les réfugiés au lieu de chercher à les établir ailleurs est un mauvais système, et non, comme certains paranoïaques l’imaginent, parce que l’on se fiche bien des réfugiés dont on ne peut pas rendre les Juifs responsables.

Mélenchon retourne sa veste ?

Pas du tout. Il a toujours les mêmes valeurs révolutionnaires et les mêmes haines, il a juste changé de meilleur ami. Après avoir promis fidélité à Alexis Tsipras, il lui a tourné le dos pour une sombre histoire de référendum. En effet, à l’époque où la Grèce s’est trouvée en cessation de paiement vis-à-vis de l’Union européenne, cette dernière a proposé de continuer à aider les Hellènes à condition qu’ils acceptent des conditions draconiennes. Tsipras, qui était aux manettes, a donc organisé un référendum auquel il souhaitait une réponse négative, car les mesures d’austérité, il était contre. Mélenchon aussi, est contre. Pour lui, l’austérité, c’est le problème, pas la solution. Tsipras ne voulait pas du plan européen, Mélenchon non plus. Le vote populaire leur a donné raison à tous les deux. Tsipras a démissionné… pour être réélu quelques semaines plus tard et conduire une politique plus pragmatique que révolutionnaire.

Mélenchon, lui, est un révolutionnaire. Un « possédant », selon le vocabulaire en cours chez ses soumis, mais un révolutionnaire quand même, puisqu’il veut taxer les autres riches pour répartir leurs possessions entre ses affidés. Alors le pragmatisme de son bon ami grec l’a outré et il l’a plaqué. Pourtant, il continue de se prétendre démocrate : « il vaut mieux en général respecter les résultats des référendums » a-t-il déclaré à Libé, lorsqu’il est allé à Liverpool rencontrer Jeremy Corbyn, son nouvel ami. Vous avez noté les précautions oratoires ? « Il vaut mieux », ça laisse plus de marge que « il est impératif de », surtout quand on précise « en général » et qu’on est soi-même un cas particulier, qui ne s’estime pas tenu par la loi commune. Quelle probabilité qu’un homme qui se rebelle contre les représentants de la loi en déclarant « Je SUIS la République » respecte le résultat des urnes ? Le culte de la personnalité déguisée en République a commencé plus tard. Et on a dit qu’on ne parlait pas de la perquisition. On en était au coup de foudre avec Corbyn : « On commence tout juste notre histoire avec Corbyn. » Cette déclaration équivoque, largement retweetée, a tellement séduit la journaliste de Libération qu’elle en a fait le titre de son article.

Paris-Liverpool via Caracas

Les deux tourtereaux ont conversé en espagnol, Mélenchon étant favorisé par son idylle précédente, qui lui a donné l’occasion de pratiquer la langue : entre Tsipras et Corbyn, il a fréquenté assidument Pablo Iglesias, le leader charismatique de Podemos, celui qui déverse son antisémitisme dans la langue de Cervantès sur la chaîne câblée iranienne.

C’est la « langue commune de ces deux zélateurs des révolutions sud-américaines, admire Le Monde. Et le mélu-Ché confirme à Libé : « C’était mieux en espagnol, parce que mon anglais… J’ai fait la bêtise de boycotter cette langue pendant dix ans. A l’époque en Amérique latine, on ne parlait pas la langue des gringos. » Voilà qui témoigne d’une grande ouverture d’esprit et qui a dû plaire au British…

Bah, oublions leurs différences, ils ont beaucoup de points communs : « J’ai constaté que Jeremy Corbyn reçoit les mêmes injures que moi, c’est un signe de bonne santé. » Et puis, remarque Le Monde, « ils enflamment les jeunes, personnifient la renaissance de la gauche de la gauche et détestent les médias. »

Les histoires d’amour, ce n’est jamais simple : le dicton « Suis-moi, je te fuis, fuis-moi, je te suis » tient aussi les rênes du couple Politique & Média. Les compères disent détester les médias, les médias, eux, démontrent qu’ils les adorent. En témoigne la couverture exhaustive qu’a reçu la visite du Français à la conférence annuelle du Labour Party d’outre-Manche.

Aimer, ce n’est pas se regarder l’un l’autre…

… c’est détester ensemble dans la même direction. Si l’idéal visé par Corbyn, Iglesias et Mélenchon est en train de crever de faim en Amérique du sud, en ce qui concerne leur ennemi commun, ils font un sans-faute : à l’est toute ! Là est « le petit Satan » qui symbolise la finance (suivez mon regard), la force (mais uniquement celle qui est toujours disproportionnée) et la nation (mais seulement celle qui veut le rester, pas celles qui veulent le devenir).

Le Labour de Corbyn a fait fuir les Juifs, qui sont de plus en plus nombreux à envisager l’exil s’il arrive au pouvoir. C’est pas qu’il soit antisémite, Corbyn, mais il a sa définition personnelle de la chose, qui n’est pas celle qui a cours dans la majorité des pays, Grande-Bretagne incluse. Lui, il est plutôt sur la ligne de l’OCI[2], aussi reçoit-il 5 sur 5 Mélenchon, qui lui aussi, veut bien rendre hommage aux Juifs morts, mais qui partage l’animosité[3] de ses deux co-haineux pour l’État juif, responsable de tous les malheurs du monde.

L’empire (au sens du verbe empirer) attaque !

Sur les 45 minutes qu’a duré l’entretien de Liverpool, on ne sait pas combien de temps a été consacré à l’allergie commune aux deux tribuns, mais les oreilles des circoncis ont drôlement sifflé.

La réalité prouve sans coup férir que le système Mélenchono-Corbyno-Iglesiassique, qu’il soit tendance palestinolâtre comme le premier, Judenrein comme le second ou Iranophile comme le troisième, ne conduit qu’à la famine et à la guerre. Cela n’empêche pas les trois compères de se rêver rois du monde, en associant leurs forces pour commencer.

Quand il n’en restera qu’un, chacun des trois rêves qu’il sera celui-là et qu’il trinquera aux peuples éteints. Justement, on n’a vu ni le Britannique ni le Catalan se précipiter sur leurs comptes Twitter pour expliquer les difficultés judiciaires de leur pote par une « campagne de contre-vérités » doublée d’un complot judéo-maçonnique.

Oubli, panne de réseau ou premier épisode de la lutte finââle dans l’Empire du Bien ? LM♦

Logo Liliane Messika[1] Pour les moins de 500 ans qui ne l’ont pas appris ou pour ceux de plus de 50 qui l’ont oublié, c’est une fine allusion au poème de Ronsard : « Mignonne, allons voir si la rose » (1545)
[2] L’organisation de la coopération islamique
[3] Bip bip, ceci est un euphémisme, bip bip !

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