Mélenchon fait son coming out

melenchon-faute aux juifs.jpgMélenchon manifeste au rythme de l’amûr tûjûrs

Après avoir été activement philo-Tsipras, Mélenchon a lâché le Grec pour embrasser le patron du Labour britannique avec passion et déraison : « On commence tout juste notre histoire avec Corbyn (Mabatim.info) » déclarait-il en novembre 2018.

Tout les rapprochait : leur admiration pour le Venezuela, élu « modèle de société » pour remplacer le mode de vie occidental haï, leur haine corollaire des Américains[1], des Juifs et d’Israël, leur double langage…

Concernant ce dernier point, on peut dire, avec objectivité et sans chauvinisme, que la pratique du Français le plaçait largement devant son complice : Corbyn a toujours refusé obstinément de dénoncer l’antisémitisme de son parti, alors que Mélenchon n’a jamais eu ces pudeurs de vierge et il a même participé à une marche CONTRE l’antisémitisme (BFM). Oui : contre !

Bon, d’accord, il avait fallu suivre un scénario en trois étapes : 1) Prétendre ignorer que la manifestation fût prévue, 2) Jouer les divas pour n’avoir pas reçu de bristol l’y conviant et 3) Peser les ‘pour’ de l’absence (gain des suffrages antisémites, palestinolâtres et stalinostalgiques) et les trouver moins lourds que les ‘contre’ (faire absence commune avec le RN).

Élections piège à Mélenc…

En quatre ans, Jeremy Corbyn, le Mélenchon d’outre-Manche, a transformé le parti travailliste anglais en une officine de propagande pour « ses amis du Hamas et du Hezbollah (Times of Israel). »

Conséquence logique et assumée avec panache, les Juifs, traditionnellement à gauche, s’en étaient peu à peu éloignés, jusqu’à avouer qu’en cas de victoire du président de leur ex-parti, ils songeraient à l’exil. Selon le baromètre de l’antisémitisme au Royaume-Uni, en effet, « L’antisémitisme d’extrême gauche dépasse désormais celui d’extrême droite. Le chef du Parti travailliste, jadis farouchement antiraciste, est maintenant le candidat de choix pour les racistes antisémites et 84% des Juifs britanniques pensent qu’il est une menace spécifiquement pour les Juifs. Deux Juifs britanniques sur cinq ont envisagé de quitter le Royaume-Uni pour des raisons d’antisémitisme au cours des deux dernières années seulement, 85% d’entre eux en raison de l’antisémitisme en politique, les deux tiers citant, comme raison, expressément le Parti travailliste ou son chef (Antisemitism.uk). »

Pour autant, il est peu vraisemblable que le rejet de l’antisémitisme ait été moteur dans le vote britannique. D’abord, parce qu’il y a plus d’antisémites que de Juifs chez nos voisins et ensuite, parce que le programme du Labour, que le Komintern n’eût pas renié, consistait à « Limiter la fortune « obscène » des milliardaires, retirer de la Bourse les entreprises qui ne luttent pas assez contre le réchauffement climatique, et scinder les activités conseil et audit des grands cabinets comptables… (Capital) » Dans un pays qui était, en quelques années, devenu la destination préférée des jeunes diplômés français, cette promesse de dégringolade économique n’a certainement pas séduit grand monde. D’autant que, si aucun des deux insoumis au réel n’a renié l’idéal bolivarien, la moitié de la population vénézuélienne, elle, est quand même en train de mourir de faim, dans un pays au sous-sol richissime. Malgré la discrétion des journagandistes hexagonaux, les appels aux dons de l’ONU ont rendu cette situation publique et la perspective de quitter l’OTAN pour l’alliance bolivarienne ne fait pas rêver les foules.

Sommés de choisir entre le modèle Chavez et le Brexit, les électeurs britanniques ont opté pour le five o’clock tea, au détriment de la peste et du choléra. Qui en aurait douté ? Mélenchon. Il en est tombé du trône qu’il avait installé tout en haut de l’armoire.

Corbynisme ? Dieudonisme ? Soralisme ?

Le cœur de Mélenchon, s’il en a un, n’a pas balancé longtemps entre son amour pour Jeremy et ses prétentions à la démocratie : fini le temps des protestations républicaines et démocratiques, où il admettait du bout des lèvres qu’il « vaut mieux en général respecter les résultats des référendums (Mabatim.info). » Les électeurs anglais ont mal voté, l’insoumis ne s’y soumet pas. Il s’insurge et cherche des explications dans le caniveau. Sans beaucoup de surprise, il a trouvé le « célafautauxjuifs » à l’endroit précis où il l’avait déposé pour partir à la manif anti-antisémitisme.

D’après le lider minimo des soumis à l’antisémitisme, si Corbyn n’a pas obtenu le raz-de-marée souhaité, c’est parce qu’il « a dû subir sans secours la grossière accusation d’antisémitisme à travers le grand rabbin d’Angleterre et les divers réseaux d’influence du Likoud (i24news) ». Qu’est-ce que le parti de Benyamin Netanyahou vient faire dans l’élection anglaise ? C’est une excellente question. Il hante les pires cauchemars du Fifi Boy, mais l’élection anglaise, point. N’empêche, le peuple juif peuple sa monomanie. À preuve, les félicitations qu’il avait adressées à sa co-insoumise Danièle Obono, qualifiée de « antiraciste et antisémite (l’Express) » irréprochable. Cela avait permis de s’apercevoir que Mélenchon… était antisémite ? Mais non ! Toute personne dotée d’oreilles et d’un cerveau entre les deux l’avait constaté depuis longtemps. En revanche, certains, qui le prenaient pour un surhomme, doutaient qu’il eût un inconscient. La preuve est faite.

Filiation idéologique

La gauche bénéficie d’une telle aura dans notre pays, que toute personne qui s’en revendique est exemptée, a priori, du péché originel. Ainsi, jusqu’au moment où il demanda à Jean-Marie Le Pen d’être le parrain de sa fille, Dieudonné Mbala Mbala avait bénéficié de cette indulgence extrême. Les lanceurs d’alerte, qui le qualifiaient d’antisémite, faisaient la risée de la presse bien-pensante.

Depuis, on n’a pas souvenir que Libé ait regretté son changement de positionnement : dans les quelques articles consacrés à ses procès pour escroquerie, il est qualifié d’« humoriste controversé (Libération ou de « polémiste (Libération, mais jamais d’antisémite d’extrême-droite. Il n’est pas interdit de trouver cela disproportionné par rapport aux épithètes dont Eric Zemmour fait les frais, sans avoir jamais menacé personne, ni attaqué quelque communauté que ce soit (rappelons aux étourdis que l’islam est une religion et l’islamisme une idéologie, ni l’un ni l’autre n’étant une population).

Coming out

Dans la veine de ses deux prédécesseurs idéologiques, Mélenchon a fait son coming out, accusant un parti israélien d’avoir lavé le cerveau des électeurs britanniques. Passage obligé de la manœuvre, disqualifier ledit parti — qui est à peu près l’équivalent de Les Républicains en France — en remplaçant son intitulé par sa propre définition : « (parti d’extrême droite de Netanyahou en Israël) ».

Deuxième étape telle qu’enseignée dans les Protocoles des Sages de Sion, rendre l’ensemble des Juifs français co-responsables de la défaite anglaise : « Retraite à point, Europe allemande et néolibérale, capitalisme vert, génuflexion devant les ukases arrogants des communautaristes du CRIF : c’est non. » Au café du commerce Chez Méluche, tous les poncifs de l’antisémitisme sont déclinés, plutôt tendance Soral (qui est obsédé par le Crif) que Dieudonné (adepte du génocide palestinien par les hordes de Tsahal). Minute ne s’y était pas trompée, en avril 2017, quand sa Une titrait : « Le tribun Le Pen a trouvé son héritier, il s’appelle Mélenchon. (Novopress) »

Mélenchon et Le Pen : la même haine extrême à gauche et à droite

Il est bien connu des complotistes, et d’eux seuls (mais Fifi l’insoumis compte double), que les Juifs sont tout-puissants et qu’ils possèdent tous les médias, ce qui explique le parti-pris philosémite qu’on y observe. Certes, on serait bien en peine de citer un seul article pro-israélien dans un média mainstream au cours des dix dernières années, mais il ne faut pas laisser les faits contredire les préjugés, qui sont indispensables à l’équilibre mental des mono-neuronaux.

Il est tellement moins désespérant pour Billancourt d’apprendre que les gilets jaunes n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois à cause d’ukases arrogants émis par les Juifs plutôt que parce qu’ils sont écrasés de taxes !

Il y a aujourd’hui moins de 500.000 Juifs en France, sur une population de 67 millions. Il paraît donc logique que ce soit le conseil représentatif des institutions juives de France qui donne des ordres au gouvernement.

Le Crif-tout-puissant-qui-fait-peur-à-Méluche est vraiment nul !

Les chiffres du ministère de l’Intérieur en témoignent : 74% d’augmentation des violences antisémites en 2018, passant de 311 en 2017 à 541. 13 juifs tués pour la seule raison qu’ils étaient juifs entre 2006 et 2018. Ça dénote le « peuple supérieur », il trouve, le Méluche, mais ça ne l’impressionne pas : « Nous n’avons peur de personne. N’essayez pas de nous faire baisser les yeux. Peine perdue. Je voudrais dire au CRIF que cela commence à bien faire (JSSNews) » déclarait-il, le 24 août 2014, à l’université d’été du Parti de Gauche à Grenoble.

Ceux qui regardent les faits et non leurs fantasmes savaient, depuis déjà dix ans, ce que la CNCDH notait dans son rapport annuel 2004 : l’antisémitisme ne pouvait plus être attribué, « dans leur très grande majorité, à des groupes influencés de façon notable par l’idéologie extrémiste de droite, mais aux milieux d’origine arabo-musulmane (CNCDH). »

Qu’importe ! Mélenchon continue d’exhiber son antisémitisme pour séduire les électeurs, comme les pédophiles ouvrent leur imperméable devant les écoles maternelles : chacun sa drague, l’important c’est de pécho[2] !

Le Brexit a gagné : c’est le Crif qui a voté !

Corbyn, qui avait tout pour plaire à Mélenchon, et donc rien pour se faire désirer par la population britannique, a vécu une apocalypse inédite depuis 1935 : le Labour a été balayé par une vague, qui a donné à son adversaire la majorité absolue.

S’il était démocrate, Mélenchon prendrait acte des désirs du peuple et trouverait normal que son alter ego s’y conforme. Mais il n’est pas démocrate, il est insoumis ! Il veut bien, en général, accepter le verdict des urnes, mais seulement si c’est lui qui gagne. Ou son poulain. Sinon, il va chercher le bouc émissaire habituel et le jette en pâture à ses adeptes, afin de continuer à exister sur la place médiatique.

L’antisémitisme n’a pas représenté une offre politique assez attractive pour porter Corbyn au pouvoir. Les Juifs anglais l’ont échappé belle, pour l’instant.

De notre côté de la Manche, son homologue fera tout pour obtenir des victoires significatives en inspirant de nouveaux Merah, Kouachi ou gangs des Barbares. À ses yeux, les vraies victimes ne sont pas Ilan Halimi, Mireille Knoll ou les enfants de l’école de Toulouse, ce sont les antisionistes que l’on empêche de critiquer Israël, par exemple l’accuser de génocide contre les Palestiniens, dont la population a été multipliée par 7 depuis qu’il procède à son élimination ? Ben oui : c’est de la critique argumentée. Comme le traiter d’État criminel et de colonisateur bestial ? Comme vouloir que les Palestiniens libèrent la Palestine du fleuve à la mer, c’est-à-dire en l’effaçant de la carte. On en étouffe d’indignation : quand on dit ces banalités, on se fait traiter d’antisémite !

Mais qu’importe le Mélenchon, pourvu qu’on ait l’ivresse ! LM♦

Logo Liliane MessikaLiliane Messika, MABATIM.INFO

[1] « J’ai fait la bêtise de boycotter cette langue pendant dix ans. À l’époque en Amérique latine, on ne parlait pas la langue des gringos. » Même interview.
[2] Pour les trop jeunes ou les trop vieux, pécho est le verlan de « choper », c’est-à-dire séduire.

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