Antisémitisme malaisien au plus haut niveau ; en France, silence de caniveau

Australie Israel drapeaux.jpgDe votre envoyée spéciale en Australie,
Liliane Messika

Le 18 novembre 2018 et les jours suivants, une polémique a fait grand bruit en Australie et dans les pays anglophones, notamment au Royaume-Uni. En France, seuls quelques sites juifs l’ont relayée. Quid les médias mainstream ? Silence : ils ne sont pas là pour informer, mais pour endormir !

Polémique bruyante en anglais

L’Australie a déclaré qu’elle déménagerait son ambassade en Israël de Tel Aviv à Jérusalem. Le ministre du commerce malaisien a menacé de ne pas signer un accord de libre-échange entre les deux pays si elle persistait dans son intention. Puis, lors d’une réunion du Sommet de l’Asie de l’Est à Singapour, le Premier ministre de Jakarta, Mahathir Mohamad, a fait part à son homologue australien, Scott Morrison, de son opinion sur cette décision : « elle renforcera la cause du terrorisme et ne sera d’aucune utilité. »

Ce n’est pas le Premier ministre australien, mais celui des Finances, également leader du Parti Libéral, Josh Frydenberg, qui lui a vertement répondu lors d’une conférence de presse, puis au cours d’une interview sur Radio National : d’abord, « l’Australie prendra ses propres décisions en fonction de ses propres intérêts ». Ensuite il a rappelé les antécédents de Mahatir : il avait déjà « fait un certain nombre de remarques désobligeantes à propos des Juifs qui auraient le nez crochu, il a mis en doute le nombre de victimes de la Shoah et il a aussi interdit de diffuser ‘’La liste de Schindler’’, le film sur le sauvetage de millions de gens par un Juste au cours de cette horrible période de l’histoire du monde. » Enfin, a-t-il rappelé, « l’Australie reconnaît déjà la souveraineté d’Israël sur Jérusalem-Ouest. C’est là que se trouve le parlement israélien. C’est là que l’ambassadeur d’Australie présente ses lettres de créance. Ce sera la capitale d’Israël dans le cadre d’une solution à deux États. (…) Israël est le seul pays au monde où l’Australie n’installe pas son ambassade dans la capitale. Le seul. Il semble y avoir deux poids deux mesures chez certains membres des Nations Unies et de son Conseil des droits de l’homme lorsqu’il s’agit d’Israël, par rapport aux autres pays (The Australian). »

En France, des phrases creuses sur des mesures virtuelles

Lorsque dans notre pays, le Premier ministre déplore que les violences antisémites aient augmenté de 69% au cours de 2018 (L’Obs), cela n’incite personne à regarder en face d’où vient cette violence. On regrette, on prend des poses, mais aucune décision : on continuera à parler d’Israël comme d’un fauteur de guerre et des Palestiniens comme des angelots innocents à défendre contre un agresseur sioniste. Tant pis pour les Juifs français à qui les palestinolâtres hexagonaux le feront payer…

Justement, l’annonce par le Président de la République du soutien de la France à l’Autorité palestinienne à hauteur de 16 millions d’euros pour 2019 (Assemblée Nationale) a été faite quelques jours après que la part de cette somme qui ira au financement direct du terrorisme (7%) a été rendue officielle (JPost). Cette subvention vient en addition à la participation de la France aux aides de l’Union européenne : 158,1 millions d’euros pour les dépenses de fonctionnement et les services publics de l’Autorité palestinienne, 107 millions à l’UNRWA, l’agence de l’ONU au service des réfugiés palestiniens et de leurs descendants, et 42,5 millions pour un nouveau programme comprenant un soutien substantiel à Jérusalem-Est (RTBF).

158,1+107+42,5+16=323,6 millions d’euros annuels.

7% de cette somme = 22,652 millions d’euros payés chaque année par le contribuable européen et dévolus au financement du terrorisme contre les Juifs d’Israël et d’ailleurs.

Le terrorisme contre les Juifs ça ressemble étrangement aux violences antisémites dont le gouvernement français déplore la croissance exponentielle, non ?

Les autorités françaises blablatent, les australiennes agissent

« Vous vous êtes entouré de ministres qui ont participé à des manifestations dans lesquelles était scandé ‘’mort aux Juifs’’. On sait bien qu’ils clament haut et fort qu’ils ne sont qu’antisionistes… et n’entendirent pas ce qui était scandé », a fait remarquer avec justesse Richard Rossin[1] à Emmanuel Macron dans une lettre ouverte.

Chroniques parues dans Mabatim

Josh Frydenberg, ministre australien, lui, entend quand un Premier ministre étranger fait des remarques antisémites bien moins radicales que les « Mort aux Juifs » inaudibles pour les Français. L’ambassade australienne sera transférée à Jérusalem. Celle de la France a plutôt un tropisme vers Ramallah…

Le 11 novembre en France et en Australie célèbre-t-il la même victoire ?

L’attitude vis-à-vis de l’antisémitisme est aussi différente entre les deux pays que celle vis-à-vis des « morts au champ d’honneur ». Il y a cent ans, lors de la Der des ders, comme il y a 73 ans lors de la suivante, ces jeunes gens ont sacrifié leur corps pour défendre la France et ses valeurs, celles que nos gouvernants successifs depuis trente ans ne célèbrent qu’à leur corps défendant. Le dernier en date y a vu l’occasion de faire une tournée des popotes de sa notoriété. Une popote que les Australiens trouveraient peu ragoûtante.

Aux Antipodes, c’est, logiquement, l’inverse. Logiquement du fait de la géographie, mais quid de la philosophie ? Ici, les monuments aux morts sont… vivants : au Australian War Memorial de Perth, par exemple, la flamme du souvenir est sur une stèle, entourée, depuis ce 11 novembre du centenaire, par un champ de 62.000 coquelicots tricotés par des citoyens, commémorant les 61.513 soldats australiens morts dans la Grande Guerre.

Comme dans tous les cimetières australiens, d’innombrables arbres sont garnis de plaques indiquant qu’ils ont été plantés par leur mère en souvenir de… ici, un 2ème classe de 21 ans, mort au combat à Montauban en Picardie en 1915, là un sergent de 23 ans mort au champ d’honneur à Villers-Bretonneux en 1916.

Les « c’est-pas-moi » et les « je-vois-et-je-lutte »

La différence de traitement des morts au champ d’honneur est la même que celle face à l’antisémitisme entre les « c’est-pas-moi » français et les « je-vois-je-lutte-et-j’assume » australiens.

Les jeunes qui ont traversé la moitié de la planète, il y a cent ans, pour défendre un pays qu’ils ne connaissaient pas étaient des volontaires : « La population australienne de moins de cinq millions d’habitants a vu plus de 416000 hommes s’enrôler et 61 513 en mourir (source). »

Aujourd’hui, les Australiens sont 25 millions sur un territoire plus grand que deux fois l’Europe. Aujourd’hui, les antisiomites[2] français les plus excités s’engagent sur des « flottilles de la paix » pour casser du marin israélien au prétexte d’apporter quelques médicaments périmés aux Gazaouis… déjà approvisionnés en tout (sauf en armes) par l’État juif.

Mais pour lutter contre les attaques d’enfants français juifs ou les bandes armées des territoires perdus de la république (« zones de sécurité prioritaire » en Ministère de l’intérieur dans le texte), il n’y a pas de volontaire. Et en réponse aux attentats terroristes, les nounours, les bougies et la pancarte « ils n’auront pas ma haine » sont les armes des citoyens que les médias attendris reproduisent à l’unanimité.

tsedaka 2018.jpgUn pays qui respecte ses morts respecte ses valeurs

Porté à la boutonnière le jour du Souvenir, le coquelicot a été l’une des premières fleurs à pousser le long des champs de bataille du nord de la France et de la Belgique, où les troupes australiennes se sont battues pendant la Première Guerre mondiale. Sa couleur rouge vif symbolise, pour leurs descendants, le sang de ceux qui sont tombés au combat et le devoir de toujours se lever pour lutter contre la barbarie.

La France les a oubliés depuis longtemps, depuis que les devoir des citoyens sont dédaignés au profit des droits des minorités et le coquelicot ne symbolise chez nous que l’amour.

Dans le même esprit, la patrie des Droits de l’homme, sauvée deux fois par les Etats-Unis, ne finira jamais de leur en vouloir. Françoise Giroud disait à propos de la Shoah qui ne passe pas « parce que « la solution finale » a obligé le plus étourdi à découvrir que l’homme était peut-être intrinsèquement mauvais, et Dieu intrinsèquement distrait[3]». De la même façon, les Français en veulent aux témoins de leur impuissance plus qu’à leur ennemi d’hier, qu’ils appellent à participer aux cérémonies du 11 novembre.

C’est noble et justifié par une paix maintenant septuagénaire.

Ce qui l’est moins, c’est de fermer hermétiquement les yeux sur l’ennemi d’aujourd’hui, celui qui veut tuer tous les Juifs (ça, on le lui pardonne à l’avance), mais aussi convertir tous les infidèles à son mode de vie antinomique de toutes nos valeurs.

Bah, les valeurs c’est comme le sexe : plus on en parle, moins on les pratique ! LM♦

[1] Ancien secrétaire général de MSF, cofondateur de Médecins du Monde, ancien vice-président de l’académie européenne de géopolitique.
[2] Mot valise indispensable créé par Alain Legaret : « Nous vivons à une époque où il est tout à fait convenable d’être antisémite du moment qu’on ne prononce pas le mot ‘Juif’ » http://alainlegaret.blogspot.com/
Logo Liliane Messika[3] Françoise Giroud, « Cette Shoah qui ne passe pas », Le Monde, 13 juin 2002

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