Grand concours international de surréalisme

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Rire de tout ? Avec n’importe qui ?

Le 10 décembre 2018, le ministre iranien des Affaires étrangères a conseillé à ses compatriotes vivant en France ou qui y séjourneraient en touristes d’être « prudents et de ne pas se rendre dans les lieux de manifestations et de violence (Le Figaro) ». Un autre officiel s’est indigné d’un deux poids deux mesures inhabituel : la réaction internationale bienveillante face aux violences de la répression anti-Gilets jaunes par rapport à la stigmatisation de Téhéran au motif d’une malheureuse course à la bombe atomique.

Ils sont mignons, ces Iraniens qui tirent à balles réelles sur les manifestants pour leur apprendre à marcher droit, qui jettent les homosexuels du haut des immeubles pour leur apprendre à baiser droit et qui administrent en public des coups de bâton aux femmes dont le tchador est de travers…

Leur ancien chef d’État, Mahmoud Ahmadinejad, n’a pas été en reste : il a exhorté Macron à « écouter les demandes et à y répondre de la meilleure des manières … {car} aucun pouvoir ne peut s’opposer à son peuple ». La meilleure manière serait-elle celle dont il a usé et abusé en 2009 dans son pays, lorsque sa réélection a été contestée par la rue ? La violente répression qu’il a, lui, opposée à son peuple l’aurait évincé, si les Américains n’avaient pas choisi de l’aider en restant sourds aux appels à l’aide la jeunesse iranienne.

Bon, d’accord, l’alliance Obama-Ahmadinedjad n’est pas surréaliste, mais logique. À condition d’admettre que l’ex-Président américain Black-is-Beautiful n’était pas la réincarnation du petit Jésus, ce qui n’est pas près d’arriver au pays de Charles Perrault.

Les Présidents américains se suivent et ne se ressemblent pas

Celui d’aujourd’hui n’a pas le triomphe modeste : « Triste jour et triste nuit à Paris. Il est peut-être temps de mettre fin à ce ridicule et très coûteux Accord de Paris et d’en restituer l’argent à la population sous forme de réduction d’impôts ? Les États-Unis étaient en avance à cet égard et c’est le seul grand pays au monde où les émissions avaient diminué l’année dernière. » Pas étonnant qu’il se fasse envoyer promener par notre ministre des Affaires étrangères : « Je dis à Donald Trump, et le président de la République le lui a dit aussi : Nous ne prenons pas parti dans les débats américains, laissez-nous vivre notre vie de nation’. Nous ne tenons pas pour notre part de considération sur la politique intérieure américaine et nous souhaitons que ce soit réciproque.[1] »

Il a pris des leçons auprès des ayatollah, Le Drian ? Il est vrai qu’à part critiquer vertement chacune de leurs décisions quand ils sont trop loin pour nous entendre, on ne se mêle pas de la politique des Amerloques.

En revanche, on ne se gêne pas pour taper sur les doigts israéliens à chaque annonce de construction d’immeubles dans des endroits qui ne nous conviennent pas et pour appuyer toutes les résolutions de l’ONU qui estiment « disproportionné » l’usage qu’ils font de la force quand ils se défendent contre une agression.

On est tellement occupés à s’admirer le nombril qu’on ne s’est pas encore rendu compte qu’Israël est devenu une grande puissance. Ils sont bien gentils, les Israéliens, de ne pas nous le faire remarquer avec la même arrogance et la même mauvaise foi que celle que nous employons contre eux !

Étrangement, c’est Poutine qui a arrosé l’arroseur avec l’arrosoir de la disproportion : « Je demande aux autorités parisiennes de s’abstenir de tout recours excessif à la force, conformément aux principes humanistes. (Le Monde) » Principes humanistes, en farsi dans le texte. Quand on pense que c’est la Belgique qui est le berceau du surréalisme… Oui, mais la Perse est celui des intrigues et des complots !

La marche turque. Version Erdogan, pas Mozart.

« Le président turc a condamné les violences à Paris, à la suite d’affrontements entre la police française et des manifestants en « gilets jaunes », à la suite des critiques concernant sa propre répression des dissidents dans le pays. (…) Il a déclaré que même si des troubles semblaient avoir été causés par des manifestants antigouvernementaux, la police était également coupable de « violence excessive ». (…) Les policiers de ceux qui ont tourné notre police en ridicule, qui les ont critiqués, qui ont affirmé que notre police était cruelle, regardez ce que fait leur police maintenant » (Alaraby, Traduction LM) ».

Il est mignon, Macron, qui regrettait de ne pouvoir admettre illico la Turquie dans la grande famille européenne. En janvier 2018, suite à la visite d’Erdogan à Paris, il expliquait : « les évolutions récentes et les choix ne permettent aucune avancée du processus {d’entrée de la Turquie dans l’UE} – mais je pense que la coopération, le travail exigeant d’un dialogue qui doit être repensé, reformulé dans un contexte plus contemporain et prenant en compte les réalités aujourd’hui qui sont les nôtres, doit être proposé dans les prochains mois. »

Malgré son envie de voir l’Union européenne s’étendre de l’Atlantique à l’Oural, il a quand même rappelé à son homologue ottoman que la détention de centaines de policiers, de soldats et de fonctionnaires depuis 2016 faisait mauvais effet.

Certes, ces remarques ont été faites lors d’un tête à tête, il y a près d’un an, mais il est rancunier, Recep Tayyip, alors il ne cache pas son plaisir de voir Monsieur Donneur-de-Leçons le nez dans son propre PKK !

L’UE s’inquiète de la progression de l’antisémitisme… qu’elle alimente

Une étude réalisée dans 12 pays de l’Union montre que 89% des Juifs européens ont le sentiment que l’antisémitisme a progressé dans leur pays au cours des cinq dernières années (i24news).

En France, les statistiques officielles ont dévoilé que les actes antisémites étaient en hausse de 69% sur les neuf premiers mois de 2018. Notre Premier ministre s’en est alarmé dans une tribune sur sa page Facebook. Mais s’il souhaite inverser ces chiffres, que n’incite-t-il pas son Président à agir en conséquence !

Au contraire, alors que dans l’ensemble de l’Europe, il est clairement établi que les coupables de la violence antijuive se trouvent parmi les nombreux migrants en provenance de pays de religion musulmane, et donc de culture antisémite, la France a signé le 10 décembre à Marrakech le « Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières ». Ce pacte fait de l’immigration un droit de l’homme comme un autre : « Les réfugiés et les migrants jouissent des mêmes libertés fondamentales et droits de l’homme universels, qui doivent être respectés, protégés et exercés en toutes circonstances. (Pacte de Marrakech, texte officiel de l’ONU) »

La France montre ainsi qu’elle privilégie le droit des migrants à celui de ses citoyens juifs. La France ? Non : 80% des Français sont opposés à la signature de ce pacte en leur nom. Et alors ? Alors, le Président, qui a envoyé un sous-fifre le signer, avait déclaré la veille solennellement vouloir mettre « d’accord la Nation avec elle-même sur ce qu’est son identité profonde {et aborder} la question de l’immigration. Il nous faut l’affronter. »

Il est gentil, Macron, mais son évitement de la question « qu’il faut affronter » fait de lui le grand vainqueur du concours de surréalisme, devant l’Iran et la Turquie pour leurs critiques de notre manque de respect des droits de l’homme ! Il a ga-gné, les doigts dans le pied-de-nez de ses administrés ! LM♦

Logo Liliane MessikaLiliane Messika, mabatim.info

[1] Au cours de l’émission Le Grand Jury RTL /Le Figaro/ LCI.

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