Mars, Vénus et les djihadistes

venus_mars.jpgLa droite vient de Mars, la gauche de Vénus et les djihadistes de partout…

La droite vient de Mars

Il était une fois un parti socialiste français qui respirait le dynamisme et qui inspirait confiance. A cette époque préhistorique, on pouvait poser le diagnostic que la Droite venait de Mars et la Gauche de Vénus. En effet, paraphrasant Voltaire[1], un postulat résumait la morale collective : être de gauche vous faisait préférer voir un coupable en liberté plutôt qu’un innocent en prison et être de droite vous faisait choisir le contraire. C’était l’aube d’une ère politique où les valeurs se substitueraient aux actes.

Le jour s’est levé : le coupable et l’innocent étaient devenus les paradigmes des valeurs fondamentales sur lesquelles s’articuleraient désormais les choix politiques.

De de Gaulle à Mitterrand, de 1945 à 1981, pendant deux générations, la France avait été une société patriarcale gouvernée à droite, parce que les Français s’identifiaient aux innocents plutôt qu’aux coupables et que le droit s’appuyait sur cette certitude simple, que les bons doivent être récompensés et les méchants punis.

La Gauche vient de Vénus

Mais petit à petit s’imposa l’idée que les coupables étaient aussi des victimes : de leur milieu, de leur manque d’éducation, d’un handicap de départ, voire d’une origine qui définissait toute leur existence. Au pays de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, la société virant du patriarcat au matriarcat, fit passer la fraternité devant une égalité perçue comme nécessaire, mais à redéfinir.

De fait, si tous les citoyens naissent bien libres et égaux devant la loi, cette égalité des droits n’a jamais compensé les iniquités de la nature et du milieu : quelle que soit la loi, il y a toujours des enfants plus beaux que d’autres, d’autres plus intelligents que leurs voisins, sans compter la chance qu’ont ceux qui naissent dans un environnement culturel favorable.

L’avènement de la gauche a coïncidé avec un mouvement généreux de partage avec les défavorisés, d’ouverture vers les pays du Sud, d’un souci de l’autre qui, le transformant en héros, l’exemptait a priori de toute culpabilité.

Parallèlement, l’individualisme croissant de la société avait éradiqué l’équilibre entre droits et devoirs, jusqu’à faire oublier l’existence des seconds et à transformer les premiers en promesses opposables l’État, y compris quand il s’agissait de réparer les injustices de la nature. On a donc vu les médias rendre compte avec un sérieux papal de manifestations devant le ministère de l’environnement lors de canicules ou de chutes de neige, ou de procès intentés par un couple de transgenres homosexuels qu’un maire s’avérait incapable de marier (Le Monde).

Et alors ? Alors ? Le réel est arrivé-é-é !

Le XXIe siècle était bien entamé quand se désintégra la moelleuse bulle de Barbapapa du sein de laquelle les indigents de la République imposaient leur credo aux cerveaux hexagonaux.

Le soir était tombé.

En effet, entre les attentats au nom d’Allah contre des « Français innocents » (ni juifs ni journalistes) et les publicités Internet où des djihadistes made in France égorgeaient des civils et vendaient leurs femmes aux enchères, le réel finit par se frayer un chemin jusque dans les médias.

Cela mit du temps, car un obstacle majeur dressait un écran de fumée asphyxiante entre les yeux des observateurs et la réalité qui s’exhibait sous leurs yeux. Il avait nom Célafautojuifs et prénom Antisionisme. Mais un moment vint où il ne fut plus possible de surnommer « paix et tolérance » l’idéologie qui tuait tous les jours aux quatre coins de la planète, y compris dans des coins éloignés où jamais un Célafautojuifs n’avait mis les pieds.

Les médias continuèrent machinalement de traiter d’islamophobes racistes ceux qui refusaient de s’offrir en sacrifice aux djihadistes, mais le public se risquait maintenant à réfléchir en cachette et il ne gobait plus l’hostie médiatique sans la mâcher.

En Autriche, Strudl, Yodl et refus du linceul

Un autre jour se lève. Les adeptes du yodel stridulé, en short de cuir et chapeau tyrolien, semblent tenir à leur sécurité. Pour cela, contrairement à la méthode française (qui consiste à défiler en se gargarisant de slogans que nul ne songe à transformer en actes), les Autrichiens prennent des mesures concrètes. Après avoir mis en œuvre, en 2018, « l’orientation voulue depuis longtemps par l’Autriche, celle de protéger les frontières extérieures de l’espace Schengen (Le Figaro) », en refoulant les migrants, le gouvernement autrichien prépare un « dispositif de rétention préventive des demandeurs d’asile qui seront jugés potentiellement « dangereux », selon des critères qui restent à définir, mais qui suscitent déjà des réserves (Ouest France). »

En France, le seul mot « critères » eût suffi à faire annuler le projet, tant l’EGM[2] français est devenu allergique au concept de sélection (donc de « critères de –» ) pour quelque motif que ce soit, à la notable exception de la Palme d’or du Festival de Cannes.

Mais les Autrichiens n’ont pas, comme nous, peur des mots et encore moins des concepts qu’ils désignent. Expliquant la raison de son initiative, le Premier ministre, Sebastian Kurz, a prouvé qu’il était de droite et préférait voir les coupables en prison, même si un innocent se retrouvait du mauvais côté de la barrière.

Il a évoqué un demandeur d’asile turc, qui, après avoir menacé l’employé régional chargé de sa demande d’asile, a fini par l’assassiner. Il attend son procès en prison. L’assassin, pas le fonctionnaire : lui, il est mort. Sinon, chez nous, les rôles auraient probablement été inversés. Kurz ne veut pas que se reproduisent de tels événements. Nous non plus ! Mais nous préférons quand même ce risque à celui de traumatiser un innocent djihadiste. Les Autrichiens, eux, sont des sans cœur : ils exigent que les migrants observent un couvre-feu dans leurs centres d’hébergement de 22h00 à 6h00 du matin. Inhumain !

France, patrie des Droits de l’homme, surtout des étrangers

On aime à répéter la si jolie formule humaniste de notre ministre de l’Intérieur à propos des djihadistes que la France s’apprête à récupérer : « Ce sont des Français avant d’être des djihadistes.[3]»

Dans la mesure où ils sont nés français, puis ont fait le choix de quitter la France pour partir au djihad, quitte à revenir afin de perpétrer des attentats sur le sol hexagonal, il n’est pas idiot de les considérer comme djihadistes d’abord. C’est ce que Valérie Boyer, députée LR, a estimé, souhaitant « empêcher que ces djihadistes qui ont trahi la France et combattu notre civilisation ne reviennent (le Parisien). »

On rappelle que juste avant d’assassiner le Père Hamel, en juillet 2016, l’un de ses assassins, Kermiche, avait été remis en liberté par des magistrats crédules, qui avaient cru à son désir de « trouver un travail, m’intégrer à la société française ». Les juges des libertés et de la détention n’avaient jamais entendu parler de la « takiya », le mensonge préconisé par le Coran comme outil du djihad contre les infidèles. Ils devaient s’informer dans la presse franco-bisounoursienne…

Deux ans après la mort du prêtre, une autre victime blessée, Guy Coponet, n’avait toujours pas été entendu par le juge d’instruction chargé de l’affaire. Les tribunaux sont déjà débordés. Et notre ministre de l’Intérieur croit nous rassurer en affirmant que « tous ceux qui rentreront en France seront judiciarisés et confiés aux juges. Lorsque le juge estimera qu’il faudra les mettre en prison – et ce sera l’essentiel des cas – ils seront mis en prison (le Figaro) ».

Tout sauf l’israélisation de la sécurité

Évidemment, il y aurait une solution plus radicale et qui correspondrait point par point à la « morale » de ces Français désireux de combattre, de torturer et de tuer des « kouffars ». Cela s’appelle les exécutions ciblées. Quelques politiques l’ont évoquée et l’idée est cajolée par de nombreux Français « anonymes » (comprendre « dont les noms sont inconnus des journalistes », si bien que leurs propriétaires sont considérés comme n’ayant pas de patronyme).

Mais ce moyen est inutilisable par la France des droits de l’homme : quand on a menacé Israël aussi souvent que notre « diplomatie » des foudres de la CPI pour l’avoir pratiquée contre des terroristes multirécidivistes, on n’y recourt pas.

Alors retour sur Vénus et tant pis pour les futures victimes « françaises innocentes » des djihadistes. Leurs proches se rassérèneront, sur leur tombe, à la pensée que la France des Droits de l’Homme a scrupuleusement respecté ceux des assassins passés, présents et à venir. Ce qui est pratique, c’est que les mêmes individus peuvent relever des trois catégories. CA♦

Cécile Attal, mabatim.info

stylo-plume attc[1] « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable plutôt que de condamner un innocent », in Zadig ou la destinée (1748)
[2] Esprit Génétiquement Modifié
[3] Sauf mention contraire, toutes les citations de ce paragraphe sont issues du Parisien.

Publicités

2 commentaires

  1. Intéressant voyage interplanétaire. L’humour grinçant de C. Attal nous fait toucher du doigt l’absurdité du droitdel’hommisme qui nous fait haïr ce qui nous ressemble et aduler ce qui nous est contraire.

    J'aime

  2. Un article qui dresse un tableau qui decrit bien les travers de la pensée actuelle. Pourtant, c est dommage, dans cet article, Une reference a Voltaire est à mon avis completement erronée, déformée scandaleusement, je dirais… malhonnêtement :
    Cecile Attal ecrit : En effet, paraphrasant Voltaire[1] un postulat résumait la morale collective : « être de gauche vous faisait préférer voir un coupable en liberté plutôt qu’un innocent en prison et être de droite vous faisait choisir le contraire. C’était l’aube d’une ère politique où les valeurs se substitueraient aux actes. »
    Heureusement que ce que voulait dire Voltaire est mis en reference en bas : Voltaire:
    [1] « Il vaut mieux hasarder de sauver un coupable plutôt que de condamner un innocent », in Zadig ou la destinée (1748) »

    C est completement different et tord a l extreme ce que Voltaire pensait…

    J'aime

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s