Le sionisme, « oui, mais… »

oui_mais_non.jpgD’aucuns estiment que l’antisionisme est une opinion estimable

Admettons. Et définissons une opinion, en commençant, à tout seigneur, tout honneur, par le Larousse : « Jugement, avis, sentiment qu’un individu ou un groupe émet sur un sujet, des faits, ce qu’il en pense : Exprimer son opinion au cours du débat. L’opinion des critiques. »

Synonymes : avis, conviction, idée, impression, jugement, point de vue, sentiment.

Et demandons-nous si tous les convictions, idées, impressions, points de vue et sentiments sont estimables. Estimables ? Retour au recours au seigneur : 1) Dont on apprécie la valeur, digne d’estime ; respectable, honorable : Un homme estimable par sa probité. 2) Qui a de la valeur sans être exceptionnel : Ce livre est estimable sans être remarquable. 3) Qu’on peut estimer, évaluer : Une fortune difficilement estimable.

Puisqu’on en est aux définitions, cherchons « sionisme » : « Mouvement dont l’objet fut la constitution, en Palestine, d’un État juif (Larousse). » C’est un peu court. Étoffons, sans étouffer le lecteur sous des encyclopédies thématiques : « Le sionisme est une idéologie politique fondée sur un sentiment national juif, décrite comme nationaliste par les uns et comme émancipatrice par les autres, prônant l’existence d’un centre territorial ou étatique peuplé par les Juifs en Terre d’Israël (Eretz Israël) (Wikipedia). »

Corollairement, l’antisionisme est le sentiment qui s’oppose à l’idéologie politique prônant l’existence d’un État juif en Israël. Est-ce respectable et honorable ?

Pour tester, remplaçons « juif » et « Israël » par d’autres termes équivalents. « Le sentiment qui s’oppose à l’idéologie politique qui prône l’existence d’un État français en Gaule » est-il respectable et honorable ? « Le sentiment qui s’oppose à l’idéologie politique qui prône l’existence d’un État musulman au Pakistan » est-il respectable et honorable ? « Le sentiment qui s’oppose à l’idéologie politique qui prône l’existence d’un État allemand des deux côtés de l’ex-Mur de Berlin » est-il respectable et honorable ?

Tant qu’une opinion reste un sentiment, on peut la respecter, sans l’estimer

Les nostalgiques de la Gaule romaine et ceux qui réfutent l’idée d’un peuple pakistanais au motif que ses citoyens se considèrent avant tout comme membres de la Oumma, la communauté des croyants de l’islam, ont parfaitement le droit de penser ce qu’ils veulent.

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Mais s’ils se mettent en tête de monter des associations internationales, dont le seul objectif est d’isoler la France, le Pakistan ou l’Allemagne au sein de la communauté internationale, dans l’objectif de « fermer la parenthèse historique » de leur existence en tant qu’États souverains, cela pose un certain nombre de problèmes, d’abord éthiques, mais aussi juridiques, économiques, politiques et en dernier ressort militaires, car il est peu probable que la France, le Pakistan ou l’Allemagne accepteraient, sans se battre, d’être effacées de la carte.

L’hypothèse n’est pas aussi déjantée qu’elle apparaît. En effet, il existe différents États voyous, secondés par différentes associations d’idiots utiles, qui se monopolisent sur cet objectif, non pas vis-à-vis de l’ancienne Gaule devenue France en 1190, quand le roi Philippe Auguste se mit à employer le terme rex Franciæ (roi de France) à la place de rex Francorum (roi des Francs)[1], mais contre l’État d’Israël, ressuscité sur la terre même qui avait vu le règne des rois d’Israël fleurir, puis flétrir, entre 1020 et 589 avant l’ère chrétienne.

Opinions, sentiments, croyances, délires et déguisements

« Macron est un piètre président » est une opinion. « Les Juifs ont des pouvoir magiques » ou « La Terre est plate, car c’est écrit dans le Coran » sont, au choix, des croyances délirantes ou de la bêtise, mais en tout cas pas des opinions estimables. À la limite, on peut les estimer dignes d’un haussement d’épaules.

Et puis, il y a la haine, socialement inacceptable dans les démocraties occidentales du XXIe siècle, donc souvent camouflée sous d’autres oripeaux.

La haine des Juifs était banalisée en Europe jusqu’en 1939, à une époque où l’opinion générale n’attribuait pas d’âme aux femmes et ne leur permettait d’autre vocation qu’épouses et mères.

Cette haine et ces deux opinions perdurent de concert aujourd’hui, dans de larges parts du globe, où règne une obscurité intellectuelle institutionnalisée par des dictatures politiques arriérées et brutales.

C’est curieux, comme l’antisémitisme est souvent en couple avec la misogynie… Cela n’empêche, hélas pas, des femmes d’être antisémites ni des Juifs d’être misogynes. Pourtant, on aurait espéré que la convergence des haines contre eux les pousse à ouvrir les yeux. Cet espoir aussi est une croyance invalidée par les faits, donc une opinion stupide. Dont acte. Mea culpa.

Mais enfin, l’antisionisme n’a rien à voir avec l’antisémitisme !

Certes, nous ne voudrions pas être accusés de confondre anthropophagie et cannibalisme ou misogynie et féminophobie et encore moins la haine des individus juifs avec la haine du pays des Juifs… Mais on avoue être tentés par l’idée… qui est plus qu’une opinion, quand elle est prouvée par les faits.

Aaaah ! Les faits ! Seuls, des matérialistes rétrogrades s’y réfèrent encore, vous n’avez pas honte d’en évoquer même le concept ? Non. On assume aussi d’utiliser l’échelle des 3D pour le prouver. Les 3D, rien à voir avec les hologrammes, sont les trois critères isolés par Natan Sharansky : diabolisation – deux poids deux mesures – délégitimation.

La diabolisation, c’est prétendre, sans preuve, voire avec d’innombrables preuves du contraire, que les citoyens d’un pays tuent pour le plaisir, ou mangent les petits enfants, ou pratiquent l’apartheid… Le deux poids deux mesures, c’est juger un pays ou ses habitants coupables de choses pour lesquelles les autres pays ne sont jamais incriminés. Enfin, la délégitimation, c’est refuser à un pays reconnu par l’ONU le droit d’exister.

Une fois qu’on a la haine, yapuka lui inventer des raisons

Par exemple, on peut dire que fonder un pays sur une religion, c’est illégitime, donc Israël est illégitime. C’est une raison suffisante pour le haïr ? Oui. Suffisante, mais pas nécessaire.

Et c’est là qu’entrent en scène les duettistes Deux poids-Deux mesures, qui chantent : République islamique d’Afghanistan, République islamique d’Iran, République islamique de Mauritanie, République islamique du Pakistan, ex-République islamique du Turkestan oriental, ex-République fédérale islamique des Comores, sans compter la Gambie, dont le président a annoncé, en décembre 2015, que son pays était « désormais un État islamique (France24)», même s’il n’a pas changé de nom.

Cerise sur le strudel, le peuple juif se reconnaît comme un peuple et non plus seulement comme la religion qui lui a donné naissance, vers 1250 avant l’ère chrétienne. En témoignent le nombre de Juifs athées et le fait que le système juridique de l’État juif reprend les fondements légués par l’occupant britannique. Ça ne convainc pas les antisionistes ? Non. Rien ne peut convaincre les antisionistes : la haine est leur oxygène.

La preuve : à l’inverse du peuple juif sur sa terre ancestrale, qui a adopté des critères contemporains, il y a, dans le monde, 57 États dont l’islam est religion d’État et la sharia, la loi islamique, la base législative. Combien d’associations internationales sont vouées à leur disparition ? Zéro.

Délégitimation ? Le mantra des antisionistes est que l’État d’Israël est une parenthèse de l’histoire qu’ils veulent refermer afin de laisser la place aux Palestiniens, à leurs yeux les propriétaires légitimes du pays.

  1. Les sources archéologiques témoignent de la présence juive depuis au moins trois millénaires.
  2. Le nom « Palestine » a été attribué par les occupants romains à Israël en 70 après J-C.
  3. Les « Arabes de Palestine », Égyptiens de Gaza et Jordaniens de Cisjordanie, se revendiquent comme peuple palestinien depuis 1967.

Pourquoi cette revendication datant de 52 ans devrait-elle avoir plus de légitimité que celle des Juifs depuis 3000 ans ? Paske.

Quand on a un coupable, yapuka trouver le crime

Dans cette discipline, la compétition est rude et les champions se succèdent à grande allure sur le podium. Pourtant, l’entraîneur britannique, Jeremy Corbyn, a de quoi s’enorgueillir de ses résultats : pas une semaine sans que lui-même ou l’un de ses poulains ne reçoive une distinctions spéciale.

Le 23 avril 2019, c’était Grahame Morris, député du parti travailliste, comme son gourou, qui utilisait la méthode éprouvée par celui-ci au moyen d’une vidéo montrant des soldats guatémaltèques en train de frapper des enfants.

« C’est merveilleux, absolument merveilleux », twitta-t-il au comble d’une extase sincère : « L’armée israélienne, l’armée la mieux financée, la mieux entraînée et la mieux équipée au monde, filmée en flagrant délit de tabassage d’enfants palestiniens pour le plaisir ![2] »

Il trouvait cela réellement merveilleux, l’antisioniste-pas-antisémite pour un poil, qu’on tabasse des enfants ? Non, ça, en réalité, ce n’était que l’alibi auquel arrimer sa haine ce jour-là. Ce qui le faisait jouir, c’était de montrer des Juifs en flagrant délit d’une mauvaise action, alors son choix de crime à leur imputer était, en effet, merveilleux. Que des gamins soient victimes de brutalité ne l’indignait pas, ni ne diminuait son plaisir, il l’exacerbait plutôt puisqu’il en avait fait l’outil de propagation de sa haine.

Le coïtus interruptus a dû être douloureux et la chute du septième ciel sans escale. « La seule chose merveilleuse ici, ce sont vos mensonges. Ce ne sont pas des soldats de Tsahal. Nous attendons vos excuses » a twitté le berger Tsahal à la bergère God Save Antisionix, avec le lien vers la vidéo d’origine, qui identifiait les soldats comme indubitablement guatémaltèques.

Le « oui mais » comme signature ADN de l’antisémitisme

Si Pierre accuse Paul ou Jacques d’un crime horrible et que la preuve est faite d’une accusation infondée, Pierre se confondra en excuses et aura à cœur de réparer le tort fait à l’innocent. Oui, si Pierre était de bonne foi.

Monsieur le député travailliste Grahame Morris a démontré que sa foi, sa croyance à lui s’appelait Judéophobie et qu’il avait agi en toute connaissance de mauvaise foi. Plutôt que de retirer son tweet et de se retirer, honteux, dans ses appartements, le temps de se faire oublier, il a laissé l’accusation en ligne et, après avoir grommelé de vagues alibis à base d’erreur à l’insu de son plein gré, il a ajouté : « Oui, mais il existe de nombreux exemples documentés et vérifiables montrant que les FDI (Forces de Défense d’Israël, alias Tsahal en VO) ont maltraité des enfants palestiniens prisonniers. »

Si elles existent, ces preuves, il ne les a pas trouvées, pourtant ce ne sont pas les soldats brutaux qui manquent. On lui suggère les Syriens, les Turcs, les Soudanais, les Nigérians…

Oui mais… Peut-être les uniformes sont-ils trop reconnaissables. Ou bien les soldats trop noirs pour accréditer en plus l’apartheid israélien. Ou bien ce sont les enfants qui sont identifiables…

Bref, ilapapu. Mais il cherche : « je continue d’exploiter mes trolls à la recherche d’info[3] ». Oui, les trolls, vous savez, ces nains nordiques aussi laids que méchants ? Les députés aussi laids que méchants les importent depuis leur mythologie native pour les faire travailler sur Twitter, à initier des polémiques pour provoquer du trafic sur le fil de leur papa exploitif.

Médire, mentir, maudire, dire n’importe quoi pourvu que ça nuise

Ce « Oui mais », c’est son aveu, au Morris pas marri : OK, les soldats guatémaltèques, ça n’a pas marché, il ne se décourage pas pour autant. Le mal, c’est une vocation. Il continuera d’exploiter toutes les sources possibles, pour trouver une autre accusation et, si la suivante aussi est éventée, il continuera d’en inventer, parce que son seul objectif est de nuire à Israël, quel que soit le prétexte invoqué, pas de mettre à jour des manquements aux droits de l’homme.

Lui-même est tout sauf « droit » : tordu, sournois, malsain, trompeur, fourbe, déloyal, faux, imposteur, dépravé, fallacieux, insidieux, cauteleux… mais pas droit. Quant à « homme »…

Comment disait Kipling, déjà ?

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles 
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ; 

… Alors tu serais un homme, mon fils.

Ah ! Mais il parlait de Tsahal, pas de l’avorton qui accuse l’État juif de maux imaginaires, abrité derrière son statut de député ! CQFD. LM♦

Liliane Messika, mabatim.info

Logo Liliane Messika[1] Jean-Paul Meyer, Les fils de l’an 2000, (Éditions Harmattan)
[2] “Marvellous, absolutely marvellous the Israeli Army, the best financed, best trained, best equipped army in the world caught on camera beating up Palestinian children for the fun of it,” (Algemeiner.com)
[3] “I am harvesting and documenting a few more of my trolls.”

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Un commentaire

  1. Chere Liliane, vous etes un merveilleux soldat au service de la verite et de la justice, face a tous ces pervers menteurs et antisemites. Merci de tout Coeur.

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