Pauvreté absolue ou relative dans un pays où l’obésité est une maladie de « pauvres »

decroissance.jpgEn France, les obèses sont quatre fois plus nombreux chez les enfants d’ouvriers que de cadres. Une urgence sociale autant que de santé publique.

De la pauvreté (« S’en occuper tient lieu de toutes les vertus » – Dictionnaire des idées reçues)

En France avec le politiquement correct, les pauvres n’existent plus, nous avons des plus défavorisés, des exclus ou des SDF. Cependant, cela ne change rien au fait que des personnes ont de très sérieuses difficultés en matière : d’emploi, de revenu, de logement, d’alimentation, d’habillement, de santé, de formation … sans parler de leur statut, de leur reconnaissance par la société.

Les organismes internationaux utilisent différentes méthodes pour mesurer la pauvreté :

  • Mesure subjective : évaluation subjective du bien-être d’un individu, par lui-même ou par d’autres personnes ;
  • Mesure objective de la pauvreté : utilisation de concepts courants et uniformément applicables, par exemple, seuil national de pauvreté, seuil de pauvreté alimentaire ou 1 dollar par jour, l’indice de sortie de la pauvreté (PPI), ce dernier est utilisé par 54 pays.

En France, nous calculons un seuil de revenu qui correspond à 60% du revenu médian des Français, en deçà duquel nous considérons les personnes comme des plus défavorisées, soit pour 2018, 1026 € par mois pour une personne seule. Nous avons 13% de la population en dessous de ce seuil. On notera le côté relatif de ce seuil, en effet si par un coup de baguette magique, j’augmentais de 100% le revenu de chaque français, le seuil passerait à 2052, et il y aurait toujours 13% de la population en dessous de ce seuil. Le seul moyen de faire baisser ce pourcentage, c’est de bloquer la progression de la moitié des Français dont les revenus sont au-dessus de la médiane.

De l’hyperconsommation et de la satisfaction des désirs sous toutes leurs formes possibles (Gilles Lipovetsky)

Utiliser un seuil relatif est cependant probablement adapté à notre société d’aujourd’hui, où le simple fait de manger, se loger, se vêtir n’est pas considéré comme suffisant. En 2019, on vise non pas ce qui est nécessaire pour vivre, mais ce qu’il faut pour vivre bien. On ne veut pas se contenter de simplement satisfaire des besoins objectifs, mais d’assouvir les désirs créés par notre société d’hyperconsommation. Le problème est que le désir est subjectif et infini, et si, comme le dit Spinoza, « le désir est l’essence même de l’homme », il nous voue à l’insatisfaction. Il ne faut pas non plus confondre le désir avec le manque qui est la marque de l’échec de la satisfaction de son désir et qui génère des frustrations, des envieux.

Dans ces conditions s’attaquer à la pauvreté est un travail pour Sisyphe. D’ailleurs récemment on a vu qu’accorder une prime mensuelle de 100€, nets d’impôts et de charges, soit ~10% du seuil de pauvreté d’une personne seule a été considéré comme des broutilles. En effet, une telle somme n’est pas de nature à amener quelqu’un à se réaliser grâce à une consommation qui le satisfasse. Dans notre société de consommation, l’appropriation indéfinie de biens est devenue une fin en soi, et à ce jeu, le consommateur est insatiable.

De la décroissance et de l’abandon de notre mode vie actuel (un objectif pour une société en pleine décadence ?)

Les décroissants ont bien compris l’impasse qu’est cette société d’hyperconsommation avec cette impossibilité de satisfaire tous les désirs. Pour eux la société actuelle fondée sur la compétition et la consommation, destructrice de la nature est génératrice d’inégalités sociales. Ils veulent donc promouvoir une société fondée sur la qualité plutôt que sur la quantité, sur la coopération plutôt que la compétition, avec aussi comme objectif la justice sociale. Il s’agit donc pour eux de consommer autrement, de satisfaire d’autres désirs (égalité, sauvegarde de la planète …)

Dans cet esprit, si par un coup de baguette maléfique je divise par deux le revenu de chaque Français, le seuil de pauvreté à la française tombe à 513€, pour ce qui est des pauvres, il n’y a toujours que 13% de personnes en dessous du seuil, nous consommons moins et sauvons la planète.

Épictète nous a enseigné « qu’il faut distinguer les choses qui dépendent de nous et de celles qui n’en dépendent pas. Seul ce qui dépend de nous est libre, le reste est indifférent. Est libre celui qui ne désire rien qui lui soit étranger, et ce n’est pas par la satisfaction du désir qu’on a la liberté, mais par la destruction du désir ».

Les décroissants seraient-ils des sages ?

En tout cas ce qui est sûr, c’est que la philosophie peut nous aider à répondre aux questions de notre vie, notamment en raisonnant comme Épictète : découvrez l’intérêt de la philosophie en 2’. MB

Michel BruleyMichel Bruley, MABATIM.INFO

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