Frères musulmans, Iran, les impasses de Narcisse président (1/2)

Macron narcisse2.jpegDes métaphores biologiques en général et en particulier

Il y a des métaphores faciles et les métaphores biologiques en font souvent partie : tel est enragé de peinture contemporaine, tel autre a attrapé le virus des maths et la troisième est contaminée par la fièvre acheteuse ; en politique on cite la peste brune, mais aussi, côte antisémites racialistes, le cancer juif détruisant la société de l’intérieur, etc. Tout cela ne va pas plus loin que l’image concrète d’un état psychologique ou d’un mal politique abstraits, du coup plus faciles à saisir pour le commun des mortels, voire pour un vulgum pecus ainsi plus facile à duper.

Dans le cas des Frères musulmans envisagés comme un cancer au cœur de l’Europe, la métaphore peut donner à penser au-delà de la simple image de propagande. En effet le cancer a pour propriétés :

  • D’abord d’être indétectable jusqu’à atteindre une taille tumorale si on n’investigue pas de façon préventive sur les parties du corps les plus susceptibles de l’abriter en tenant compte de l’hérédité et du mode de vie du patient.
  • Ensuite, de consister en une prolifération anarchique de cellules en l’absence de régulation des systèmes de défense de notre corps : il est par conséquent une mise en faillite de notre système immunitaire interne ;
  • Enfin, s’il n’est pas décelé et soigné à temps, de provoquer la mort en s’étendant par métastases jusqu’à la plupart de nos organes vitaux : cerveau, foie, poumons, reins. (Source : thierrysouccar.com)

Si on considère que les Frères musulmans, sont sur le point d’obtenir du Président Macron la direction du nouvel AMIF (Association des Musulmans pour l’Islam de France), on peut constater que Macron confie les clés de cet islam improbable et introuvable à ceux contre lesquels il délègue, d’autre part, de manière schizophrénique, des protections policières pour des personnalités telles que le philosophe Robert Redeker, ou encore les journalistes et essayistes Caroline Fourest, Zineb El Rhazoui et Philippe Val, sur lesquels les Frères ont prononcé une fatwa de condamnation à mort pour faute majeure de pratique de la liberté d’expression.

Qui sont les Frères musulmans ? Dignement représentés en Europe par Tariq Ramadan – emprisonné pour plusieurs accusations de viol, encore hésitant quant à la prescription de la lapidation des femmes adultères et petit-fils d’Hassan Al Bannah, fondateur du mouvement de retour aux pieux salafs (ancêtres) de l’Islam, les Frères ne sauraient s’accommoder de pratiques kouffars (mécréantes) comme la liberté d’expression, un des acquis de base de la démocratie et – donc – bête noire des Frères. Sur l’état d’esprit de ceux-ci on se reportera avec intérêt à l’ouvrage de l’écrivain algérienne Latifa Ben Mansour : Frères musulmans, frères féroces. Voyage dans l’enfer du discours islamiste, Ed. Ramsay, 2002.

Aujourd’hui le programme des Frères musulmans est le même qu’hier : infiltrer tous les pouvoirs de l’État partout où ils se trouvent et utiliser la couverture commode des associations humanitaires et culturelles pour ne pas se faire repérer. C’est ce que nous apprend, faits et chiffres à l’appui, un distingué ex-Frère, Abdul Rahman Khalifa Salem Sobeih Al Suwaidi qui a passé 35 ans dans la Confrérie et qui accuse aujourd’hui cette société secrète de vouloir dominer l’Occident (Le Point, 23/08/2019 interview d’Al Suwaidi par Ian Hamel). On y apprend que les Frères, ayant été lâchés par de nombreux pays musulmans, sont en train de se refaire une santé en Europe ; qu’ils passeraient au large des radars des services secrets et agiraient en grande partie à partir de sociétés parfaitement légales, infiltrées et impliquées dans le domaine humanitaire comme, par exemple, l’association Islah que l’UNICEF au Yémen a choisie comme partenaire. Qu’ils sont pléthore dans les campagnes d’aide et de secours aux victimes de guerres et de catastrophes naturelles dans le monde entier ; que leur inspirateur est toujours, au XXIème siècle, Sayyid Qutb, auteur de Notre lutte contre les Juifs (1950), le plus radical des Frères, pendu au Caire en 1966, qui avait posé le principe qu’il pouvait considérer qui était ou non un bon musulman et s’arroger le droit de tuer d’autres musulmans, ce qui est la définition du crime contre l’humanité ; qu’Oussama Ben Laden était un Frère, comme son mentor en Afghanistan, le Palestinien Abdallah Azzam.

Il épilogue également, sans la citer, sur ce qu’Hannah Arendt dans Le Système totalitaire a nommé la « structure en oignon » des partis et mouvements totalitaires : au cœur du parti sont ceux qui connaissent précisément le contenu idéologique de la doctrine et sont prêts à tout pour la mettre en œuvre. Plus on s’éloigne des couches centrales plus la doctrine est euphémisée pour s’accorder avec les valeurs du tout-venant et rallier ainsi de plus en plus d’idiots utiles. Chaque cercle n’est en relation qu’avec celui qui lui est directement contigu, et ce, qu’on aille vers l’intérieur ou vers la périphérie, chacun des cercles définissant ainsi une nouvelle « zone de confidentialité ».

Servitude volontaire de l’Europe

Mais allons plus loin dans la métaphore et disons comment les Frères musulmans constituent ce cancer déjà avancé au cœur de l’Europe et visant à en détruire méthodiquement tous les acquis civilisationnels. Ils ont réussi à ce que l’UE garde les yeux grands fermés sur le danger qu’ils nous font courir et se paye même le luxe de reverser à nos pires ennemis, en largesses « humanitaires », une part non négligeable de nos impôts : aucune prévention de la maladie mortelle qui s’appelle, transposée en politique, servitude volontaire. Au contraire, c’est sur notre travail et donc notre énergie que l’on nourrit cette maladie en voie de métastaser dans notre cerveau – les Universités ouvertes à l’idéologie dite décoloniale, laissant proliférer le mensonge de l’assimilation de la critique de l’islam politique – appelée « islamophobie » tant par les Frères que par l’Iran des mollahs – au racisme visant les musulmans : le philosophe et fin défenseur de la laïcité Henri Pena-Ruiz vient encore d’en faire l’amère expérience ; notre foie – les médias chargés de filtrer et de restituer à notre corps social des informations fiables, et qui se sont transformées en apologètes du pouvoir en place ; nos poumons – ce que nous respirons au quotidien en fait d’air et qui, ayant été changé en étouffoir politiquement correct, nous laisse sans l’oxygène de l’esprit critique ; et nos reins, ce qui nous permettait justement d’éliminer les toxines de la désinformation et qui, ne jouant plus leur rôle sauf dans quelques médias faisant réellement – et pas pour la galerie – le ménage des fake news, nous laissent nous intoxiquer jusqu’au seuil fatal où nous ne serons plus accessibles au réel et à ses contraintes, ce qui sonnera le glas de la démocratie.

Qui faut-il en tenir pour responsable ? L’alerte de Gérard Collomb

Comment cela est-il possible ? Il faut sans aucun doute incriminer le dysfonctionnement du système d’alerte du politique qui ne renseigne pas précisément l’exécutif au sujet du danger que représentent les Frères musulmans : première hypothèse. Or un livre d’Alexandre Jordanov paraît ces temps-ci qui vise à laver le Renseignement du péché d’incurie ; il s’intitule : Les Guerres de l’ombre de la DGSI. Plongée au cœur des services secrets français (Nouveau Monde Éditions, 2019) et il répond en détail à ce soupçon en démontrant que ce n’est pas le travail des Services secrets qui est défaillant, mais la hiérarchie qui ne suit pas et qui bloque les efforts considérables et souvent très risqués des espions au cœur de la nébuleuse islamiste. Ce livre ne sort pas maintenant par hasard. Il y eu le propos alarmant du ministre de l’Intérieur démissionnaire Gérard Collomb le 3 octobre 2018 (Valeurs Actuelles). Cet homme expérimenté et pondéré est peu susceptible de s’exprimer sur les deux France qui seront sous peu « face à face » – c’est-à-dire en clair en guerre civile – pour faire du buzz ou pour tout autre motif frivole. Il a parlé ainsi face caméra au moment de partir, comme pour nous dire : au sommet de l’État, je n’ai rien pu faire. La balle est maintenant dans votre camp à vous, citoyens de la Société civile. Ne comptez pas sur le politique pour assurer votre sécurité au nom de l’Intérêt général. Il n’y a plus de pilote dans l’avion.

Troublant non ?

Le livre de Jordanov va exactement dans le même sens.

Faute d’avoir l’oreille de notre Pire-cédant, les services secrets aspirent au moins à nous alerter, nous, simples lecteurs-citoyens, sur le monde absurde dans lesquels eux et nous vivons.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la leçon n’a pas été tirée de l’inefficience des États démocratiques face à l’agression hitlérienne. L’un des piliers – si on peut dire ! – de cette inefficience, c’est la surdité des gouvernants aux informations remontant des Services secrets, comme on le montrera dans un instant.

L’angélisme exterminateur.

Les cellules cancéreuses se nourrissent essentiellement de glucose apprend-on sur un site consacré à la santé et au bien-être, « Santé corps esprit ». Dans le domaine politique, le sucre c’est l’angélisme exterminateur, comme l’écrivait déjà en 1993 Alain-Gerard Slama, angélisme toujours lié au narcissisme de ceux qui le pratiquent. En effet le narcissisme comme règle de vie, conduit toujours à enfreindre toutes les limites pour voir jusqu’où on peut aller trop loin et en arriver à jouir de pouvoir être encore un peu plus transgressifs que prévu : par exemple on peut se soumettre un peu plus que de décence à des tyrans pour finalement, grâce à la mort de valeureux résistants, finir par récupérer notre petite tranquillité. C’est le cas des collabos de l’antisémitisme et du nazisme qui ont survécu grâce à la mort de millions de juifs et d’autres opposants au nazisme, tandis qu’eux se payaient le luxe de rester inertes ou carrément de s’impliquer dans la promotion de « l’État français ».

La dimension psycho-affective des inconscients politiques individuels et collectifs devrait être enseignée de façon systématique dans les Sciences politiques ; comment en effet vit-on avec la conviction intérieure d’être un lâche et que transmet-on à ses enfants et à sa famille, outre la propension à mentir et à se mentir à tous propos ? Quels actes manqués d’autodestruction individuelle et collective finira-t-on par commettre pour ne pas déroger en totalité à la morale à laquelle on prétend souscrire et qui reste, le plus souvent, la bonne vieille « morale de nos pères » comme disait Jules Ferry dans sa célèbre Lettre aux instituteurs du 17 novembre 1883, soit la morale judéo-chrétienne, y compris sécularisée en morale kantienne ? Comment, pour finir, ce glucose de l’âme finit-il par engluer tout esprit de résistance au totalitarisme ? Comment le totalitarisme peut-il finir par gangrener un corps politique à peu près sain et le posséder pour un ou plusieurs siècles, invalidant toute possibilité de revenir en arrière ou plutôt arriver à s’en sortir ? Peut-on jouer avec ce risque en enfants insouciants qui s’amusent avec les allumettes ou bien faut-il s’arrêter à temps en prenant exemple sur des nations résilientes comme le jeune État d’Israël ? Comment éduquer réellement et pas pour la vitrine, contre le risque totalitaire, maladie infantile des démocraties ? NL♦

A suivre…

lamnNadia Lamm, MABATIM.INFO

[Lire la Deuxième partie (2/2)]

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3 commentaires

  1. Absolument remarquable. La métaphore du corps est si pertinente qu’on se demande si ce n’est pas la médecine qui est la métaphore de la politique au lieu de l’inverse !
    Merci Nadia Lamm, de ce décryptage éclairant… et désespérant!

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    • Pour nos lecteurs : ce constat n’est pas désespérant, car il offre des pistes d’actions dans la Deuxième partie. A chacun(e) d’imaginer celles qui lui sont le mieux adaptées et de s’en saisir !
      Merci de votre intérêt, Liliane.

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