Des Sections Spéciales à la jurisprudence Halimi

Section spéciale.jpg« Ainsi l’affaire Sarah Halimi ne sera pas jugée ! Une jurisprudence vient de naître. Celui qui prend une substance illicite n’est pas responsable des conséquences ».
(Me Francis Szpiner, avocat des enfants de la victime).

Malgré tout le respect dû à cet honorable avocat, il se pourrait bien qu’il se trompe

– Le 28 avril 2007, un jeune homme, Antonio Manuel Costa, français d’origine angolaise, hurle « ils vont me tuer », en errant dans les rues d’Albi sous l’emprise du cannabis. Il commet des dégradations, agresse des passants, vole des véhicules et renverse deux adolescents dont un décède sur le coup et l’autre est blessé. Costa est interpelé. Il est envoyé pour meurtre devant la cour d’assises le 30 septembre 2009. L’attitude de Costa est incohérente. Le tribunal considère néanmoins qu’il y a eu volonté d’homicide, le déclare sain d’esprit et pénalement responsable de ses actes. Il est condamné à dix ans de prison (la Dépêche).

– Le 3 février 2015 à Nice, Moussa Coulibaly déjà condamné à de multiples reprises pour usage de stupéfiants a tenté d’assassiner au couteau trois militaires de l’opération Sentinelle, blessant deux d’entre eux. Il a revendiqué sa haine des policiers, des militaires et des juifs. Le douze décembre 2019, la cour d’assises de Paris l’a condamné trente ans de réclusion criminelle.

Je ne voudrais pas paraître cynique, mais il aurait été moins risqué pour eux de tuer des Juifs, ils avaient de fortes chances de ne pas être jugés.

– Affaire Sébastien Sellam. « J’ai tué un Juif ! J’irai au Paradis » a déclaré Adel Amastaibou pendant l’instruction de son procès en 2003. Il avait atrocement mutilé et assassiné le jeune disc-jockey. Il a bénéficié d’un non-lieu pour irresponsabilité pénale en 2006. Interné en hôpital psychiatrique. D’après le Parisien il aurait régulièrement bénéficié de permissions de sortie.

– Affaire Sarah Halimi : L’attitude et le comportement des magistrats dans cette affaire dite Sarah Halimi me fait irrésistiblement penser aux « Sections Spéciales[1] ». Ces tribunaux d’exceptions institués par le gouvernement de Vichy pour condamner les résistants et les Juifs. L’absence de questionnement quant à la passivité de la police présente sur les lieux sans intervenir malgré les hurlements de douleur de la victime ; la décision tardive à contre cœur de la juge d’instruction, après quatorze mois de tergiversation, de notifier la haine des Juifs revendiquée par l’assassin ; l’acharnement enfin à rendre un non-lieu en faveur du meurtrier pris en flagrant délit ; l’instruction a été une parodie indigne du début à la fin. Les magistrats qui s’abritent derrière la loi pour rendre l’injustice sont les dignes rejetons des Sections Spéciales[2].

Pourquoi nommer une affaire judiciaire du nom de la victime ?

On nomme généralement une affaire judiciaire du nom du présumé coupable que l’on juge. Affaires Dominici, Mesrine, Tramoni, Ranucci, Henry, Carlos, Guy Georges, Poirson, Francis Haulme, Omar Raddad, affaire Mamadou Traoré (pas l’assassin de Sarah Halimi, un homonyme surnommé le tueur aux mains nues), Rezala (le tueur des trains), ou Belkacem, par exemple.

Nommer une affaire judiciaire du nom de la victime est beaucoup moins fréquent. En inversant les rôles, la justice donne l’impression de vouloir juger les victimes et déresponsabiliser les coupables. Dans les affaires Henry Curiel, Pierre Goldman, Sébastien Sellam, Sarah Halimi, qui portent le nom des victimes, aucune condamnation n’a été prononcée. Elles ont un point commun : toutes ces victimes étaient juives.

Qu’en sera-t-il de l’affaire du meurtre de Mireille Knoll pour laquelle un des suspects avait des problèmes d’addiction à l’alcool et des antécédents psychiatriques. Le caractère antisémite de l’affaire est controversé. Pourtant les mots « Allahou Akbar » et « les juifs ont de l’argent » auraient été prononcés et, selon la police, l’un des suspects visitait des sites antisémites.

Attendons ! Soyons vigilants. N’acceptons pas qu’encore une fois les assassins de Juifs bénéficient en France d’une « justice » particulière. KF

Klod FrydmanKlod Frydman, MABATIM.INFO

[1] Chroniques – La justice dans le débat démocratique. Le secret des délibérations et l’épuration des magistrats des Sections Spéciales à la Libération par Alain Bancaud et Jean-Paul Jean (Les Cahiers de la Justice 2011-4)
[2] La quasi-totalité d’entre eux a continué d’exercer dans la magistrature après la libération, échappant aux sanctions en se retranchant derrière le secret des délibérations.

2 commentaires

  1. Peut on déposer plainte contre ces magistrats ?même si la plainte semble irrecevable elle peut provoquer un remous dans une justice française de plus en plus critiquée par beaucoup de Français de toute confession. »lorsque les juges s’allient avec le diable…..les démocraties s’ecroulent pour basculer vers l’anarchie puis vers un pouvoir despotique avant de revenir vers une démocratie.on pense tirer un enseignement de l’Histoire….pour certains afin d’elever la condition Humaine pour d’autres….juges compris… afin de tendre la main au diable qui nous tirera vers le bas.Hitler a dit… »je veux détruire le PEUPLE JUIF car il représente la conscience HUMAINE  » est ce que certains responsables ne connaissent pas cette phrase ? Ou peut être qu’ils ne la connaissent que trop bien et en font leur mode de pensee.Peut être qu ‘effectivement,certains sont des nostalgiques de la justice de Vichy…se sentir « intouchables » peut être grisant pour des responsables de l’appareil judiciaire….il faut alors se tourner vers le pouvoir politique,médiatique etc… Pour faire prendre conscience de la dérive de la France et ce vers « quoi » le pays se dirige.il n ‘y a aucun Hasard…même dans l’INJUSTICE.D-IEU teste les HOMMES avant de rendre SA JUSTICE.Il faut en tant que citoyen et en tant que Juif agir légalement….. et si rien ne bouge!!!?>>>>>.il est marqué dans la Thora  » D_IEU dit :alors C’EST MOI QUI SERA TON DEFENSEUR « 

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  2. Monsieur, c’est la première impression que j’ai ressenti à l’annonce de ce verdict inique, la magistrature en France n’a pas évacué les miasmes de Vichy!!!!! et inverser la dénomination de la pourriture vers la victime ne pose aucun problème à ces juges!!!!! Nous sommes en des temps très nébuleux et cela ne peut plus durer

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