Majuscules : usage minuscule, objectif ridicule

lettres.jpgLa poésie de l’orthographe

Ô combien de messages, combien d’articles capitaux, qui sont partis joyeux pour des narrations lointaines, dans l’horizon grammatical se sont évanouis ! Combien ont disparu, dure et triste fortune[1] !

Mais s’agit-il de fortune, mon cher Victor ? Si vous aviez déjà reçu des mails imbitables, multicolores au point d’agresser l’œil, alternant italiques et gras en dépit du bon sens et abusant de majuscules anti-grammaticales, vous vous retourneriez dans votre tombe, regarderiez Caïn et le renverriez sur les bancs de l’école !

Nombreux sont ceux qui croient donner de l’importance à un concept en lui adjoignant une majuscule. Ils ne savent pas qu’ils se contentent de commettre une faute d’orthographe : La majuscule se place au début du premier mot de la phrase (majuscule de position) et devant les noms propres (majuscule de signification). Le titre d’un livre ou d’un média s’écrit en italiques, avec une majuscule à l’article et au premier mot : Les Rayons et les ombres, Victor Hugo. Les noms d’organismes ou de sociétés prennent une majuscule sur le premier mot : Organisation des nations unies, Communauté européenne. Les noms de jour et de mois ne prennent jamais de majuscule, à l’inverse des habitants d’une ville, d’une région ou d’un pays. En revanche, les adjectifs et les noms de langues n’en prennent pas. (Bescherelle) La majuscule est aussi utile pour distinguer entre deux homonymes, ou entre deux usages du même mot.

Illustration par les exemples

Quand on n’a que l’Amour, on est en Russie et on est arrivé au bord du fleuve. Alors que « quand on n’a que l’amour, pour vivre nos promesses sans nulle autre richesse que d’y croire toujours… Nous aurons dans nos mains, amis, le monde entier ! (Paroles.net

Dans quel état est l’État français ? Et les Français, que pensent-ils de leur État ?

Le Français est de bonne composition, sauf si on touche au français. Ce qu’aucun citoyen français ne songe plus à faire, car l’orthographe est devenue aussi secondaire que le mérite personnel.

La Merde ne sent pas moins mauvais avec une majuscule et elizabeth ii d’angleterre n’est pas moins reine de son grand pays en minuscules. Mais l’auteur de la phrase a commis trois fautes d’orthographe.

Le NYT crée sa propre typographie

Le New York Times n’est pas un fromage, aurait dit Papillon, alias Henri Charrière. Pour ceux qui ne connaissent pas cet ex-bagnard, auteur de son autobiographie très romancée (Wikipedia), cette déclaration adressée au président de la république de l’époque, Georges Pompidou, était un compliment.

Sauf que les décisions prises par Le Monde américain sont aussi anachroniques et éloignées des faits que la citation papillonne. En effet, depuis le 30 juin 2020, le quotidien US mettra une majuscule à Black, ce qui est normal puisque, en anglais, les noms et même les adjectifs de nationalités ou qui définissent un peuple, en prennent une. La phrase citée plus haut s’écrirait, en anglais : The French are of a good mind unless you touch French. Which no French citizen dreams of doing anymore.

Ce qui est à la fois grammaticalement incorrect et psychologiquement injustifiable est le fait que le journal de référence new-yorkais refuse aux Blancs la correction typographique qu’il accorde aux Noirs : il écrira désormais « white » en minuscules. Le plus risible est qu’il s’agit de la décision politique d’accorder aux Noirs « une culture et une histoire partagées » et de la refuser aux Whites.

On aimerait savoir quelle histoire partagent les Jamaïcains et les Afro-Américains, qui prennent déjà deux majuscules. Tout comme on peut s’interroger sur la culture que partagent Barack Obama, Lil Wayne et O-J Simpson…

La réalité est beaucoup plus prosaïque. On pourrait se résumer à un triptyque, également pertinent pour notre quotidien vespéral de référence : Repentance – Représailles – Rééducation.

Pas de quoi féliciter l’un ou l’autre, des deux côtés de l’Atlantique : comme l’a fait remarquer Aurélien Marq, « S’incliner devant les hurlements capricieux des fanatiques et l’arrogance des susceptibilités exacerbées (ne peut) être autre chose qu’une lâche démission (Causeur) »

Réforme de l’orthographe

Pour éviter de froisser les susceptibilités nombreuses et variées, qu’il convient politicorrectement de brosser dans le sens du poil, nous proposons de n’utiliser qu’un seul mot par espèce et de gommer tous les articles et les différentes formes des substantifs et adjectifs (masculin/féminin, singulier/pluriel…), ainsi que tous ceux qui désignent ou évoquent une couleur.

Au lieu de « Il a acheté une robe pour sa femme. Il l’a choisie framboise. Mais sa femme n’aimait pas cette couleur et elle l’a envoyé sur les roses », on pourra ainsi écrire : « Schtroumpf 1 a acheté vêtement pour Schtroumpf 2. Schtroumpf 1 a choisi schtroumpf de certain petit fruit sucré. Mais Schtroumpf 2 n’aimait pas schtroumpf-là et a envoyé Schtroumpf 1 sur fleur ».

Amis poètes, bon-jououour !

De la couleur du sexe des anges dans le dogme

Les représailles contre les Blancs et la rééducation qu’il convient de leur appliquer selon la version Mondo-New-York-Times, seraient en lien avec l’esclavage. Certes aucun Français ou New-Yorkais noir contemporain n’est esclave et aucun Français ou New-Yorkais blanc contemporain n’a jamais possédé d’esclave. Mais qu’importe le flacon pourvu qu’on fasse avaler des couleuvres aux demandeurs de flagellation !

Pour autant, l’historien et anthropologue sénégalais Tidiane N’Diaye a écrit plusieurs ouvrages sur la responsabilité des Arabes et des rois noirs dans la traite des esclaves et il insiste, chiffres et archives à l’appui, sur le fait que « Les traites et les esclavages occidental et arabo-musulman n’auraient pas été possibles sans la collaboration active des Africains : dans cette tragédie, les prédateurs, d’abord arabes puis occidentaux ont excité la cupidité et la rapacité de nombreux chefs locaux. (France TV Info) »

Il n’est pas au courant que le dogme établi en France par Christiane Taubira exige que l’on considère comme « une thèse » l’existence d’une origine de l’esclavage autre qu’occidentale ?

Cela se passait en mai 2006.

« L’un des meilleurs spécialistes actuels des traites négrières, Olivier Pétré-Grenouilleau, a été attaqué en justice au nom de la loi Taubira. Parce qu’il rappelait que la quasi-totalité des esclaves africains avaient été razziés non par des Blancs, mais par des négriers africains et que le commerce des esclaves était une routine sur le continent noir bien avant l’arrivée des négriers européens.… Christiane Taubira (a déclaré) que constituerait pour elle un ‘’vrai problème’’ le fait qu’Olivier Pétré-Grenouilleau, ‘’professeur d’université’’, ‘’payé par l’Éducation nationale sur fonds publics’’, continue d’enseigner ses ‘’thèses’’ aux étudiants… (l’Express) »

La gouttelette de raison atténuera-t-elle la noirceur de l’océan du dogme ?

Un que la Taubiramania laisse autant de marbre que Tidiane N’Diaye est l’ex-président de ce dernier, Abdoulaye Wade. Il aurait aimé appliquer à son successeur les dispositions de ses ancêtres :

« Ceux qui sont propriétaires de la famille de Macky Sall sont toujours là, vivants. Il sait que c’est leur esclave. Vous pouvez accepter, vous les Sénégalais, qu’il soit au-dessus de vous, mais moi, jamais je n’accepterai que Macky Sall soit au-dessus de moi. Jamais mon fils Karim n’acceptera que Macky Sall soit au-dessus de lui… On serait dans d’autres situations, je l’aurais vendu en tant qu’esclave »,

a-t-il affirmé le 24 janvier 2015 (France TV Info).

On ne verrait pas, sur la vidéo, que c’est un Black qui a prononcé cette déclaration, des milliers de manifestants descendraient dans les rues en hurlant au racisme. Là, ce n’est pas possible : quand les racisés parlent aux racisés, les Blancs ont consigne de la fermer.

La bonne question est « jusqu’à quand ? »

« Deux aspects sont, par principe, étrangers à l’historien : une condamnation morale, qui suppose une humanité identique à elle-même et relevant de mêmes critères de jugement qu’aujourd’hui ; et un principe d’imprescriptibilité, qui suppose un temps identique à lui-même, alors que l’histoire est d’abord un apprentissage de la différence des temps (Patrick Weil) »,

expliquait Pierre Nora à propos de la Loi Taubira.

Parce que l’on pourrait trouver des Français susceptibles de réclamer réparation au Danemark, à l’Islande, à la Norvège et à la Suède, pour les invasions des Vikings du IXe et Xe siècle. Qui sait si elles ne sont pas à l’origine de la frustration des Gilets Jaunes ? Qui sait si ce n’est pas cet épisode historique qui fait ressentir à tous les chômeurs hexagonaux, encore aujourd’hui, une humiliation qui les empêche de s’épanouir et de trouver du travail ?

On pourrait leur verser des indemnités sous forme de bons d’achat Ikea… LM♦

Logo Liliane MessikaLiliane Messika, MABATIM.INFO

[1] Oceano Nox, in Les Rayons et les ombres, Victor Hugo, 1840. Réédition 2002, NRF.

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