Disney bat sa coulpe à plates coutures

Le ‘je’ est haïssable

Foin des principes littéraires ! Certes, le ‘je’ est haïssable, mais le mien a un truc à dire aux vôtres. Le mien, ou si ce n’est le mien, c’est donc celui de ma sœur.

Ma sœur aînée, dont je partage l’analyse et les anxiétés sur l’avenir de notre société (je n’ai pas dit la névrose !), faisait jusqu’à très récemment, des tournées de conférences aux États-Unis. Devant des publics très divers, elle évoquait l’état de la France et de ses minorités.

Ces jours-ci, elle reçoit, d’outre-Atlantique, des messages d’interlocuteurs qui, dans le passé, l’ont prise pour une pessimiste extrême et ont souvent balayé ses craintes d’un haussement d’épaules.

« En juillet 2015, vous nous avez dit que les vidéos de Daesh, avec égorgements, décapitations et autres mises à mort barbares, refléteraient un jour la réalité de votre pays. Mon mari et moi vous avions prise pour une folle. Aujourd’hui, nous voyons que vous aviez raison. Notre cœur saigne pour vous », compatit l’une.

« Je suis venu vous écouter en 2012 à Sun Valley (Idaho) et en 2014 à Park City (Utah). Les deux fois, vous nous avez mis, nous Américains, en garde parce que nous risquions de suivre l’exemple des Français. Vous avez été envahis par l’islamisme en douceur, de la même manière qu’on cuit les grenouilles. Cela nous avait fait rire. Aujourd’hui nous voyons que ce n’était pas que de l’humour. Croyez-vous qu’il soit trop tard pour nous ? », questionne un autre.

Ma sœur n’est pas une voyante extralucide. Loin de là. Il suffit à n’importe qui d’ouvrir les yeux pour voir. À condition de vouloir. Même quand le spectacle est désagréable, voire carrément effrayant, ma sœur refuse de ne voir que ce en quoi elle croit. Cette attitude la distingue de la majorité des médias français, adeptes d’un humanisme inconditionnel, particulièrement vis-à-vis de ceux qui se montrent inhumains.

Plus on tue nos concitoyens et plus nos médias voudraient que l’on rassure les assassins en leur promettant qu’ils « n’auront pas notre haine ». Ma sœur est persuadée qu’on ne défait pas des armées de barbares en leur opposant des bougies et des nounours. Il est temps que les Français, eux aussi, voient ce qu’ils ont sous les yeux. Elle a répondu à ses correspondants américains qu’ils devraient se résoudre non seulement à résister, mais aussi à se battre, et avant tout contre leurs propres certitudes : que la bonté est la norme et le
fanatisme l’exception ; que la démocratie est une aspiration universelle et la théocratie une déviance caduque.

Nous sommes notre pire ennemi

Les Français ont pour références les fables de La Fontaine et Victor Hugo, les Anglais citent Shakespeare et la Bible, les Américains sont friands de Mark Twain et de Walt Disney.

Il n’y a pas que le langage qui structure l’inconscient, il y a aussi les dessins animés. Il n’est pas impossible que les Britanniques aient été les seuls Européens à résister à Hitler, parce que le Barde les avait habitués, tout jeunes, à une histoire de bruit et de fureur. Ou pas.

Aujourd’hui, les Français ont pour héros Gavroche, né pauvre et mort en héros martyr et Mandrin, Arsène Lupin et Robin des Bois, qui volaient aux riches ce qu’ils donnaient aux pauvres.

Walt Disney étant, paraît-il, l’ambassadeur plénipotentiaire de l’impérialisme américain, nos enfants ont pleuré avec Bambi (sorti en 1942 et toujours adolescent), souffert avec Cendrillon (née en 1950, restée une opprimée aussi moderne 70 ans plus tard) et aimé avec Blanche-Neige (apparue en 1937 et encore romantiquement plausible). Des personnages indémodables !

Hélas, à l’instar de l’ensemble de la société américaine à l’ère Black Lives Matter, Disney ne s’aime plus et s’avoue coupable de tout ce que nos contemporains peuvent reprocher aux valeurs qui avaient cours dans les années 1930, 40 et 50.

C’est pourquoi sur son site VoD (vidéos à la demande), l’entreprise fait maintenant précéder d’un avertissement les dessins animés susceptibles de choquer les spectateurs souffrant d’hyper-susceptibilité. Il y avait déjà un avis en page d’accueil du site, mais apparemment, il ne suffisait pas. Pourtant, il était clair : « Ce programme vous est présenté comme il a été créé à l’origine. Il est susceptible de contenir des représentations culturelles désuètes. » Désuet a raté le casting pour un huitième nain crédible.

Faut-il remplacer le carrosse de Cendrillon par une voiture électrique ?

La nouvelle mention est plus explicite : « Ce programme comprend des représentations négatives et/ou un mauvais traitement de personnes ou de cultures. Ces stéréotypes étaient déplacés à l’époque. Ils le sont toujours aujourd’hui (BBC). »

Le lobby des sorcières a dû frapper fort pour que Disney soit obligé de préciser ce qui va sans dire. Que les stéréotypes soient importuns aujourd’hui est une évidence. Mais l’étaient-ils réellement à l’époque ? Hélas non !

Dans les années 1950, l’Amérique appliquait encore une politique de discrimination vis-à-vis de ses citoyens noirs, politique aussi douloureuse qu’humiliante, mais beaucoup moins mortelle que les « lois juives » qui avaient eu cours chez nous, quelques années auparavant.

À la même époque, les femmes étaient représentées au théâtre comme des mégères ou des créatures frivoles, les bonnes à tout faire faisaient partie des seconds rôles incontournables et les belles-mères étaient ridiculement odieuses. En France, à la ville, les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1945. Elles n’ont pas cessé, pour autant, d’être des harpies superficielles à la scène. Mais pas que.

On n’excuse pas l’antisémitisme en général, quand on remarque que Voltaire était un homme de son siècle, où il était inconcevable, en société, de ne pas être un antisémite mondain. Pas plus que l’on ne fait l’apologie de l’esclavage, lorsqu’on s’extasie sur l’avancée sociale représentée par l’introduction du shabbat dans la bible : « Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton esclave, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes, afin que ton esclave, ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. » (Deutéronome 5:12-15)

Disney n’est pas une pipe, c’est un symbole

Quand Magritte peint une pipe et légende l’image « ceci n’est pas une pipe », il est prévoyant : quiconque tenterait de bourrer la toile peinte avec du tabac, afin de la fumer, en serait pour ses frais (et vu la cote du peintre, les pertes seraient considérables !)

Il en va de même avec les dessins animés et les personnages du folklore. Ils ne sont pas réels et les situations symboliques dans lesquelles on les présente sont aussi archétypales.

Dans Peter Pan, tourné en 1953 à partir de la pièce de J. M. Barrie (1904), le jeune garçon (habillé en Robin des Bois) appelle « peaux-rouges » les indigènes de l’île de Neverland (le pays de nulle part). Aujourd’hui, les Indiens d’Amérique sont désignés, en politiquement correct dans le texte, par l’expression « Native Americans » (Américains originels). Considérer aujourd’hui l’appellation « peau-rouge » comme raciste et voir dans leur costume traditionnel porté par un autre individu, une « forme de moquerie et d’appropriation de la culture et de l’imagerie des peuples autochtones » relève du délire de persécution.
Ce d’autant qu’il existe, dans la tribu des Nez-Percés, un mythe racontant ainsi la création : « Coyote crée les couleurs des êtres humains avec de l’argile et fait cuire des figurines dans un four. Pas assez de cuisson, c’est le blanc, que Coyote jette par-dessus l’océan, trop cuit c’est le noir, qu’il jette vers le sud et parfait c’est l’Indien qui est le seul à être né sur cette Terre. (First People) »

S’inventer des culpabilités n’est pas innocent

Le fanatique religieux qui se flagelle en privé satisfait discrètement son penchant masochiste. Cela ne nous regarde pas. En revanche celui qui s’agenouille, sans raison mais publiquement, devant l’Autre, n’importe quel Autre, par vénération du conformisme, ne se contente pas de s’avilir, il met aussi cet Autre devant lequel il se prosterne en situation de dominant.

Quand les interlocuteurs de ma sœur lui demandent que faire pour ne pas arriver à la situation où la France a dégringolé en cinq décennies, elle leur répond ce que toute personne de bon sens répète à nos compatriotes : soyez qui vous êtes, pas ce que à quoi vos ennemis vous assignent !

La mode est à la repentance, pour des crimes commis par d’autres, contre des victimes mortes depuis longtemps. Pendant ce temps, les ennemis de la république se vautrent dans des accusations insensées, que notre faible estime de soi nous empêche d’identifier pour ce qu’elles sont : des manœuvres destinées à nous soumettre.

L’humour, une arme contre la bêtise

Certains commentaires émis par des internautes à la suite d’articles sur les avanies auxquelles sont soumis « les Blancs » en général et dans lesquelles se complaît la direction de Disney, méritent d’être partagés. Ainsi, un internaute se plaint : « En tant que personne enrobée à la barbe blanche, je suis profondément choqué par l’image véhiculée pendant le mois de décembre. Je demande qu’un message soit accolé à chaque fois que le « Père Noël » apparaît sur quelque média que ce soit. Mes rennes appuient mon exigence. » S’il pouvait rassembler beaucoup d’individus partageant sa caractéristique pileuse et défiler pendant la Gay Pride, cela ajouterait une note œcuménique bienvenue aux parades…

« À quand le boycott des dessins animés faisant parler les animaux ? WWF : rien à dire sur cette outrance humaine sur le règne animal ? Franchement il y aurait quelque chose à faire, car quand mon chat se voit parler dans un dessin animé, je décèle chez lui une perturbation psychique du même type que celle que j’aurais si je m’entendais dire des choses intelligentes ! », s’indigne un autre. C’est vrai, ça, seuls les animaux devraient être autorisés à s’exprimer sur le ressenti animal. Et seuls les animaux carnivores devraient être autorisés à manger de la viande. Ah ça, non, pas question ! Tous végans !

Le fascisme islamique frappe la France mais n’y est pas nommé

Hamed Abdel-Samad, écrivain et politologue allemand né en Égypte, est célèbre dans son pays d’adoption pour son livre Le fascisme islamique, qui ne paraîtra pas en France, l’éditeur ayant peur pour sa vie et « ne voulant pas faire le jeu de l’extrême-droite », un chantage auquel l’auteur est souvent confronté. Cet auteur, qui vit sous protection policière, comme plusieurs musulmans et surtout musulmanes français, persiste et signe qu’il y a de nombreux points communs entre islamisme et fascisme :

1er, « l’idée d’avoir été choisi, d’être des gens supérieurs au reste de l’humanité.… (D)ans le Coran, où les musulmans sont considérés comme la meilleure communauté ayant jamais existé.… dans le fascisme : ‘’Nous sommes la race supérieure.’’ »

2e, « la culture de la mort. Dans les deux idéologies, la mort est glorifiée, car la vie et l’individu ne comptent pas. Ce qui est important, c’est la nation ou la religion. »

3e, « l’idée de combat, le Kampf en allemand et le djihad en arabe »

4éme, « les ennemis intérieurs et extérieurs. Pour les nazis, l’ennemi à l’extérieur, c’est l’Occident, et à l’intérieur, les juifs et l’extrême gauche. Pour les islamistes, c’est tous les autres. »

5e, la déshumanisation et l’animalisation de l’ennemi. Le Coran qualifie les non-croyants de chiens, singes ou porcs. les nazis (qualifiaient) les juifs de cafards ou de rats.… Hitler voulait régner sur la planète entière, être ‘’le maître du monde’’. Ces mêmes mots sont dans les discours d’Hassan el-Banna. (le Point) » Interrogé sur les rapports entre Islam et islamisme, Hamed Abdel-Samad, répond par des chiffres : « il existe 57 pays musulmans dans le monde et dans beaucoup d’autres pays, il existe des communautés musulmanes plus ou moins importantes. Dans chacun de ces pays où l’islam a une présence, l’islamisme se manifeste plus ou moins. (YouTube en allemand sous-titré français»

Parler de séparatismes au pluriel, c’est tourner le dos à la lucidité

Quand Chirac a voulu prohiber le voile comme signe d’infériorité de la femme, il a cherché des équivalents à interdire dans les autres religions, afin de ne pas risquer l’accusation d’islamophobie. Résultat, la loi contre les signes religieux ostentatoires a plutôt boosté la victimisation de l’indigénisme islamiste que ralenti sa tendance.

Quand Macron envisage enfin de lutter contre l’islamisme, qui a tué 167 000 personnes dans le monde en 40 ans (Ouest France), dont plus de 300 dans notre pays, il n’emploie même pas le nom de l’ennemi et se réfugie derrière la lutte contre DES séparatismes. Pour copier le pape, qui voit des extrémistes dans toutes les religions (Vatican News) ?

Il n’y a pas plus d’égalité entre toutes les religions qu’il n’y en a entre toutes les idéologies. Une preuve entre mille, extraite de la dernière newsletter du mouvement juif libéral :

« Notre conception du judaïsme, et l’idée que nous nous faisons de Dieu, est que tout le monde a le droit de croire ou de ne pas croire, et que, de la caricature, Dieu ne s’offusque pas.

Constitués autour du geste immémorial et si noble de la transmission, nous sommes par nature solidaires de tous les enseignants de France.

Nous comptons également participer au débat sur l’affirmation de la liberté d’expression en republiant nous-mêmes les dessins de Ranson, qui caricaturent les religions dont le judaïsme, pour dire notre attachement à nos principes républicains. Merci à lui de nous avoir donné son accord. »

Alors, séparatismes au pluriel, ou déni au singulier ? CA♦

Cécile Attal, MABATIM.INFO

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