Rashida Tlaib & Trump : l’importance d’être cons(tant)

Tlaib Omar.jpgUS go home !

Netanyahu a publié une déclaration justifiant sa décision de refuser l’entrée dans l’État juif à deux représentantes du Congrès américain violemment anti-israéliennes. « Nuire à Israël et inciter de plus en plus à le haïr était le seul objectif du voyage Omar-Tlaib. »

Si n’importe quel autre pays interdisait l’entrée à un de ses ennemis, nul ne s’attendrait à le voir se justifier. Israël, lui, doit rendre des comptes, car en refusant de recevoir des gens acharnés à le détruire, il frustre tous ceux qui se réjouiraient à l’idée d’avoir à formuler des condoléances. Le Premier ministre a donc procédé à un exercice de style purement formel, puisque nul n’y accorde le moindre intérêt. Il pourrait lire l’annuaire, cela n’aurait ni plus ni moins d’impact sur les reproches que l’on fait, par principe, à l’État juif.

L’anti-masochisme est un affront

Ilhan Omar a qualifié « d’affront » la décision israélienne de lui interdire, ainsi qu’à son alter ego pro-BDS, Rashida Tlaib, de pénétrer dans l’État juif, qu’elles appellent Palestine, montrant à quoi ressemble la solution à un seul État qu’elles rêvent de voir advenir à la place de l’unique démocratie du Moyen-Orient.

Dès que la décision du Président israélien a été rendue publique, Omar a twitté que « Israël applique le même ostracisme antimusulman que Trump, mais contre deux membres du Congrès dûment élues. »

Même quand ils n’invectivent pas l’État juif, les antisionistes se reconnaissent à leur fonctionnement : absence de tout argument pertinent, car cela demanderait réflexion, alors qu’ils ne possèdent que des réflexes conditionnés, qui leur font réciter des slogans hors sujet.

Vademecum du petit totalitaire

Lorsqu’un idéologue totalitaire est contredit, il se place automatiquement en position de victime. Si c’est un musulman, le contradicteur est forcément islamophobe ; si c’est un noir (oups ! un « black »), il a affaire à un raciste, voire à un esclavagiste ; si c’est une femme, elle est en butte à la misogynie. En l’occurrence, les deux députées américaines antisionistes venaient en Israël dans le but officiellement avoué de nuire au pays à qui elles reprochent de ne pas les avoir accueillies en fanfare.

Leur religion n’a rien à y voir, s’agissant d’un pays qui subventionne toutes les religions, islam inclus (ce qui va sans dire va mieux en le disant, surtout quand on a affaire à des idiotes), où tous les citoyens sont égaux en droits, y compris les musulmans. Eh oui, dans l’État juif, les partis politiques ne demandent pas leur religion aux militants, sauf dans les partis arabes, qui n’aiment pas les Juifs.

Dis-moi à qui tu te compares, je te dirai qui tu n’es pas

L’argument islamophobe de l’amère Omar n’ayant convaincu que ceux qui divisent le monde entre les musulmans et les islamophobes, elle a cherché à élargir son audience, en comparant son interdiction d’entrée avec celle des personnes touchées par le décret pris par Trump en janvier 2017 : les citoyens syriens « jusqu’à nouvel ordre » et, pendant 90 jours, les ressortissants d’Iran, d’Irak, du Yémen, de Somalie, du Soudan et de Libye, le temps de revoir les critères d’octroi de leurs visas.

Disons-le tout net, elle a raison. Qu’y a-t-il de commun entre ces sept pays et elle-même ? Si l’on consulte l’indice mondial de la liberté[1], qui analyse 162 pays, on constate que les plus mal notés sont, par ordre décroissant, la Syrie (162ème), le Venezuela, le Yémen, l’Irak, la Libye, le Soudan, l’Égypte, l’Algérie, le Burundi et l’Iran (153ème).

Dans neuf de ces onze pays (les deux exceptions sont le Venezuela et le Burundi), l’islam est religion d’État. Les femmes y sont donc inférieures aux hommes et les non musulmans aux musulmans. Mais la même situation se retrouve en Arabie saoudite et dans les Émirats du Golfe, à qui ce décret ne s’appliquait pas. L’islamophobie à géographie variable, c’est toujours de l’islamophobie ? Ne serait-ce pas plutôt que les pays visés avaient une politique anti-américaine et une volonté de détruire les États-Unis, que leurs moyens le leur permettent ou pas ?

Sans vouloir se hausser du col, il faut être audacieux pour prétendre qu’une décision de Trump a une base rationnelle et logique, dans un monde où le consensus sur la brutalité et la stupidité du Président américain sont la chose la mieux partagée. On n’hésite donc pas à s’auto-congratuler et on comprend, dans la foulée, que l’idée n’ait jamais traversé le neurone que se partagent les célèbres duettistes de l’antisémito-sionisme primaire, Mmes Tlaib et Omar, qui partagent aussi les valeurs des pays cités plus haut : captivité, inégalité, inimitié.

Omar m’a tuer

Ilhan Omar s’estime juge du bien, du bon, Dubonnet, en matière d’un des principaux critères de la liberté : les droits de l’homme. Arguant de sa qualité de membre du Comité des affaires étrangères du Congrès, elle se la joue sur un ton quasi mélenchonien : « il m’appartient de superviser l’aide étrangère des États-Unis d’Amérique et de légiférer sur les pratiques en matière de droits de l’homme dans le monde (World Israel News) ».

On tremble à l’idée qu’elle puisse émettre un jugement négatif sur Israël à cause de sa décision, qualifiée d’« insulte aux valeurs démocratiques et (de) réponse glaçante à la visite de responsables gouvernementaux d’un pays allié. » D’autant que, c’est ballot, cette interdiction « limite notre capacité à apprendre des Israéliens. » Oui, car les deux extra-lucides partaient apprendre des tas de choses des Israéliens, sans en rencontrer un seul, tout leur agenda étant bloqué par des rendez-vous avec des Palestiniens violemment antisionistes. Dommage. Il y a tant de choses que les Juifs auraient pu leur enseigner ! La technologie, les sciences, la médecine, bien sûr, et surtout, surtout, les principes de base de la morale. Ne pas mentir, ne pas faire à autrui ce qu’on n’aimerait pas subir, ne pas prendre les gens pour des c**s…

Démocratie : dire ce qu’on fait et pourquoi on le fait

Netanyahou étant habitué à la politique israélienne, il ne parle pas bébé aux votants, mais s’adresse à eux comme à des adultes. C’est pourquoi il a souligné que les deux génocidaires en impuissance étaient « des militantes très engagées pour faire boycotter Israël par le Congrès américain », que leur voyage avait pour « seul but de nuire à Israël et de renforcer l’incitation à la haine de notre pays » et que « le groupe qui avait organisé leur visite, l’Initiative palestinienne pour la promotion du dialogue mondial et de la démocratie, comprend des membres qui soutiennent le terrorisme (World Israel News) » : le dialogue mondial par les armes, quoi…

Les tweets du Premier ministre israélien sont clairs : « Aucun pays au monde ne respecte davantage l’Amérique et le Congrès américain que l’État d’Israël. En tant que démocratie libre et dynamique, Israël est ouvert à la critique, à une exception près : la loi israélienne interdit l’entrée en Israël à ceux qui soutiennent son boycott et cherchent à l’imposer à l’instar d’autres démocraties qui interdisent l’entrée de leur pays à ceux qui veulent lui nuire. Il y a une semaine, Israël a chaleureusement accueilli quelque 70 membres démocrates et républicains du Congrès… (Twitter) » 

Il dit ça parce que dès que Tlaib et Omar ouvrent la bouche ou leur compte Twitter, c’est pour dire du mal d’Israël et pour essayer de lui en faire ? Il lui en faut peu ! Bon, Omar a twitté que ‘’le diabolique Israël a hypnotisé le monde’’ et prétendu que des lobbyistes soudoyaient des élus américains pour obtenir leur soutien à l’État juif. Mais cela ne prouve pas qu’elle est antisémite : juste qu’elle émet des critiques circonstanciées sur Israël comme elle le fait pour… euh, l’Iran ? Ah non, pas l’Iran. La Syrie, alors ? Non. Le Yémen, l’Irak, la Libye, le Soudan, l’Égypte, l’Algérie ? Non. Contre eux, elle n’a rien à déclarer.

Tlaib mord la main à qui elle va demander de la nourrir

La comparse d’Omar, Rashida Tlaib, a coparrainé une résolution en faveur de BDS (Boycott Désinvestissement Sanctions Contre Israël), dont elle a comparé l’objectif au boycott de l’Allemagne nazie. Comparer Israël et le Troisième Reich, c’est comparer les Palestiniens du XXIe siècle aux Juifs de 1939-45. C’est comparer les Palestiniens, dont la population a été multipliée par plus de 7 pendant les 71 ans de l’occupation israélienne, à l’Allemagne nazie, qui a exterminé la moitié du peuple juif en 6 ans. Si ignorance il y a chez Mme Tlaib, c’est celle du concept d’honnêteté intellectuelle.

Ce que nonobstant, elle a soumis une demande humanitaire au ministre de l’Intérieur israélien, afin qu’il l’autorise à entrer quand même sur le territoire de l’État juif, pour rendre visite à sa grand-mère. Pour cela, elle a fait pleurer Margot sur l’âge canonique de l’aïeule et elle a accepté de s’engager par écrit à ne pas agir pour promouvoir le boycott d’Israël pendant sa visite : « Je voudrais demander à être admise en Israël afin de rendre visite à ma famille, et plus particulièrement à ma grand-mère, qui a 90 ans et vit à Beit Ur al-Fouqa. Cela pourrait être ma dernière occasion de la voir. Je respecterai toutes les restrictions et ne ferai pas la promotion des boycotts contre Israël lors de ma visite. »

Le ministre, Aryeh Deri, a aussitôt accepté, déclarant qu’il espérait « qu’elle tiendra sa promesse et que la visite se concentrera seulement sur les motifs humanitaires (World Israel News) ».

Dès le lendemain, Tlaib changeait d’avis et twittait : « Me faire taire et me traiter comme une criminelle n’est pas ce qu’elle veut pour moi. Cela tuerait une partie de mon être. J’ai décidé que rendre visite à ma grand-mère dans ces conditions oppressives allait à l’encontre de tout ce en quoi je crois – lutter contre le racisme, l’oppression et l’injustice. »

S’abstenir pendant quelques jours d’agir pour la destruction de l’État juif fait-il vraiment vivre dans des conditions oppressives ? On lui souhaite de ne jamais rien connaître de pire. Le ministre israélien, qui ne comprend rien à l’humanisme, a répondu que chez Chaperon Rouge, « la haine d’Israël est plus forte que son amour pour sa grand-mère ».

Le petit Keffieh Rouge et sa Mère-Grand

 – Rashida, mon enfant, que tu as une grande gueule !

 – C’est pour mieux embêter les Juifs, Mère-Grand.

 – Rashida, mon enfant, as-tu vu « L’importance d’être Constant », la pièce d’Oscar Wilde ? Les héros te ressemblent : égoïstes et moralisateurs, hypocrites et manipulateurs sous des dehors prudes et vertueux…

 – Tu dis ça pour me flatter, Mère-Grand ?

 – Non, mon enfant, je t’admire vraiment : députée démocrate à la scène et raciste totalitaire à la ville, tu finiras par débarrasser la planète des Juifs ! On avait pensé à te donner Constance comme deuxième prénom, mais un coup tu viens me voir, un coup tu viens plus, pour ta constance perso, il y a des pistes de progrès !

 – Mais non, Mère-Grand, j’ai suivi fidèlement un scénario gagnant-gagnant : ou bien les Israéliens m’interdisaient de venir te rendre visite et ils apparaissaient comme les salauds inhumains que je décris, ou bien ils me donnaient l’autorisation, et j’apparaissais en vainqueur. Ils ont choisi la deuxième option, croyant m’embarrasser, mais c’est mal connaître le coach qui écrit mes épisodes. J’ai refusé leur cadeau, en prétendant qu’il était assorti de conditions insupportables et paf ! Retour à la case départ, les Israéliens sont bien des salauds. Regarde, Mère-Grand, comme j’ai bien emballé ma salade : « Lorsque j’ai été élue, cela a donné au peuple palestinien l’espoir que quelqu’un finira par dire la vérité sur leurs conditions inhumaines. Je ne peux pas permettre à l’État d’Israël de supprimer cette lumière en m’humiliant et en utilisant mon amour pour ma société pour me prosterner devant leurs politiques oppressives et racistes. (Twitter) »

 – Euh, j’ai pas très bien compris, ma poulette : de quoi tu parles, là ?

 – De rien en particulier, Mère-Grand, c’est des formules toutes faites qui te font gagner dix points chaque fois que tu les prononces. L’important, c’est d’o-ccu-per-le-te-rrain.

 – Ah, l’occupation dont tu parles tout le temps, c’est ça ?

La seule morale est celle de cette histoire…

… Puisqu’Omar et Tlaib ne connaissent pas le sens du mot.

Le résumé du sketch, en Trump dans le texte, s’inscrit dans la rubrique « Un Président ne devrait pas dire ça », mais il a le mérite de la concision : « La députée Tlaib a écrit une lettre à des responsables israéliens disant qu’elle désirait désespérément rendre visite à sa grand-mère. La permission fut rapidement accordée, à la suite de quoi Tlaib refusa obstinément l’autorisation : un coup monté absolu. La seule vraie gagnante, c’est la grand-mère : elle n’est pas obligée de la voir (Twitter) ! »

La Mère-Grand l’a envoyé se faire voir, chargeant Allah de le démolir[2].

On n’a pas fini de regretter Oscar Wilde, son intelligence, son sens de l’observation, sa finesse, son style, son humour et surtout sa façon de ridiculiser Rashida Tlaib et Ilhan Omar, oups, Algernon Moncrieff et John Jack Worthing… LM♦

Logo Liliane MessikaLiliane Messika, MABATIM.INFO

[1] Human Freedom Index 2018 – Cato Institute
[2] May Allah ruin Donald Trump – (Daily Mail)

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5 commentaires

  1. Sacrée pièce à la Wilde, Ionesco, Courteline tant qu’on y est , pleine de suspense et de rebondissements.
    Au départ, une situation bien embarassante ds laquelle ns avaient mis ces deux folledingues. Comment ne pas froisser le parti Democ. ?
    Et en qlq jrs trepidants tout se denoue à la grande satisfaction de tous.
    Tous ? Euh non. D’abord les 2 folles qui se prennent une claque et se tirent même une balle ds le pied histoire qu’on les plaigne.
    Leur parti qui révèle son nouveau vrai visage. Et ces Juifs américains democ. Ou plutôt américains democ juifs ?
    Et que dire de ts ces bons Israéliens qui ont réagit exactement comme leurs collègues democ. ?

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  2. L amerique suit l europe dans ses delires , autrefois les immigrants faisaient allegeance au pays et en epousaient les valeurs , desormais comme en europe ,,et suivant l exemple lamentable de hussein obama , l amerique fabrique des representants qui haient le pays et travaillent a sa perte .
    Le monde occidental est vraiment sur une mauvaise pente et , nul doute que les regimes autoritaires asiatiques et orientaux sauront lire ce recul .
    Seul Trump incarne la persistance d une vision liberale classique , et derriere lui le parti republicain me parait bien faible

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  3. Que de singeries pour camoufler son antisémitisme ! Je leur enverrais bien des cacahuètes derrière le grillage à ces deux-là…

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