« Les centenaires », d’Evelyne Tschirhart, Éditions Passy

Les-centenaires.jpgÀ la résidence Les Centenaires on y vient pour finir sa vie. Un monde clos, dans un cadre méridional et ensoleillé où la vie des vieux pensionnaires s’égrène lentement, scandée par la routine des repas, des siestes, des attentes de visites et des querelles, sans oublier les « activités ». Véra et Marcel y vivront leurs dernières années. Au fil de ses visites régulières, leur fille fait le récit minutieux, presque clinique et poignant, de ces vies qui s’amenuisent inexorablement. Elle s’acharne à recueillir, à faire resurgir et à comprendre des pans de ce qui fut leur vie, d’autant que ce récit de la grande vieillesse, s’articule sur l’irréparable drame qui a frappé la lignée maternelle, tout entière engloutie dans la Shoah. Seule survivante, Véra sera libérée in extremis de Drancy. Hantée par ce crime, elle est assiégée par la disparition des siens jusqu’au seuil de la mort. On découvre aussi qu’à travers cette recherche scrupuleuse, se trouve le défi à relever : survivre aux survivants.

Le dialogue entre Véra et sa fille court tout au long du récit et conduit cette dernière à s’interroger, alors qu’elle n’a pas été élevée dans la religion, sur le judaïsme dont elle est, de fait, partie prenante. À travers l’histoire familiale restituée par la narratrice, se profile l’Histoire d’un peuple toujours menacé d’anéantissement, sous la nouvelle bannière de l’antisionisme.

L’auteur, Évelyne Tschirhart fait vivre ce couple au seuil de la mort avec ses bons et difficiles moments. Elle brosse aussi le tableau de la vie en maison de retraite, de ces pensionnaires parfois hauts en couleur qui occupent la scène des Centenaires comme le chœur d’une tragi-comédie humaine. LR♦

MABATIM.INFO

2 commentaires

  1. Je vais le lire car j’ai vécu ces mêmes moments d’avec ma maman disparue le 21 février, cinq années dans une E.P.AD.H d’avec les moments tristes et parfois joyeux………c’est une expérience terrible, surtout quand la communication et les souvenirs s’entrechoquent………maman ayant vécu les années terribles cachées et traumatisées, nous en portons les stigmates, indélébiles sur notre génération………Un autre livre de Mme Lagardet traite d’un sujet similaire : « La maison Rozenbaum »…………….

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