Assemblée Générale de la joint-venture Terrorisme International

Conférence de presse économique

Habituellement, quand un acteur économique majeur dévoile les résultats annuels de son entreprise, les journalistes se pressent nombreux autour des petits fours. Le jour même ou le lendemain, la dépêche AFP (Agence France Presse) est reprise avec, souvent, un petit détail de plus dans chaque titre, destiné à montrer que les journalistes sont allés sur le terrain et se sont informés à la source.

Il arrivait, ces dernières années, que cette cérémonie se déroule en visioconférence. La Covid laisse supposer que ce sera bientôt la norme et non l’exception.

Mignardises mises à part, il n’y a pas de grande différence entre les deux formules, puisque la séance de questions/réponses est toujours prévue à l’issue de la présentation, y compris virtuelle, et que les communiqués de presse sont envoyés simultanément aux différentes rédactions.

Silence sur une joint-venture majeure

Pourquoi, alors, n’a-t-on pas eu le moindre écho de la réunion au sommet qui s’est tenue, pour la première fois depuis 30 ans au Liban, entre Ismail Haniya, P-DG de Hamas Inc. et Hassan Nasrallah, son homologue de Hezbollah-Parti-de-Dieu S.A., qui a donné lieu à la création de leur joint-venture : Terrorisme International ?

Seule Al-Manar TV, la chaîne privée du Hezbollah, a rendu compte de l’événement. Le présentateur a insisté sur la déclaration finale conjointe et unanime et sur le fait que les deux organisations juraient de ne dévier en aucune façon de leur « axe de résistance contre Israël ».

De même que le directeur financier, le directeur juridique et/ou le directeur de la R&D, lorsqu’ils participent à la conférence de presse économique, offrent des sous-titres aux journalistes afin de leur détailler l’innovation dans les nouveaux produits, les modes de calcul de la taxe sur les bénéfices et/ou les arcanes de la juridiction qui peut impacter leur secteur, nous allons vulgariser, pour nos lecteurs, le concept « axe de résistance », qui chapeaute en particulier le profitable retour sur investissement d’une récente production du conglomérat. « Il n’y a pas si longtemps, nos roquettes dépassaient à peine la frontière de Gaza. Aujourd’hui, la résistance à Gaza possède des roquettes qui peuvent atteindre Tel-Aviv et même au-delà », a déclaré le PDG de Hezbollah, dont la multinationale achève de digérer la petite SARL Liban, acquise lors d’une OPA inamicale.

Les naïfs qui, dans ses menaces contre les Juifs, ne veulent voir qu’une stratégie de négociation pour arriver à une paix avec Israël, vont avoir du mal à ne pas comprendre que la solution à deux États, dont se gargarisent les « pacifistes » n’a pas le sens de « deux États pour deux peuples ». Les deux États (ou même trois) sont destinés à un seul peuple, celui dont la lutte est juste et les droits inaliénables[1] sur la totalité de la Terre promise par l’ancêtre de l’ONU aux Juifs.

Faisons appel au directeur financier pour les précisions : 80 % soustraits au total de la Palestine mandataire par les Anglais pour y fabriquer ex-nihilo la Transjordanie (devenue Jordanie en 1946), + les 20 % restants, qui devaient se diviser afin de devenir deux États en 1948 : l’État juif (créé) et l’État arabe de Palestine (refusé par la Ligue arabe).

Les statuts des deux sociétés sont bien définis et parfaitement respectés

Certaines entreprises sont obligées de modifier leurs statuts quand elles envisagent une diversification. Ni le Hezbollah ni le Hamas ne sont dans cette situation, car depuis leur création, leurs statuts précisent noir sur blanc les objectifs de l’entreprise et les moyens de les atteindre.

Le Parti de Dieu, d’inspiration iranienne, a colonisé le Liban depuis que les Israéliens s’en sont retirés sans contrepartie, en mai 2000. Son objectif est ce qu’il a toujours été : la destruction de l’État juif et son remplacement par une dictature religieuse islamique. Sa charte l’indique clairement.

Charte du Hezbollah – Chapitre 3 – Palestine et négociations de compromis.

« L’histoire du conflit israélo-arabe prouve que la lutte armée et la résistance militaire sont le meilleur moyen de mettre fin à l’occupation. La méthode des négociations a prouvé que l’entité sioniste devient plus vantardise et plus belliqueuse, et qu’elle n’a pas l’intention de parvenir à un accord. La résistance a réussi à remporter une énorme victoire sur l’entité sioniste, à assurer la protection de la patrie et à libérer le reste de sa terre. Cette fonction est une nécessité durable face aux menaces et aux ambitions expansionnistes d’Israël, ainsi qu’au manque d’un gouvernement fort au Liban. La menace israélienne permanente oblige la résistance à continuer de renforcer sa capacité… afin de remplir son rôle dans la libération du territoire occupé. Nous rejetons catégoriquement tout compromis avec Israël ou qui reconnaisse sa légitimité. Cette position est définitive, même si tout le reste du monde reconnaît Israël (Wikipédia). »

L’autre partenaire dans la joint-venture, le Hamas, acronyme de Harakat Al-Mouqawama Al-Islamiyya, (en français : Mouvement de la résistance islamique), a aussi une charte, dont trois articles détaillent sa position vis-à-vis de son voisin juif :

Article 6 : « Le Mouvement de la résistance islamique est un mouvement palestinien distinctif, dont l’allégeance est à Allah, et dont le mode de vie est l’islam. Il s’efforce de hisser la bannière d’Allah sur chaque centimètre carré de la Palestine. »

Article 7 : « Le jour du jugement n’arrivera pas tant que les musulmans n’auront pas combattu et tué tous les juifs. Si des juifs se cachent derrière un rocher ou un arbre, le rocher et l’arbre crieront : ‘’Ô Musulman, il y a un Juif caché derrière moi, viens le tuer.’’ »

Article 13 : « La Palestine est une terre islamique… De ce fait, sa libération est un devoir individuel pour chaque musulman, où qu’il se trouve… Il n’y a d’autre solution au problème palestinien que le Djihad. Les initiatives, propositions et conférences internationales ne sont qu’une perte de temps, un exercice futile. »

« L’axe de résistance à Israël » dont les deux associés ne démordent pas, traverse l’État juif, du sud au nord. Il est prévu que le Hamas lance ses missiles depuis la Bande de Gaza, au sud et le Hezbollah les siens depuis le Liban, au nord. Cela permettrait effectivement aux ennemis des Juifs de couvrir « chaque centimètre carré de la Palestine. »

Faut-il, encore une fois, préciser que la Palestine en question est la partie de l’Empire ottoman, démembré à la fin de la première guerre mondiale, qui fut confiée à la Grande-Bretagne pour qu’elle y crée un Foyer national juif ?

L’audit financier montre une situation positive

Dans un discours diffusé le 24 juin 2016 sur Al-Manar TV, le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, avait déclaré que « le budget du Hezbollah, ses salaires, ses dépenses, sa nourriture, sa boisson, ses armes et ses missiles proviennent de la République islamique d’Iran. Aucune loi ne pourra empêcher cet argent de nous arriver. Tant que l’Iran aura de l’argent, nous aurons de l’argent. Peut-on être plus transparent que cela ? Notre budget nous parvient directement, sans passer par l’intermédiaire de banques (Vidéo Memri). »

En 2019, quand un homme d’affaires issu de la diaspora libanaise, Mohammad Noureddine, a été condamné, à Paris, à sept ans de prison ferme pour avoir collecté l’argent sale des cartels de drogues colombiens et les avoir blanchis au bénéfice du Hezbollah (l’Orient le Jour), on a compris que, quelle que soit leur origine, les fonds dont dispose Hezbollah S.A. ne sont pas près de se tarir, même après la faillite du Venezuela, dont le démocratique président était l’un de ses souteneurs les plus assidus (Mabatim.info).

La dépêche AFP (Agence FICTIVE de Presse) qu’on aurait dû lire le 12 septembre 2020

Titre : Nouvelle joint-venture à suivre

Mots clé : Beyrouth, Hezbollah, Hamas, Iran, Israël, juif, conflit Moyen-Orient.

Intertitre : Le 6 septembre 2020, à Beyrouth (Liban) le P-DG de Hezbollah S.A., Hassan Nasrallah, a reçu au siège de son entreprise, le P-DG de Hamas Inc.

Texte :

  • Les deux hommes ont annoncé la création de la joint-venture Terrorisme International, qui rassemble leurs deux sociétés, sous l’égide de la République islamique d’Iran, présidée par Hassan Rohani et dirigée par Ali Khamenei.
  • L’objectif de la J-V est le même que celui des deux entités qui la composent : exterminer tous les Juifs de la planète et notamment ceux qui vivent en Israël, afin de remplacer leur État par une dictature islamique.
  • La réunion des deux hommes a été satisfaisante et productive : ils ont évoqué les missiles à longue portée qu’ils comptent utiliser afin d’atteindre leur objectif.
  • Ali Khamenei s’est vu attribuer la médaille du travail pour ses 31 ans comme Guide suprême de la révolution.
  • Déjà en 2013, au terme d’une rigoureuse enquête, Reuters avait chiffré la fortune de Monsieur Khamenei à 95 milliards de dollars, un montant supérieur à la valeur des revenus pétroliers annuels du pays (Reuters).
  • La réunion n’a entraîné aucune déclaration des chancelleries internationales. Aucune résolution de l’ONU n’est venue sanctionner cette énième déclaration actant de la volonté de détruire un État membre de l’organisation internationale garante de la paix mondiale.
  • L’Iran a exécuté aujourd’hui le lutteur olympique iranien, Navid Afkari, âgé de 30 ans, qui avait été condamné à mort pour ‘’homicide volontaire’’ sur un fonctionnaire, à Shiraz en août 2018. Dès l’annonce du verdict, plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncerdes aveux extorqués sous la torture. Le président américain avait demandé à l’Iran « d’épargner la vie d’une grande star de la lutte (…) qui n’a fait que participer à une manifestation antigouvernementale ». Le président du CIO avait fait la même chose, en « respectant la souveraineté de la République islamique d’Iran. »
  • Cette attitude servile n’a eu aucune influence sur les autorités iraniennes. Les menaces vides des Occidentaux non plus.

NB : cette dépêche est une œuvre de fiction et ne représente en rien l’éthique de quelque agence de presse homonyme que ce soit. D’ailleurs, celle à laquelle vous pensez ne possède aucune éthique. Toute ressemblance avec des personnes de mauvaise foi faisant semblant de se croire menacées quand Valeurs Actuelles les présente dans les situations qu’elles revendiquent par ailleurs, ne saurait être que fortuite. Par conséquent, toute revendication prenant celle-ci pour modèle sera considérée nulle et non avenue. LM♦

Liliane Messika, MABATIM.INFO

[1] Trois commissions de l’ONU sont consacrées exclusivement au peuple palestinien : le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, le Comité spécial chargé d’enquêter sur les pratiques israéliennes affectant les droits de l’homme du peuple palestinien et la Division des droits des Palestiniens au Département des affaires politiques de l’ONU. Idem pour le point 7 de l’ordre du jour du Conseil des Droits de l’homme : 7. La situation des droits de l’homme en Palestine et dans les autres territoires arabes occupés.

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