Ukraine : « Est-il encore possible de penser ? » 4-Le Signe ukro-juif

Partie 1 : Un peu de géopolitique
Partie 2 : L’exportation de la « démocratie »
Partie 3 : L’effet balancier

Impossible de l’esquiver, tant il a été brandi, d’abord par Zelensky, ensuite par quelques autres dont, en France, l’activiste Bernard-Henri Levy.

Le premier, qui a baptisé ses deux enfants dans une Église, s’est soudain rappelé de sa judéité, et afin de s’attirer une compassion facile s’est mis à identifier l’Ukraine au Juif, et la Russie à Hitler. Bien visé. Dans cette Europe qui fut le cimetière des Juifs, on les adore, précisément quand ils sont morts… Et alors que l’Europe s’était effondrée, avait collaboré, avec seulement quelques dizaines de milliers de résistants pour sauver l’honneur, mais incapable d’éviter l’extermination des Juifs, la favorisant même, les Russes eux l’avaient libérée, payant extrêmement cher la note, plus de 20 millions de morts.

Aussi, quand à la Knesset israélienne on a entendu Zelensky invoquer l’immense charnier Babi Yar, sans dire que beaucoup trop d’Ukrainiens y avaient contribué, que les Kapos ukrainiens des camps de concentration et d’extermination étaient les pires, que l’antisémitisme ukrainien à une très longue histoire multiséculaire de Bohdan-Khmelnytsky à Stepan Bandera en passant par Symon Petliura, tous trois Héros nationaux de l’actuelle et « éternelle » Ukraine, célébrés par des statues et des marches au flambeau (300 000 morts du 17e siècle avant l’épisode nazi), un seul cri a jailli de combien de Juifs d’Israël et du monde : Quelle Khoutspa ! Quel culot !

Pour être un peu plus crédible et éviter de se faire prendre pour un petit démagogue opportuniste, Zelinsky n’aurait-il pas dû, une fois bien assis à son poste, commencer par affronter idéologiquement les courants politiques et paramilitaires de type national-socialiste ? Car loin d’être quantité négligeable, avec plus de 100 000 adhérents, ils polluent tous les champs, économique, financier, politique, médiatique et militaire. Et comme BHL passe son temps à minimiser leur importance et à les cachériser, j’aimerais lui conseiller de parfaire ses connaissances avant d’ouvrir la bouche. Commençons par celui avec lequel il s’est affiché récemment dans les rues d’Odessa : Maxim Marchenko.

Maxim Marchenko

Nouveau gouverneur, mais ancien commandant du Bataillon Aidar de 2015 à 2017. Selon la même journaliste de France-Inter citée ci-dessus, c’est un groupe paramilitaire

« qui a combattu dans le Donbass pour mater l’insurrection prorusse. Certains hommes et dirigeants de cette unité ont été vus arborant des symboles nazis et quelques-uns sont aujourd’hui des élus de partis d’extrême droite »

Cela n’était pourtant pas en secret. « En 2014, Amnesty International et l’OSCE accusent le bataillon de violations des droits de l’homme, de détentions arbitraires, d’exécutions de civils, de prisonniers, de vols, rackets, et d’autres actions pouvant être traduit comme des crimes de guerre. Un autre rapport d’Amnesty International dénonce que les paramilitaires pro-européens, dont ceux du Bataillon Aidar, commettent des actes de crimes de guerres en exécutant des otages et des prisonniers pro-russes en leur coupant la tête ». (Wikipédia, donne les références)1.

De plus, dans son numéro 3594, le fameux magazine ELLE faisait sa Une avec Sveta, une belle blonde en treillis et armée, présentée dans le reportage comme une « combattante du Bataillon Aidar, rencontrée le 2 octobre 2014, sur la ligne de front près de la ville de Lougansk »2.

Or « Sveta » est vite démasquée dans les réseaux sociaux…

Voici, de son vrai nom, Vita Zaverukha, dans toute sa splendeur :

La « notoriété » du Bataillon Aidar ou Azov ne devrait pas non plus éclipser celle des autres groupes ukronazis (mais comportant beaucoup d’étrangers de pareille conviction) qui se sont aussi distingués par leur cruauté. Armés, financés et formés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, la France et d’autres pays de l’OTAN, par exemple le groupe Centuria3. En Octobre 2021, le Jerusalem Post s’en alarmait4.

Le Centre Simon Wisenthal dont l’objet est de faire la chasse aux chefs nazis qui se sont éparpillés dans le monde, et de combattre les mouvements contemporains néo-nazis, classa Oleg Tiagnybok, le chef du parti Svoboda, dans le Top 10 des antisémites mondiaux pour ses propos visant à « purger l’Ukraine des 400 000 Juifs et autres minorités qui s’y trouvent » et dénonçant la « mafia judéo-moscovite ». Ce parti atteignit 10 % des voix aux législatives de 2012, mais 30 % des voix en Galicie (et 1 % dans l’Est, apparemment le fascisme n’a pas la cote dans cette région).

Le Congrès Juif Mondial et la Knesset israélienne s’adressèrent à de multiples reprises aux autorités ukrainiennes pour que le chef de Svoboda ne puisse entrer dans le gouvernement. En vain.5 Laurent Fabius dira le 11 Mars 2014 sur France-Inter :

« Il y a dans le gouvernement trois membres du parti Svobodaqui est un parti… plus à droite que les autres, mais l’extrême-droite n’est pas au sein du gouvernement. »

Chers lecteurs, vous devez absolument regarder cette vidéo (https://www.facebook.com/100078829321817/videos/1040377756513577/) qui lui apporte un total démenti et où vous pourrez voir comment Oleg Tiagnybok fut décoré en 2010 de la Croix d’or des Vétérans de la Division SS Galicie, à quoi ressemblait le logo de son parti,etcomment il est reçu en février 2014 par Catherine Ashton de l’Union Européenne, en Mars 2018 par le ministre des affaires étrangères français Le Drian. Il est vrai que ce refus de voir et de dire a été aussi partagé par les grands médias, tel Le Monde, avec son correspondant Piotr Smolar qui sévit aussi longtemps en Israël par sa mauvaise foi et son propagandisme6.

Mais en 2014, BHL nous assure, lui, qu’il n’a pas vu tous ces sigles de néonazis sur la Place Maidan !

Pourtant toujours sur cette place Maïdan le journal israélien Haaretz, lui, avait vu que Svoboda et Pravy Sektor avaient distribué des traductions récentes de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion.7

BHL n’a pas dû être invité à la cérémonie où Zélensky décora de l’Ordre de l’étoile d’or Dimytro Kotsyubail, le chef de ce groupe paramilitaire néo-nazi Pravy Sektor qui se distingua dans le massacre d’Odessa en 2014, brûlant vifs 42 Ukrainiens russophones à la Maison des Syndicats. Il ignore sans doute aussi que cette organisation se présente comme l’héritière de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, qui a combattu pendant la Seconde Guerre mondiale contre l’Union soviétique et pour les forces de l’Axe.

Bien entendu, BHL n’a jamais croisé l’oligarque milliardaire Ihor Kolomoïsky, ni en Ukraine ni en dehors, lorsque ce dernier dut s’exiler pour échapper à la justice. Dommage, car j’aurais bien aimé qu’il m’explique comment un Juif peut financer des organisations (bataillons Azov et Aidar et Pravy Sektor) fortement gangrenés par la haine antijuive. Surtout qu’il n’est pas qu’un financier, pas que le propriétaire de plusieurs télévisions, pas que le soutien de Zelensky (comme comédien puis comme président), mais aussi qu’il fut le président de la Communauté juive unie d’Ukraine et même en octobre 2010, le président du Conseil européen des communautés juives.8 Bigre !

Serait-ce pour cette raison que les responsables du judaïsme français, Khalifa du Crif et le grand Rabbin Korsia, font eux aussi l’autruche ? Eux si prompts à excommunier Eric Zemmour qui n’avait fait que reprendre la conclusion de l’historien-rabbin de Jérusalem, Alain Michel : l’on avait tué moins de Juifs dans la France de Pétain qu’ailleurs en Europe. Ce qui n’était pourtant pas une opinion, mais banalement un fait…

Quant à Zelenski, il fera bientôt l’expérience, à ses dépens, qu’on ne joue pas impunément avec le signe juif. A la moindre occasion, par exemple si des négociations trop tardives menait à des résultats jugés par les ukro-nazis trop défavorables pour l’Ukraine, l’on verra les antisémites s’en prendre à lui, et à lui retourner la monnaie de sa pièce. Zelensky pourra alors s’honorer d’avoir apporté sa pierre au développement contemporain de l’antisémitisme ukrainien…

Maintenu ou éjecté de son poste, il aura du moins appris un peu de géopolitique et qu’on ne joue pas avec un ours comme avec son chat.

Ceci dit, je veux bien être démenti…

Et même contredit par les évènements à venir. Mon désir de comprendre est insatiable. Mikhaïl Gorbatchev avait déclaré peu après la chute de l’URSS :

« J’ai fait la pire chose qui pouvait arriver aux États-Unis : je leur ai enlevé leur meilleur ennemi ».

Et bien qu’il ait été un des plus brillants dirigeants que la politique ait produits, force est de constater qu’il s’est trompé. La géopolitique transcende les idéologies. Un ennemi de perdu, l’URSS, un autre de retrouvé, la Russie.

Et que l’on ne vienne donc pas me tanner avec « la promotion ou la défense de la démocratie ». La Puissance cherche à contrôler, pas à convaincre. Par la force, comme on l’a vu, mais mieux encore par l’hégémonie culturelle. Brzeziński y a consacré de nombreuses pages dans son œuvre déjà citée. Et mieux encore, par le déferlement de valeurs, de concepts, et de pratiques destructrices de notre civilisation au socle humaniste qui aujourd’hui se nomment wokisme, décolonialisme, cancel culture, transhumanisme, transgenrisme, eugénisme, clonisme, mise en esclavage des utérus et manipulation génétique, etc, etc.

L’implication des ambassadeurs américains dans ces processus « culturels » montrent bien qu’il ne s’agit pas seulement de la circulation naturelle des idées ou d’une mode intellectuelle, mais bien d’une politique d’État.

Ainsi que le signale Malika Sorel9 dans son dernier livre « Les Dindons de la farce », l’on verra par exemple l’ambassadeur en France Charles Rivkin (2009 – 2013) dépenser beaucoup d’argent pour y introduire le wokisme, la cancel culture, pour faire modifier les programmes scolaires de l’enseignement de l’histoire, pour favoriser le communautarisme et flatter les « diversités » en faisant venir par exemple des grands rappeurs américains qui allaient dans les banlieues pour y encourager l’irrédentisme culturel et le ressentiment militant des enfants immigrés, et en définitive pour remettre en cause le modèle français de laïcité.

À quoi s’ajoutent diverses autres fondations, comme la French-American Foundation et son programme Young Leaders (jeunes leaders). Plus de 400 dirigeants issus du monde de la haute fonction publique, de l’entreprise, des médias, de l’armée et de la recherche y sont passés depuis sa mise en place en 1981.10

Pour revenir à l’Ukraine, où les LGBT ne sont pas très populaires (pour rester dans l’euphémisme), c’est l’ambassadrice Marie Yovanovitch elle-même qui fait la promotion des questions LGBT et qui en 2018 dirigea le contingent du département d’État au défilé de la gay pride de Kiev.

Ne pas se soumettre à ces normes dites « démocratiques », c’est risquer d’être pénalisé, voire expulsé de l’Union européenne, mésaventure qui a failli être le lot de la Hongrie et ce pour avoir adopté une loi interdisant la promotion de l’homosexualité et du transsexualisme chez les enfants dans les médias et les écoles.

« En me promenant sur un boulevard de Valence, l’une des plus grandes villes d’Espagne, j’ai vu des bannières accrochées par le gouvernement municipal proclamant qu’ ‘’à Valence, les femmes peuvent avoir des pénis et les hommes des vagins’’…… Les gens (d’Europe de l’Est) regardent ce qui se passe en Amérique, et ils ont peur. Ils savent qu’il y a une quinzaine d’années, le mariage homosexuel était vendu comme une chose mineure, une question de justice, quelque chose qui n’affecterait personne d’autre, qui ne ferait que faciliter la vie des couples homosexuels engagés. Et ils voient que c’était un mensonge éhonté. Dès que le droit au mariage gay a été obtenu, on est passé au transgendérisme, un projet beaucoup plus radical… Comme l’écrit John Schindler, qui n’est pas un fan des Russes, dans la mesure où les Russes considèrent la guerre comme une bataille dans le choc des civilisations avec l’Occident, ils n’ont pas tort de se concentrer sur ce point (même s’ils sont cyniques, étant donné que l’Ukraine est à peu près aussi anti-LGBT que la Russie). »11

Donc pour ce qui me concerne, je veux juste ne pas me laisser enfumer.

Car comme je le disais plus avant, quelle que sera l’issue de ce conflit, « l’État profond » américain en est déjà le véritable vainqueur. Non seulement, il pousse à la poursuite de la guerre, sans se mouiller. Non seulement il a réussi à imposer ses narratifs, même auprès des vigilants (mis à part quelques journalistes, tel André Berkoff, à Sud Radio, que je salue !)…

Mais surtout, mais surtout, il a réussi à distraire l’opinion internationale de la menace immédiate qui guette notre civilisation, l’islamisme. Cet islamisme qui se déverse sur l’Europe par flux migratoires ininterrompus depuis un demi-siècle12, et qui dans ses versions falestinienne et iranienne, menace de destruction Israël sans que l’ONU ne réagisse, une ONU qui fera désormais du 15 mars, chaque année, une « Journée de lutte contre l’islamophobie », ce qui revient à menacer les menacés.

Ça ne s’invente pas !

Et tandis que les sanctions pleuvent sur la Russie afin de « livrer une guerre économique et financière totale à la Russie… et provoquer l’effondrement de l’économie russe », comme le déclara le ministre français de l’économie Bruno Le Maire, dès le 1er mars (une guerre totale !), l’on s’apprête à lever celles, déjà minimes au regard, contre l’Iran.

L’entité falestinienne continue à être arrosée de partout, pour financer un terrorisme antijuif au couteau ou à la mitraillette qui en une semaine vient de coûter la vie à 11 personnes dans différentes villes d’Israël, un « terrorisme » que Libération et l’AFP affublent toujours de guillemets13.

Comprenne qui voudra, les Juifs, eux, dans leur grande majorité, ont compris depuis longtemps, de « question » en « solution »

Chapeau l’État profond !

Chapeau Biden !

Chapeau l’Europe !14

Paix à toutes les âmes en-volées. J-PL

Jean-Pierre Lledo, Revue Politique et Parlementaire


1 Wikipédia

2 les Inrocks

3 Rapport de l’Université George Washington

4 Jerusalem Post

5 Ukraine : des vérités qui dérangent. Olivier Berruyer. Humanisme, 2014/2 (N° 303), pages 5 à 12, https://www.cairn.info/revue-humanisme-2014-2-page-5.htm

6 Infoequitable

7 Wikipédia

8 Jerusalen Post

9 Les dindons de la farce – Malika Sorel – 2022 – Albin Michel. Interview : YouTube

10 Notamment en France, deux Présidents de la république (François Hollande, 1996 et Emmanuel Macron, 2012). Deux premiers ministres (Alain Juppé et Édouard Philippe). Onze ministres (Alain Richard, 1981, Jacques Toubon, 1983, Éric Raoult, 1994, Pierre Moscovici, 1996, Bruno Le Roux, 1998, Marisol Touraine, 1998, Arnaud Montebourg, 2000, Valérie Pécresse, 2002, Nathalie Kosciusko-Morizet 2005, Najat Vallaud-Belkacem, 2006, Olivier Véran,). Un député (Cédric Villani). Cinq journalistes (Jean-Marie Colombani, 1983, ancien DG du Monde, Christine Ockrent, 1983, Laurent Joffrin, 1994, PDG de Libération, Bernard Guetta, 1981, France Inter, Sylvie Kauffmann, 1998, Le Monde). Jérôme Clément, 1982, président d’ARTE, Pascal Boniface, président de l’IRIS, Alain Minc, 1981, conseiller politique, etc. L’activiste française d’origine africaine du multiculturalisme, la très médiatisée Rokhaya Diallo, proche des Indigènes de la République sera, elle, sélectionnée en 2010, pour le ‘’Programme des visiteurs internationaux » du département d’État des États-Unis.

11 Rod Dreher March 8, 2022/ (The American Conservative)

12 le Figaro

13 Vidéo VÉRIFIONS YouTube

14 Les penchants criminels de l’Europe démocratique, Jean-Claude Milner, Verdier, 2003

2 commentaires

  1. Merci à toi Jean-pierre pour ces articles très documentés qui nous donnent une vision plus complète et moins partisane de ce qu’on peut lire dans la presse. Ton analyse, toujours documentée doit nous permettre de nous faire une opinion qui soit plus nuancée. Et il faut comprendre le déclenchement de ce conflit terrible pour les populations, à l’aune des accords préalables qui n’ont pas été respectés, notamment par la France qui a vendu des armes à l’Ukraine depuis 2014 et par les EU qui n’ont eu de cesse de pousser l’Ukraine vers la guerre, notamment dans le Donbass russophone. Pour ceux qui voudraient avoir un autre son de cloche, je leur conseille d’aller sur le site stratpol de Xavier Moreau sur odyssée et qui donne une vision un peu différente de celle des Européens et américains. Oui merci à toi Jean-pierre pour ce travail de défrichage qui permet de comprendre un peu mieux les enjeux de cette guerre.

    J’aime

Laisser un commentaire. Il sera visible dès sa validation.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s